Conciles nationaux, p
3. Le 8*^ par exemple traite le cas d'un certain Elisée, affranchi d'Eglise : « Octava discussio est agitata de quodam Elisée... » (Bruns, t. II, p. 71.)
I20 LA DISCIPLINE DE L EGLISE Vv'ISlGOTHIQL'E
VII®, on se contente d'une rapide profession de foi à laquelle on ajoute assez souvent la récitation du symbole de Constantinople, quand on s'occupe tant soit peu de dogme, ce qui n'est pas toujours le cas ^ Il n'y a pour cette période que le IP concile de Séville (6i8) où la délibération théologique ait pris une certaine ampleur. Son canon i3 est une longue dissertation (dix pages de texte dans Bruns) sur les deux natures de Notre-Seigneur. Encore ce zèle un peu inattendu dut-il avoir pour cause la présence de saint Isidore, président de l'assemblée, qu'on peut même soupçonner d'avoir rédigé ce petit traité.
Vers la fin du vu*" siècle, les évoques semblent avoir pris plus à cœur l'étude de leurs croyances. Après avoir fait leur profession de foi, les Pères du XI" concile de Tolède, tenu en 670, déclarent qu'ils ont consacré trois jours de jeûne à s'en pénétrer dans des entretiens mutuels -. Le IIP concile de Saragosse, qui est de 691, parle également de ce triduum de conférences doctrinales ^. Nous savons déjà * que le XIV*" concile de Tolède (68/i) est consacré à la promulgation du YP concile œcuménique.
I. Profession de foi au début des conciles de Mérida, de Braga et de Tolède, XI® 1C75). Le symbole y est ajouté à Mérida et à Braga, 111 (G()6 et G75).
3. « Cujus sacrosanclum sa])oreni sub triduano dieruni « jejunio continua relalionum coUalionc ructanctes. » (P. 3o8.)
3. « Duui nobis de sancla^ Trinitalis uiyslorio sccundum foret mulam NicuMii concilii triduo luutua fuissct collatio. » (Bruns, II, p. io:i.)
^. Cf. p. 30.
GOUVERNEME?JT PROVINCIAL 121
En dépit de cet intérêt accordé au dogme dans les dernières années du vu" siècle, la grande majorité des canons synodaux est d'ordre disciplinaire. Les sujets en sont des plus variés : on y traite surtout du clergé, des biens d'Eglise, des moines et de la liturgie. Notons enfin qu'en dehors des canons proprement dits, le concile règle certaines affaires ecclésiastiques. Il peut être appelé, par exemple, à fixer la date de la fête de Pâques pour l'année suivante *. Parfois on convoque un synode provincial pour que ses évêques souscrivent à un concile national. C'est ainsi que le roi Egica ordonna aux évêques de la Narbonnaise de se réunir pour signer le XYI'' concile de Tolède, assemblée nationale à laquelle ils n'avaient pas pu assister 2. La réunion synodale s'attribue, au moins en certains cas, le droit exclusif de déposition d'un prêtre ou d'un diacre : un évêquepeut conférer seul à un clerc l'honneur de son ordre, mais il ne peut pas seul le lui enlever ^. Cette dernière assertion manifeste bien la conscience qu'a le synode d'être le complément nécessaire de la puissance épiscopale. A fortiori, le concile provincial doit-il intervenir quand il s'agit de juger un évêque : ce fut le cas du X'' concile de Tolède (656), si toutefois on doit lui attribuer le texte relatif à la condamnation de Potamius de
1. « Postquam rationem fesli paschalis fraternitas vestra « cognovit. » (Tolède, IX, p. 297.)