‹ L'égoi͏̈steChapitre 113 sur 160 · QE EAU PA PARTEE FE · texte numérisé non relu

QE EAU PA PARTEE FE

faire la personne restée fidèle à sa parole (je devrais dire, à ses regrets) c'est de consacrer le reste de sa vie à ramasser les fragments : occupation à laquelle il conviendrait de se livrer, pour le bien-être de l'humanité, entre les murs de certain asile.

— Vous détruisez la poésie du sentiment, Monsieur.

— Pour donner plus de force à la poésie de Ia nature, Monsieur.

— Alors vous maintenez, Monsieur, que si l’un des deux manque à sa parole, le pacte est rompu et da seconde personne redevient absolument libre ?

— Je le maintiens, je me fais le champion de cette platitude, et je sonne ce glas au monde sentimental ; puisque vous prenez ce parti, j'en appelle à Willoughby et je lui demande s'il ne se Joindrait pas au monde du bon sens, pour applaudir l’homme ou la jeune fille qui se marieraient, un mois après avoir été lâchés ailleurs. »

Claire glissa son bras sous celui de son père.

« La poésie, Monsieur, répondit Willoughby. Je n'ai jamais été assez hypocrite pour feindre de da comprendre ou de m'y intéresser, »

Le Rév. docteur se mit à rire. Vernon parut aussi admirer son Cousin, pour cette réponse, qui rendait à l’oreïlle de Claire le son le plus médiocre. Son bras restait inerte

sous le bras de son père. Elle recommençait à craindre Willoughby.

Tout dépendait pour lui de son agilité à éviter les traits qui Jl’assaillaient. S'il avait pu croire à la trahison des Puissances célestes, 1l aurait tout de suite deviné qu’un plan préconçcu guidait ces coups mortels ; car cette crise aiguisait, plus encore qu'à l'habitude, sa sensibilité ; ïl aurait emmené Claire à l’écart pour en finir avec elle, et il se serait fié à l'amitié de Vernon pour n'être pas trahi auprès du Rév. docteur. Maïs une querelle avec Claire ne promettait ni fruits immédiats, ni agréments d'aucune sorte ; et la confiance avec laquelle, toute sa vie, il s'était reposé sur ses génies protecteurs, rendait obscure à son esprit l’évidence que, sans cela, il aurait immédiatement

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