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L'ÉGOÏÎSTE 293
— Elle le comprendra mieux, avec le temps.
— Jamais. Et voici ce que je crois : ils ont tous les deux consenti à se séparer et Letty Dale remporte enfin Ja victoire. Oui, maintenant, je le crois. »
Les deux vieilles demoiselles continuaient À nier énergiquement, mais elles en savaient trop long pour ne pas se sentir embarrassées, et elles se trahissaient tout en protestant : « Chère Lady Busshe, est-ce croyable. Et les convenances |
— (Chère Mrs Mountstuart ! » Lady Busshe prit à témoin sa grande rivale qui venait se joindre au groupe déjà formé : « Vous arrivez fort opportunément. Nous ne sortons pas d'un état d’inextricable confusion, qui confine à la folie. Vous, et vous seule, pouvez nous aider. Vous savez. vous savez toujours. Nous nous raccrochons à vous. Y a-t-il quelque chose de vrai dans cette histoire ? la moindre parcelle de vérité ? »
Mrs Mountstuart s’assit, avec la majesté d’une reine. Elle s'inclina d’abord vers Mr Dale : « Ah ! Mr Dale ! » puis vers Lady Busshe : « Oui, chère Lady Busshe, il y a quelque parcelle de vérité.
— Oh! ne nous faites pas rôtir à petit feu. Vous le pouvez, Vous savez vous y prendre. Je connais toute l’histoire. Ou plutôt j’en connais une partie. Je veux dire que j'en connais les grandes lignes. Je ne me laisserais pas tromper. Mais vous pouvez fournir les détails, je le sais. Je m'en suis aperçue hier. Maintenant, parlez, parlez. Ce doit être ou tout à fait vrai, ou complètement faux. Lequel des deux ?
— Précisez.
— Je parle de sa destinée ! Willoughby était fatalement destiné à épouser Letitia. Oui, j'étais sceptique ; mais Voici que tout recommence, et si l’histoire est vraie je reconnais que vous êtes infaillible. A-t-il vraiment ?... Et a-t-elle ?...
— Tous les deux.
— Et les Middleton sont ici ? Ils restent encore. Ils maintiennent leurs positions. Et ce qui me paraît plus
stupéfiant, elle refuse la main qu'on lui offre. Et pis encore, le Docteur Middleton intercède auprès de Mr Dale, en faveur de Willoughby.
—— [Le Docteur. Middicton intercède ! Mrs Mountstuart en | éprouvait quelque surprise. | — En faveur de Vernon, insista Miss Eléonore.
__ En faveur de Vernon Whitford, le cousin de Willoughby », reprit Miss Isabelle en détachant mieux encore chaque mot.
Mrs Mountstuart demanda, en soulevant majestueusement la tête, et en se détournant un peu
« Qui parle d’un refus ?
— Je tiens cette histoire de Mr Dale. »
Mr Dale répliqua : « Je la tiens, et sans équivoque, je pense, du docteur Middieton.
— Le Docteur Middleton voulait dire que Willoughby avait offert à Letitia la main de son cousin Vernon. »
Miss Isabelle se fit l’écho de Miss Eléonore : « D'où cette méprise vraiment ridicule — et vraiment triste », ajoutat-elle pour consoler Mr Dale. Willoughby était le mandataire de Vernon. Si la première de ses pe ensées n'appartient pas à Son COUSIN, il lui consacre toujours la seconde. — Mais pouvons-nous continuer ?.…..
— Une belle discussion ! »
Mrs Mountstuart écoutait, comme écoute un juge. À l’intérieur du comté, on considérait les deux demoiselles Patterne comme des personnes d’une extrême indulgence, mais aussi d’une extrême insignifiance, et leur présence n’empêchait pas plus Mrs Mountstuort que Lady Busshe, | de toucher à un sujet brûlant. Elle se prononça |
« Chacune des parties a tort, et chacune a raison ».
Lady Busshe poussa un cri : « Je prendrai une crise de neris ! »
Et Lady Culmer gémit : « C’est cruel | 1
-— Ensemble vous avez tous tort, et chacun, pris à part. | a raison. Sir Willoughby pense bien à son cousin Vernon.
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24 Snstèo Léa: