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L'ÉGOÏSTE 121 mon père, si Je veux passer une heure avec lui, dit Letitia.
— Je devrais être en train de travailler, » répliqua Vernon.
Ces paroles marquaient un grand progrès. Ils allaient peut-être se libérer de leurs chaînes ; mais ils étaient tous deux trop civilisés et trop délicats. Le passage brusque d’un style fleuri à des propos vulgaires lés blessa, Letitia surtout qui avait orienté la conversation, et ce fut Letitia qui reprit :
« Je ne personnifie vraiment la constance que dans mes Opinions.
— Les opinions trop rigides ne sont point habituellement attribuées à la constance. Peut-être, peu à peu, découvrirez-vous votre erreur, et vous me traiterez alors comme il convient .
— Comment ? dit-elle. Que vais-je découvrir ?
— Vous vous rendrez compte, peut-être, que je suis un uffreux égoïste.
— Vous ! »
Letitia ajouta : « Et vous ne traiteriez pas d’égoïste..… » puis elle s'arrêta. Elle s’apercevait brusquement qu'elle se raccrochaïit à une conjecture à peine croyable, et Vernon le comprit.
« Rien ne percera donc votre tympan, Mr Whitford ? »
Ïl entendit bien ces paroles importunes, mais il s’appliquait à effacer les mots brumeux que Letitia avait commencé à épeler, et il balbutia d’un ton indifférent : « Je ne suis rien de mieux », puis il se tourna vers Mrs Mountstuart Jenkinson qui ajoutait :
« Ou bien êtes-vous résolu à ne jamais voir le professeur Crooklyn, lorsque vos regards se fixeront sur lui ? »
Vernon s’inclina devant le professeur, et s'excusa auprès de lui, rapidement, avec des paroles évasives et incohérentes, tandis que son visage s’empourprait ; aussi Mrs Mountstuart scruta-t-elle le visage de Letitia. Elle gronda Vernon, qui l’avait abandonnée la veille, et après qu'elle se fut moquée de ses protestations, elle revint à la question du jour : « Nous sommes venus à pied, depuis les
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