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pirant, l'odeur des écuries de Patterne — plus suave que les parfums de l’Arabie : son orand nez mélancolique sem- ë blait l’affirmer. ;
Flitch brandissait, tout près du dit nez, quelque chose qui contraignit Willoughby au silence, aussi sûrement x qu’un habile exorde oratoire domine les foules et leur fait | accepter les vérités qui ne les flattent point. Et il exhi- | bait l’objet, avec la certitude que cette trouvaille lui valait ; bien la permission de bafouiller dans son abominable jar- Û gon. Sir Willoughby reconnut la bourse de Claire. Il com- d
prit immédiatement comment cet homme devait l'avoir trouvée. Î1 ne découvrit pas aussi vite un moyen d'interrompre le récit. Flitch para le coup. Il répondit à la question « Que tenez-vous Ià ? » « intacte ! » et 1l répéta le mot solennel ; puis il se tourna vers Mrs Mountstuart, pour lui parler du Paradis, et d'Adam qui n’était que le prototype de Flitch, puis des Hébreux, ces esclaves des Egyptiens, comme le racontaient les clergymen — et les Hébreux ne laissaient pas de lui ressembler.
« Les chagrins m'ont rendu un service, celui de m'envoyer assidûment à l’église, Madame, ajouta Flitch, alors que j'aurais pu partir pour Londres, où se réfugient tous les cochers, et entrer au service de quelque honorable famille, sans que mon moral en soit sérieusement amélioré, d'après ce qu’on me dit. Et une bourse trouvée sous la banquette d’une voiture, à Londres, aurait peu de chances de revenir intacte entre les mains de la jeune femme qui 1 l’aurait perdue. ;
= Posez-la sur cette chaise ;: on fera les recherches nécessaires, et vous verrez Sir Willoughby, interrompit Mrs Mountstuart. ÏÎntacte, certainement. Nous n’en doutons pas ».
Du doigt, elle intimait à l'homme l’ordre de faire demitour. Flitch hésita. Il regrettait qu’on arrêtât ainsi les effusions pathétiques dont il se nourrissait, il aurait voulu : narrer la découverte de la bourse, mais 1l ne put rencon- À trer le regard de Mrs Mountstuart ; il partit, le dos courbé, et il offrait ainsi une ressemblance étonnante avec Adam
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« Je crois qu'en Angleterre, les gens du commun ont cessé d’être simples, » dit-elle.
Willoughby l’excusa charitablement : « Il s'est grisé ».
Mrs Mountstuart, avéc sa vigilance pleine d'égards, avai porté un coup à notre trop sensible gentleman.
Elle lui montrait clairement qu'elle avait ses idées sur la véritable situation de Willoughby. Son étonnante perspicacité et l’autorité dont elle faisait preuve à la place de Willoughby, n'étaient pas non plus sans le blesser un peu.
Il eut l’audace de dire, en soupesant la bourse qu'il fit mine de jeter en l’air : « Elle ressemble assez à celle de Miss Middleton. »
Il craignait de ne pouvoir contenir le frémissement de ses lèvres et de son visage, et comme 1il avait conscience d’une certaine raideur, propre à justifier les soupçons d’une vieille dame à la vue perçante, il. s’enhardit plus encore « Je sais qu'elle n’äppartient pas à Letitia. La sienne est plus vieille.
— C’est un cadeau de vous!
— Comment devinez-vous cela, Chère Madame ?
— Par déduction.
— Mais sa bourse paraît aussi solide que si elle était neuve, tout comme Letitia elle-même.
— La pauvre petite n’a guère l'occasion de s’en servir.
— Vous vous trompez ; elle s’en sert tous les Jours.
— Si cette bourse était mieux remplie, Sir Willoughby, votre ancien projet pourrait se réaliser. Les deux parties ne paraissent pas trop mal disposées. Nous sommes tombés sur eux presque à l’improviste, le Professeur Crooklyn et moi, et je vous assure que les deux visages étaient très proches, face à face, et les regards rêveurs.
— C'est impossible !
— Parce que, lorsqu'ils approchent du but, vous ne
voulez plus les laisser poursuivre ? C’est de l’égoïsme.
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__ Tenez, interrompit Willoughby avec beaucoup d’animation, interrogez Claire. Je vous en prie, chère Madame, discutez ce projet avec elle ; elle vous convaincra des luttes que j'ai soutenues ces temps derniers — soutenues contre moi-même, si VOUS voulez. Je lui ai montré comment elle pouvait m'aider, je lui ai donné toutes les explications possibles, carte blanche. Elle ne peut COnSserver le moindre doute. Quelle que soit votre opinion, je puis me fier à Claire pour dissiper vos :ncertitudes. J’ai proposé, j'ai aidé, j'ai fait chorus à ce projet, et cela n’a servi de men Si vous vous attendez à ce que je m'en afflige, je ne puis que vous répondre ceci : je suis maître de mes actes, je ne le suis pas de mes sentiments. Je ferai toui ce qui est compatible avec le devoir d’un homme d’honneur : l'homme d'honneur commet sämns cesse de fatales erreurs parce qu'il n'a pas, quand il le fallait, obé1 à ses sentiments. Je peux leur désobéir, mais je ne peux pas plus leur commander que je ne commande à mon destin. Autrefois, ils ont été foulés aux pieds ; n’en parlons plus maintenant. Nous ne discuterons pas noë sentiments, bien que, comme vous le savez, les sentiments influent sur 1à vie sociale, dont 1ls sont un « facteur » selon le terme du jargon à la mode. Je ne parle jamais des miens. Je pourrais vous en parler, à vous. Ce n’est pas nécessaire. S1 CE pauvre Vernon, au lieu de s’aplatir la poitrine conire uñ bureau, s’abandonnait à cette ambition virile qui nous pousse à prendre part aux affaires publiques, Letitia est la femme dont il aurait besoin. Je l’ai appelée mon Egérie. Elle serait sa Cornélie. On pourrait jurer que Ses enfants lui feront honneur ! Mais ce pauvre Vernon a été déçu une fois, et il déplorera éternellement cette déception. Quant à elle 2... Eh bien, elle aussi. J’ai essayé ; oui, moi-même, sans résultat. Par ailleurs, je puis avoir de l'influence sur elle, mais pas dans ce cas. Elle refuse. Elle veut vivre et mourir en s’appelant Letitia Dale : nous sommes seuls, je vous avoue que le nom me plaît. C'est pour mon oreille un refrain familier. Ne soyez pas TOP prompte à m'imfliger une épithète, à moi. Croyez-moi. Je parle au nom de
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