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L'EGOIÏISTE
s'affrontent, la politique revient sur l’eau — et adieu toute harmonie ! Mon mari, je regrette d’avoir à le constater, était de ces hommes contre qui témoigne une longue suite de diners manqués. Je les ai vus, ses amis et lui, passer de la couleur pourpre d’une viande rôtie à la teinte décolorée d’une viande bouillie, parce que quelque question banale les excitait et provoquait leur colère, tandis qu'en réalité pareil sujet ne valait pas une pichenette. Et à Londres ! » s’écria Mrs Mountstuart, pour aggraver l'accusation qui pesait sur son seigneur, dans le royaume des ombres. « Mais, en ville ou à la campagne, la table devrait être sacrée. J'ai entendu certaines femmes prétendre que les hommes font ce complot, pour nous faire sentir notre petitesse. Je ne crois pas au complot. Ce serait leur attribuer trop de talent. Je crois qu’ils échangent des coups, à tâtons, simplement parce qu'ils ont fait un repas trop copieux. C’est, paraît-il, ainsi que l'Anglais se prépare au combat. Il ne peut pas observer une trêve quand il a mangé. Avez-vous remarqué cet horrible Mr Capes ?
— Est-ce le monsieur qui contredisait souvent papa ! Mais le Colonel a eu l’amabilité de nous délivrer.
-- Comment cela, ma chère petite ?
— Vous ne l'avez pas entendu ? Mr Capes respirait, après avoir chanté un Péan, aux louanges de son ami, Je gouverneur je crois d’une des Présidences. Le Colonel a profité de l'intervalle pour dire à la dame qui était assise à côté de lui : « C'était un administrateur admirable et un grand logicien : il a épousé une veuve anglo-hindoue et peu après, il a publié un pamphlet pour justifier la coutume du « suttee », l’immolation des veuves sur le bûcher.
— Qu'a répondu la dame ?
= -Kile a fait: « Op | »
— Le récit. vaut d’être écouté. A-t-on entendu ?
— Mr Capes a bien admis la veuve, mais il a déclaré qu'il n'avait jamais vu ce pamphlet et qu'il ny croyait pas. Il répétait qu'il fallait prononcer « sati » et il protestait avec véhémence.
__ Je m'en souviens maintenant. Le Colonel a du
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gner à être battu par « l’ami Horace ». J'ai mes préjugés et
L'ÉGOÏSTE enchanté. Et Mr Capes battit en retraite sur ces mois : Ve « in toto, in toto », comme si c'était là le langage qui convient à un dîner. Mais qu'est-ce qui fera jamais l'éducation de ces hommes-là ? Faudra-t-il importer des Français, pour montrer à tous ce qu'est l’art de la conversation, comme nos grand-pères avaient amené des marquis, pour apprendre d’eux à faire la salade. Et nos Jeunes gens 4 2 aussi ! Les femmes sont contraintes de se joindre à leurs } | 2 chasses, afin de pouvoir causer avec eux et de se trouver
sur un pied d'égalité avec les valets. Tenez, il y avait là * Willoughby Patterne qui régnait autrefois sur eux Comme
uu prince. Eh bien, l’avez-vous observé hier soir ? Avez- Ki vous remarqué qu'au lieu de causer, au lieu de m'aider.
comme il y était doublement tenu, après la défection de
Vernon Whitford (défection que je n’arrive pas encore à | comprendre) il se mordait les lèvres, en préparant des V4 remarques blessantes. Et il visait mon meilleur convive, le 12 Colonel de Craye ! Si encore il avait entrepris Mr Capes | sur son gouverneur de « Bombaï » comme il dit, ou le Colonel Wildjohn, sur le péril de l’église protestante. SH + avait attaqué Sir Wilson Pettifer, lorsqu il nous rabâchait TA son histoire de république monarchique, ou tout autre de 4 mes hôtes. Non, il a mieux aimé se moquer de son ami $ Horace, et il a eu le dessous. La moquerie est si sotte | Re Même si elle paraît mordante, à quoi sert-elle ? On oublie 2 l'épigramme, mais on se rappelle qu'elle fut acceptée avec bonne humeur. Sur ce terrain, mon cher, il faut vous rési-