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mon diner en a souffert hier soir, mais je n'en éprouve point de rancune.
— Vous me stupéfez, Mrs Mountistuart.
— Et si je vous disais qu'ensuite ce pauvre garçon à même envisagé la possibilité de renoncer à vous ?
— Vraiment ?
— Oui. Vous arrivez à vos fins.
— J'arrive à mes fins ?
— Vous pouvez sauter de joie, ma chère.
— ]] consent ?
— Lorsque les hommes préféreront les rides à la fraicheur, la fleur fanée à la fleur épanouie, la perfection abstraite à la perfection tangible. Avec leurs sots discours sur l’intellect féminin, sur la nymphe dans la grotte, sur — sur la mère des Gracques ! S’il me parle, c'est sans doute qu’il me croit éperdue d’admiration en face de lui. On l'écoute, n'est-ce pas ? Il est de ces hommes qui exercent sur vous, pendant qu'ils parlent, une sorte de charme physique. On s’en aperçoit lorsqu'on se détourne pour parler à quelqu'un d'autre. Certaines personnes ont, je crois, une intelligence qui leur permet de lire profondément en nous, pendant que se poursuit le dialogue. Les livres mettent en scène de tels héros. Non, ma chère, vous avez très habilement manœuvré, et vous lui avez montré que ce n’est absolument pas possible : il ne peut pas. Et la vraie cause d’alarme, à mon humble avis, c'est que votre charmant fleuret se soit très légèrement « écarté du but » suivant l'expression de Willoughby, que votre parade ait été un peu trop sérieuse, que vous ayez poussé irop loin. On peut le blâmer de ne pas se montrer plus sage, mais les hommes n’apprennent pas sans gémir qu'ils sont de simples instruments : on les saisit, puis on les pose lorsqu’on s’est servi d'eux. Laissez-moi le soin de le rasséréner __ Willoughby ne peut renoncer à vous. Je suis sûre quil a essayé. Son orgueil a été terriblement blessé. Vous y voyez clair, et il a reçu une leçon. Si ces petits froissements ne précèdent pas le mariage, ils viennent ensuite ; aussi n'est-ce pas du temps perdu ; il vaut mieux pouvoir
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se retourner pour regarder les petites querelles laissées derrière soi. Vous êtes toute pâle, mon enfant.
__ Pouvez-vous, Mrs Mountstuari, pouvez-VOUS vraiment me croire capable d’un tel manque de cœur, et d’une telle duperle.
— Soyez sincère, charmante Middleton, et répondezmoi : Pouvez-vous affirmer que, Pas une seconde, la pensée ne vous ait effleuré, de produire un certain effet sur Willoughby ? »
Claire réprima l'impulsion qui la poussait à expliquer pourquoi son visage s’empourprait. Il lui semblait qu’elle se désagrégeait, qu'elle tombait en poussière, Mais elle voulait l'amitié de Mrs Mountstuart, elle devait accepter toutes les conditions, rougir et se taire.
Mrs Mountstuart l’examinait tout à loisir. « Gela suffit. [La conscience rougit. La flamme extérieure le révèle. Ne vous jugez pas ITOp sévèrement ; c’est un auire extrême. Votre rougeur me convainc mieux que m'importe quelle comme d’évidences, que tous les Crooklyn du royaume. Vous avez perdu votre bourse.
__ Je me suis aperçue ce matin que je l’avais perdue.
__ Flitch est venu l’apporter. Willoughby la garde. Vous la lui demanderez, il exigera une récompense ; vous Tes- Lerez cramoisie pendant quelques minutes, et ce sera la fin de cet épisode : aucun tué, rien qu'un pauvre homme mélancoliquement blessé, et Je serai obligée de lui offrir ma main pour le guérir, en jurant de lui prouver que le Suttee à été aboli à bon droit. Et voilà. Revenons maintenant à nos affaires. J'ai dit que je voulais lire dans votre pensée. On a abusé de la porcelaine. Votre désappointement met au désespoir cette pauvre Lady Busshe. Aussi ai-je décidé que mon cadeau de noces vous plairait.
—— Madame |
— Quelle « Madame » implorez-vous ?
— Chère Mrs Mountstuart.
= Eh bien |
__ Je baisserai dans votre estime. Peut-être m'aiderez-
vous ? Personne d’autre ne peut m'aider. Je suis prison-
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