‹ L'égoi͏̈steChapitre 67 sur 160 · EF · texte numérisé non relu

EF

£ A ati à sl LL

ss der QD »"-tipehrats At F Rs ce nb A Le "1 PL, ci PT 2 ris “à 7. RURAL. : br Mat mi, PT Te D w$ ets ri TS el (* METE sl EME A PRE EURE CA . Me TT PNEU ÿ à ner AAC AENN TEEN

-— Est-ce une allusion ?

__ Non, mais j'ose prétendre que si c'en était une, vous répondriez plus facilement.

__ Je suis le plus franc des hommes, dès qu'un mot d'ordre m'est donné.

— Je ne fais que le murmurer. Soyez aussi prom}i qu'hier soir. Mettez toute la table en branle. Un peu d exjouement y suffira. Je ne prévois pas de méchanceté, mais on est curieux, ce qui ne vaut pas davantage, el la curiosité se laisse moins facilement tromper. Lady Busshe et Lady Culmer sont là.

— Pour balayer du ciel toutes les toiles d'araignées |

__ Eh bien alors, savez-vous faire de l'escrime avec des manches à balais ?

—— Je m’y suis essayé, en mon temps.

__ Elles vont toutes deux impitoyablement droit au but.

__ « Droit comme une flèche » suivant l’ordre que Napoléon donnait à sa cavalerie.

— J] faut m'aider à détourner le coup.

__ Flles auront besoin de variété dans la conversation.

__ Sans cesse. Vous êtes un ange par l'intelligence, et s'il m’appartient de vous juger, là-haut, je crois que Je vous laisserai passer, malgré le scandale que mon jugement créera dans les cieux. Ouvrez la porte. Je garde mon chapeau. )

De Craye poussa la porte.

Lady Busshe était en train de dire : « Et vraiment, vous allez devenir notre voisin, Mr Middleton ? »

Le flot des nouveaux arrivants empêcha d'entendre la réponse du révérend docteur.

Sir Willoughby interrogea Mrs Mountsiuart : « Je croyais que vous nous aviez abandonnés ?

__ Pour m’enfuir avec le Colonel de Craye ? Je pèse irop lourd, mon cher ami. Et puis, je n'ai pas encore regardé les cadeaux de noce.

L'objet même de notre visite, s éCria Lady Culmer.

__ Je dois avouer que le mien me cause de terribles alarmes. » Et Lady Busshe, de l’autre côté de la table,

Re CR EE D ne tt pt RS

tee RE SE mm ee nn" OR G PE qd PR

tn, , a eue in DA, ee

A j e > L ee mn,

ti)

4 ER “HS

ee bn ARS

L'ÉGOÏSTE 165 hocha la tête en regardant Claire. « Oh ! vous pouvez faire signe que non, mais } aimerais mieux, je crois, entendre la plus dure vérité, que vous voir vous dérober avec un complhiment.

— Quelle définition donneriez-vous d’une dure vérité, Docteur Middleton ? » demanda Mrs Mountstuart.

En un clin d'œil, comme le guerrier bien entraîné qui, à toute heure, attend l’appel aux armes, le Révérend docteur s’éveilla, tout prêt à formuler un jugement.

« Je donner. ai d’une dure vérité cette définition : cette sorte de vérité que l’humanité n’accepte pas sans prendre violemment conscience d’une grande dureté chez celui qui a proposé J’axiome. »

Le Professeur Crooklyn fournit l’exemple qu'avait évité le docteur Middleton : « C’est une dure vérité, Madame, que le monde se compose d’imbéciles : les gens qui font exception sont des nee )

De Craye répartit : « Cette définition me paraît aussi bien venue que la baleine de Jonas, laquelle serait capable sans doute de porter en elle le plus grand savant de son temps, sans éprouver le besoin de le digérer. Pour ne pas me précipiter entre ses mâchoires, je dirai ceci : On énonce une dure vérité, lorsqu’avec une assez forte charge d'observations générales, on réussit à faire partir quelques petits faits personnels.

Vernon se tourna vers le Révérend docteur et dit, pour prolonger la diversion : « Platon, c’est Moïse temmté d'atticisme : voilà une dure vérité. »

Le docteur Middleton approuva : « Oui. Et Aristote portait la sphère sous son crâne.

— Et les modernes vivent sur les anciens.

— Et pas une personne sur dix mille ne peut indiquer le trésor précis dans lequel elle pille.

— L'art de notre époque est une orgie de dures vérités, trancha le professeur Crooklyn.

— Et Ja littérature, après beaucoup d'efforts, a domestiqué l’adjectif, partout où il peut se trouver en rapport avec le nom », ajouta le Docteur Middleton,

RSR Te cms ee ee

De Craye reprit : « La première apparition d’Orson à la cour fit l’effet d’une dure vérité. Il provoqua l'étonnement et l’effroi des demoiselles d'honneur, habituées à des Adams de tapisserie. »

Pour n'être pas exclu de cette joute brillante, Willoughby visa la quintaine avec sa lance, tout en souriant à Letitia : « Enfin, la caricature est une dure vérité. »

Elle répondit : « Un aspect de la vérité. Son autre aspect a l'exactitude du réalisme. »

Il s’inclina : « À vous la palme, »

Mrs Mountstuart, pleine d’admiration pour elle-même, les regardait, à tour de rôle, s’élancer, d’un trot caractéristique. À une exception près, ils restaient ignorants de l’aide apportée à une pauvre jeune fille désolée, misérablement incapable d’une hypocrisie décente. Mrs Mounistuart avait guidé assez intrépidement pour faire sentir sa main au Colonel, et, d’un seul coup elle avait désarçonné son ennemie. Cependant, le « enfin » de Willoughby ne lui plut pas, et moins encore ce sourire et ce signe de tête affectés, à la Lothario, dédiés à Letitia. Il s’en aperçut et £e sentit blessé. Accablé sous son gigantesque fardeau, comment pouvait-il rivaliser avec ces hommes que rien n’embarrassait, dans ce jeu de propos puérils qu’elle se plaisait à engager autour d’une table. Il fut plus agacé encore lorsque Miss Eléonore et Miss Isabelle déclarèrent ensemble que « caricature » était bien le terme décisif de la définition. Les parents devraient être assez avisés pour ne pas nous signifier en public de pareilles sentences.

« Mon Dieu ! » s’écria Lady Busshe qui exprimait ainsi sa stupéfaction, devant l’étrange nuage de poussière qu'elle avait soulevé.

« Sont-ils exposés, Miss Middleton ? demanda Lady (Culmer.

= Nous sommes exposés, tout un régiment, prêt à l'inspection », répondit le Colonel, en s’inclinant vers elle, mais

elle n’entendait pas qu’on lui fit échec. Il insista : « Les admirateurs de Miss Middleton sont toujours exposés.

— Peut-on les voir ? » insista Lady Busshe.

OST : En

Page 1