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digne d'être célébré, faire de son cher vieux Patterne Île flambeau du comté.
Il se le répétait, comme un chant, mais, par moments, un involontaire mouvement de haine contre Lady Busshe frappait une note discordante. Les petits lutins familiers entendaient gronder en Willoughby le cri de la colère.
Tout de suite, il se mit à peindre Letitia des plus délectables couleurs humaines, comme une miniature du siècle passé, en réservant pour sa propre satisfaction cette idéale figure. Le monde devait s’incliner devant sa beauté visible ; il Ai prêtait l’éclat et la teinte douce des émaux, une plus haute stature, une allure aisée, une supériorité propre à exorciser l’image de la vieille sorcière qui avait ainsi acculé Willoughby.
Le résultat fut que Letitia se para pour lui d’une beauté humaine et tangible ; ses sombres cils sur la pâleur de ses joues aidèrent à la transformation. C'était une transiormation nécessaire, aussi s’accomplit-elle et l’image ainsi modelée s’imprima dans l'esprit de Willoughby.
Son cortège de lutins se livrait à une véritable orgie. Beaucoup d’invraisemblables récits courent au sujet des hommes, et dans le monde beaucoup de mains se lèvent pour accuser — les invraisemblances s’expliqueraient, el la main accusatrice n'aurait jamais à s’interposer, si cette confrérie aux yeux de singes accompagnait l’homme qui nous trompe et nous renseignait sur lui. Ces lutins épient les moindres sursauts de notre cœur.
Le cœur est le gentleman magicien. Aucun des petits démons ne suivrait si le cœur n’était pas là. C’est dans les replis du cœur que se joue la comédie.
Le secret du cœur, c’est notre pressant amour pour nous-mêmes », dit le Livre.
À la lumière d’un tel secret, on déchiffre le mystère de cet organe, et on peut reprendre la comparaison du cœur avec le ruisselet de la montagne, pour montrer la course de ce petit filet d’eau que rien n'arrête, tandis quil cherche, de toutes ses forces, à enfler son volume, en décrivant des méandres, toujours à la poursuite de lui-même;