‹ L'égoi͏̈steChapitre 82 sur 160 · TRES TR PEREELNERSESE TE ER · texte numérisé non relu

TRES TR PEREELNERSESE TE ER

4er

es

elle est agréable, Vernon éprouve pour elle de l'affection, elle est éprise de ses Alpes, ils ont des goûts communs, il aime le docteur Middleton. En dernier lieu, Willoughby entreprend, lui aussi, le siège de Claire. Va-t-elle céder ? De Craye est absent. Aucun autre moyen ne reste d'éviter un mariage pour lequel elle manifeste une répugnance incompréhensible, mais sans bornes. Elle se trouve prise dans les rets. Le Rév. docteur restera à Patterne aussi longtemps que son hôte le désirera. Elle hésite, elle est vaincue; malgré certaine nausée que provoque de souvenir du précédent mariage de Vernon, elle cède.

Willoughby, en présence de Claire, évoqua de nouveau tout ce drame. Il put regarder Claire avec plus de sangfroid. Îl la conduisit à table, en lui parlant de Crossjay, non sans bonté ; et, à table, pendant qu'il revoyait en esprit toute la suite des attitudes, le vin et Ie visage de son ami Horace échauffèrent sa verve. Il encouragea Horace à se montrer plus Irlandais que jamais ; il raïlla deux ou trois fois son camarade, avec bonne humeur. Depuis qu'Horace était arrivé, Willoughby ne s’était jamais senti aussi bien disposé en sa faveur. Mais les hommes dont l’éloquence ne jaillit pas spontanément prennent d’instinct l'attitude du critique : tandis que le Porto de Patterne maintenait le Rév. docteur dans une réserve bienveillante, Willoughhy décida qu’une des remarques d’Horace n'était pas nouvelle ; il l’accusa plaisamment d’avoir négligé de consulter le carnet d’anecdotes où cette brillante saillie était biffée d’une croix. « Vos traits d'esprit sont excellents, Horace, mais épargnez-nous les traits d'esprit de votre tante! » De Craye ne répliqua rien et le docteur Middieton ne proposa aucun calembour. Il nous suffit d’aiguiser notre esprit pour faire échec à votre séduisant bavard, toutes les fois que nous le jugeons à propos ; évidemment, si nous y consentions, nous pourrions faire mieux que lui. Cette opinion s'impose à tout critique qui accouche d’un trait d'esprit. Ces dames aussi partageaient l'opinion de Willoughby, à en juger par leurs sourires.

Un peu avant onze ‘heures, le docteur répondit par un

SE au NE dde Le Se ae alé: dau, ;

SA

Taie -

Ft ‘Æ % ÿ

+ es

De Sd L nya RAS TA

- AT RES TT — ST Er er sg dédie AR A TA a re, > get Ex + D rade ati RAS Le RCE. —— ss D. 3 a ra = ÿT += DER Re pere 2e tue 20e Lis ur : A té : nat © n je PE 202 Roérr vd A Li LU O 1,9 L EL

veste spartiate à l'offre d’une nouvelle bouteille de Porto. Suivant la règle, une couple de bouteilles avaient été bues équitablement par les deux partenaires et le Rév. docteur et son hôte étaient libres de faire une cérémonieuse visite au salon, où on ne les attendait pas. On y examinait l'ouvrage des deux vieilles dim es : une couverture de sofa, en soie, pour un boudoir, et les deux jeunes filles l'admiratent

vivement. Vernon et le Colonel étaient partis à la recherche

de Crossjay : l’un s'était dirigé vers le cottage de Miss Dale, l’autre se proposait d'interroger le garde principal et ses employés. On supposa qu'ils se promenaient en fumant, car la nuit était belle. Willoughby sortit du salon, puis revint, après avoir fermé à clé la chambre de Crossjay. Il prévoyait que le délinquant pourrait lui être de quelque utilité.

Letitia et Claire chantèrent ensemble. Letitia était rouge, Claire très pâle. À onze heures, elles prirent congé des deux vieilles demoiselles. Willoughby souhaita une bonne nuit aux deux jeunes filles ; en même temps, il notait le contraste entre les regards baissés de Letitia et la rectitude glaciale de Claire. Il devina qu'elles s’en allaient afin de parler encore de l'unique objet de leur commune sollicitude : Crossjay. Il salua ses tantes, et prit la couverture, afin de pouvoir louer leur activité et ue goût. Comme …l voulait inspirer au Rév. docteur le désir d’aller se coucher, il lui fit admirer la couverture : il la souleva, l'étala, et le vieux gentleman, par courtoisie, s’efforça laborieusement de trouver de nou aus épithètes flatteuses.

Avant minuit, la pièce était vide ; au bout de dix minutes, Willoughby ue mais il ne vit point la personne qu'il avait invitée à se trouver là. Ennuyé par ce Re temps, il prit dans ses mains la couverture ; pourquoi ? il aurait pu se le demander. En l'absence de ces dames, il re songeait guère sans doute à admirer leur ouvrage. Cependant, le contact de cette soie douce et chaude avait quelque chose de féminin et d’apaisant. Il jeta un coup d'œil sur la pendule de la cheminée, et put constater que Letitia était en retard de vingt minutes.

RE ANS es

— APE RIRE, TT DE drives La es “ de 20 OR PS RER Ed 2 PONS ET Pt Len sec ee) LR > 6}{\°) L' E tGOÏS TE 203

Gette inexactitude pouvait mettre en danger tous les plans de Willoughby, modifier le cours entier de sa vie. Il parait Letitia de couleurs trop vives pour être durables. La folle ardeur de \ pensée menaçait de se dissiper. Certainement, une autr e nuit, il ne se sentirait pas, une seconde fois, disposé au sacrifice qu'il avait été sur le point d'accomplir

La pendule marquait minuit et demi. Il jeta l’étoffe de soie sur le divan, au milieu de la pièce, éteignit la lampe et sortit. Et il condamna l’absente à subir un malheur qu’elle avait bien mérité.

Page 1