‹ L'égoi͏̈steChapitre 90 sur 160 · EX 4 | SA · texte numérisé non relu

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— Ï] n’est pas inutile, ma fille, que vous appremiez à ce gentleman, votre fiancé, sur quoi se fonde l'objection que vous lui présentez.

— Je ne peux pas le dire.

— Le savez-vous ?

— S'il m'était possible de formuler mon objection, je pourrais espérer la vaincre. »

Le Rév. docteur se tourna vers Sir Willoughby.

« Je crois vraiment que nous demandons à cette enfant de disséquer un caprice. La jeunesse attache une grande importance à de telles fantaisies ; mais comme elles n'ont ni organes, fi artères, ni cerveau, ni merbranés, la dissection et l'examen restent l’un et l’autre inutiles. Votre enquête est naturelle : chez un amoureux, le désir passionné d'’entrer en relations avec l’autre sexe est ordinairement proportionné à son ignorance de la nature féminine. À un certain âge, les femmes se plaisent aux caprices ; c’est, je pense, l’équivalent spirituel de l'hystérie ; mais, sans aucun douté, les caprices valent mieux, tant qu'ils ne vont pas trop loin. Nous ne manquons pas d'exemples pour prouver qu'une rapide initiative de l’homme fournit un correctif élégant. Si vous aviez agi ainsi, le toit de la maison serait sans doute arraché, et la jeune fille, en ce moment, se jetterait à vos pieds. Ah !

— Méprisez-moi, mon père. Je suis punie de m être jamais crue supérieure à une autre femme, dit Claire.

— Tendez-lui votre main, ma chérie, puisqu il veut une réconciliation formelle ; et je ne puis m'en étonner.

—— Père ! J'ai dit que je... J’ai dit que je ne pouvais pas...

— Au nom du ciel miséricordieux ! Quoi ? Quoi ? Ditesle ! Parlez |

— Ne me regardez pas sévèrement, pèré. Je lui souhaite d’être heureux. Je ne peux pas l’épouser. Je né l’aime pas.

— Vous vous rappellerez que vous m'avez précédeniment informé du contraire.

— J'étais ignorante... je ne me connaissais pas. Je Jui souhaite d’être heureux.

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— Vous lui refusez ce bonheur que vous lui souhaitez.

— Si je l’épousais, il ne serait pas héureux.

— Oh ! s’écria brusquement Willoughby.

— Vous l’entendez. Il nie votre prédiction, Claire Mid: dleton. »

Elle porta ses deux mains jointes à sa gorge :

« Misérables, misérables, tous les deux !

— Et vous ne trouvez pas un seul mot à dire contre lui, misérable enfant ?

— Misérable ! Qui, je le suis !

— C'est le cri d’un animal.

— Oui, père.

— Est-ce bien là votre impression. Vous vous conduisez en cflet comme un animal, Vous n’avez pas un mot à dire ?

— Contre moi-même, pas contre lui.

— Et quand vous parlez avec tant de générosité, fautil que je vous abandonne, que je renonce à vous, s’écria Willoughbyÿ ? Ah ! mon amour, ma Claire, imposez-moi tout Ce que vous voudrez, mais pas cela. C’est trop demander à un homme. Je le jure, c’est au-dessus dé mes forces.

— Continuez. Allez dans le même sens Vous êtes tout à fait dans le ton, » dit le Rév. docteur en se retirant.

Willoughby pivota sur lui-même, et, d’un bond, l’arrêta au passage.

« Plaidez pour moi, Monsieur, vous êtes tout puissant. Qu'elle m’appartienne et elle sera heureuse, ou bien je donnerai ma vie pour qu'elle le soit. Que tout retombe sur Ma tête. — Impossible ! Je ne peux pas la perdre. Vous perdre, mon amotr ? Ce serait refuser toute bénédicion, du corps et de l’âme. Je m'interdirais de posséder la grâce, la beauté, l'intelligence, tous les attraits incomparables d’une femme Charmante, par son esprit comme par Sa personne ; el j'irais prendre racine au milieu d’ün désert. Vous êtes ma compagne, vous êtes tout ce que je possède. Claire, je serais moins qu'un homme si j’acceptais de vous perdre. YŸ consentir ? Mais je vous aime | Je vous adore ! Comment puis-je consentir À vous perdre 7...»

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