‹ L'Égypte à l'Exposition universelle de 1867Chapitre 26 sur 146 · X XV · texte numérisé non relu

X XV

C'était au temps où là monarchie des Abbassides commençait à se détraquer. La Perse venait d'échapper au khalife de Baghdad. L'esprit de révolte était partout dans l'Empire et avait gagné même l'apathique Égypte. I était clair que, pour soustraire la vallée du Nil à une autorité lointaine et fable, il ne fallait qu'un homme eutreprenant et énergique, capable d'entrainer les populations, el cet homme se rencontra en la personne même du gouverneur. Son nom est Ahmed-Ibn-Touloun. Il fonda une véritable dynastie d'Éevpte : les Toulounides. On n'a qu'à se rappeler Méhémet-Alv pour bien comprendre Ahmed.

À peine installé dans son commandement, Ahmed brisa un à un

les liens d'obéissance qui l’attachaient au khalife, sans toutefois lui dénier jamais une suzeraineté nominale. Il se fit roi; puis, poussé par une ambition grandissante, sans doute aussi par la crainte d’être déposé si quelque jour le khalifat venait à avoir un retour de fortune, il pensa à le détruire, il profita d'un moment où les forces impériales étaient engagées dans d’autres guerres, et envahit la Syrie à la tête d’une armée égyptienne. Il conquit ainsi Damas, Hims, Hamah, Haleb, Antioche et Tarse presque sans coup férir, se tourna ensuite contre la Mésopotamie, s'empara de Rakkah et de Haran. I était en train de porter ses armes victorieuses bien plus loin encore, quand on lui apporta la nouvelle que son propre fils s'était mis à la tête d’une insurrection en Egypte. I lui fallut abandonner ses desseins et revenir sur ses pas. Son fils et d'autres rebelles l'occupèrent plusieurs années, et, sur ces entrefaites, le khalife, après des avantages remportés sur ses ennemis du Sud et de l’extrème Orient, menaça sérieusement d'une guerre le gouverneur infidèle. I sut parer le danger en faisant amende honorable et en se mettant lui-même et ses armées au service de son maitre. Celuiei était engagé dans de trop grosses difficultés pour ne pas pardonner; mais Ahmed trouva moven d'éluder sa promesse. Le khalife le fit maudire du haut de toutes les chaires de l'Empire.

La tentative d'Ahmed était prématurée : le temps n'était pas venu encore de rendre à l'Égypte une indépendance durable, d'en faire un royaume. Déjà, de son vivant même, une partie de ses conquêtes hors de la vallée du Nil vint à se soustraire à sa domination. Sous son fils et successeur, toute la Svrie s’en alla faire retour au khalifat. Ensuite, ce prince sacrifia même les prérogatives de lt royauté à la vaine gloire de devenir le gendre du khahfe et se soumit à lui payer de nouveau un tribut de 300,000 dinars par an. Vingt-cinq ans après la mort d'Ahmed, c'en état fait de la

dynastie des Toulounides : elle ne compte en tout que cinq princes.

Et l'Egevpte redevint une shinple province,

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