SALLE DE-BIAN
he manquera pas assurément de produire de féconds elets dans le
PitVs IE.
Un grand phurrelief de quarante-cinq mètres de superficie est établi sur un plancher dans la salle qu'il nous reste à visiter. Il reproduit en miniature la basse et la movenne Éevpte, et il donne une idée fidèle de cette étrange vallée du Nil, si fertile entre deux déserts. Partout où l'eau du fleuve, à travers les innombrables canaux qui eu sortent à droite et à gauche, humeete et féconde le sol, les villes et les villages se pressent serrés et drus comme les étoiles dans la voie Lactée, etàa droite et à gauche, sans transition, brusquement, il nv à plus trace de population, il n'y à plus possibilité de vie. On à marque sur le plan le tracé du canal de Suez, des chemins de fer de l'Égypte, la route suivie par les Hébreux sous là conduite de Moïse, et aussi le chemin suivi par la division de l’armée française qui s’en fut jusqu'au delà de la première cataracte à la poursuite des mamlouks, sous les ordres du général Desaix. Un fait très-curieux que les reliefs mettent en évidence, c'est la tendance du fleuve à se porter vers l'ouest, tandis que les sables sont rejetés vers l'est. La serence attribue pour cause au phénomène la rotation de la terre. L'échelle des distances horizontales et des altitudes est au 5. Ga été chose inalaisée de se procurer toutes ces mesures et l'entreprise n'a été menée à bonne fin qu'à travers des difficultés très-sérieuses. Les eléments manquaient ou étaient contradictoires ; il a fallu les relever sur place ou les contrôler, Le colonel Mircher dirigeait l'œuvre, et sur ses ordres une brigade topographique recrutée en France se mit en campagne. Elle eut à lutter contre les fréquentes maladies, la dyssenterie, les ophthalmies, les fièvres pernicieuses qui assaullent d'ordinaire l'étranger non acclimaté, surtout s'il se livre à quelque travail forcé, La petite expédition se composait de quatre jeunes
vens, et à leur tête était M. Karl Séhroeder, meinbre de Ja Société de
Géographie et de FAssociation scientifique de France, — Ilest curieux de voir, couché à ses pieds, un grand pavs qu'on parcourt de l'œil dans tout son ensemble, dans tous ses détails, aussi aisément
qu'on pourrait le faire si on était Micromegas en personne.
Trois belles cartes géognostiques garnissent lt muraille de gauche. Elles se continuent l'une l’autre et complètent ensemble un résumé Lès-intéressant de l'histoire géologique de l'Égvpte et de ses dépendances, Y compris la Palestine et la péninsule de l'Arabie Pétrée. Elles sont l'œuvre de Figari-Bev et le résultat de ses longues et savantes recherches.
Plusieurs faits de la plus haute Hnportance scientifique sont mis en évidence sur ces cartes, pour la première fois, avee précision et netteté. On v voit, par exemple, le tracé exact et détaillé de Pancien cours du Nil. Le fleuve égyptien, avant d'avoir rompu la barricre des roches svénitiques, coulait à travers le désert libyque et s'en allait se jeter dans la Méditerranée à l'ouest de son embouchure actuelle, Plusieurs oasis existent encore de distance en distance Île long de la vallée qu'il arrosait autrefois, et en quittant son vieux lit I v a naturellement laissé plus d'une trace de son séjour, des alluvions, des coquillages, des couches de son Tinon. C'est sans doute dans ces contrées maintenant arides qu'il faut placer le berceau de la civilisation égvptienne.
Figari-Bev à encore indiqué par des signes, sur ses cartes, l’ancien littoral d'une mer que le soulèvement du continent a mise à sec et qui s'appelle, en géologie, la mer Pliocénique.
Il v donne aussi des coupes géologiques prises sur différents points du bassin de l'Égypte et du groupe du Sinaï. Il v a marqué le oisement des différents iminerais et l'emplacement des carrières exploitées par les anciens. I v a tracé les principales vallées du
désert oriental, avec leurs inelinaisons et leurs courants, ainsi que
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les routes suivies par les caravanes de lantiquité pour se rendre des bords du Nil à la mer Rouge. Le sol et le sous-sol de Pisthme de Suez Y son étudiés avec ses lacs correspondants aux laes de natron et aux grandes envettes du nord de FÉgvpte. On y trouvera enfirune coupe du limon qui constitue le sol de Ta vallée milotique actuelle,
ef une précieuse indication de toutes les sources du désert.
D'autres plans encore et d'autres cartes nous arrêteront un moment. Et d'abord deux plans en relief d'Alexandrie, levés et dressés par Mahmoud-Bev, astronome de Son Altesse le Vice-Roi, montrent, l'un la ville restituée d'autrefois, l'autre la ville actuelle et les côtes où elle est assise, avee tous les changements que Paction de la mer et des influences de toute nature ont fait subir à ee rivage dans le long intervalle de mille neuf cents ans,
Jetons ensuite un coup d'œil sur de belles cartes hydrographiques. L'auteur en est M. Linant de Bellefonds, un Français, qui fnt lontemps directeur général des ponts et chaussées en Egvpte, et qui a coneu lui-même et en partie exécuté le système d'irrigation que ces cartes reproduisent.
Mentionnons enfin une carte d'un pays très-peu connu, très-pen fréquenté, habité par les Arabes Bicharis, et qui s'appelle l'Etbave.
Elle est encore l'œuvre de M. Linant de Bellefonds.
Sur les gradins d'une grande table sont groupés les échantillons des différentes roches qui ont servi aux anciens Égyptiens tant pour leurs grosses constructions, leurs ponts et leurs chaussées, que pour l'architecture de leurs temples, pour leurs sarcophages, leurs stèles, leurs colonnes, leurs statues. On sait, du reste, combien la vallée
du Nilest riche en carrieres de belle et bonne pierre,
Cest Figari-Bey qui a conçu le plan de cette collection et qui l'a réunie, Il v a ajouté, en outre, des spécimens de diverses matières propres à être exploitées an profit de l’industrie moderne,
Le Catalogue, imprimé à la fin de ce volume, donne la liste détaillée de tous ces objets, et ce n'est pas la peine ici de les nommer tous. Citons, toutefois, différentes variétés de granit, de porphvres, de brèches à grain vert, rouge, noir ou rouge sanguin, et susceptibles d'un beau poli; l'albâtre des carrières de Siout et de Beni-Souef ; divers marbres calcaires et entre autres un marbre noir de l'époque liasique, qui se rencontre dans la basse Thébaïde, principalement dans la vallée d’Araba ; les beaux grès siliceux de (rebel-Selseleh (Silsilis); divers calcaires et, dans le nombre, certaine espèce dont on fait des dallages, et une autre dont on pourrait faire de la pierre lithographique; des argiles pour terre de pipe, pour poteries et faïences, et pour terre à bardaques, — la terre poreuse des bardaques est un mélange d'argile de la vallée de Keneh, de lHimon vierge du Nil et de cendre de paille de sorgho; un grès siliceux très-remarquable, et qui s'est formé de la manière suivante : des sources thermales hydrosiliciques bouillonnaient, à quelque époque primitive, de dessous les sables, en bulles qui vinrent à s'épaissir par suite de dépôts successifs de silice et à se pétrifier, à se convertir en de véritables cailloux ; après quoi survint un état de fusion basaltique, et cailloux et sables maintenant forment un agelomérat; — des pétrifications siliceuses de bois, produetions du même geure; des calcaires pour chaux grasse et pour chaux hydraulique maigre, et de la pierre à plâtre; des minerais de euivre, non pas assez riches toutefois pour être exploités; des minerais de plomb, qui se rencontrent en gisements malheureusement trop éparpillés ; des minerais de fer très-riches (fer pisolitique, qui seraient d’un rendement extraordinaire si le combustible ne manquait pas dans le pays pour en faire la fonte ; des minerais de manganèse assez riches, mais provenant du massif du Sinaï, en Arabie;
du limon du Nil pris à différents endroits, —celui de la haute Egypte
est le plus fertile; des briques crues faites avec ce Timon, en v mélan-
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seant un peu de paille; du sable du désert à divers états d'oxydation ; des natrons, des bitumes liquides dont l'exploitation, du reste, n'est plus rémunératrice à cause de là concurrence des autres pays; du sel gemme tres-beau, qu'on n'extrait pas, parce que la basse Éevpte renferme de nombreuses salines; enfin du soufre natif trèsriche et des eaux minérales de l'Égvpte.
Sur une autre table est rangée une collection paléontologique d'un assez grand intérêt, quoiqu'elle soit incomplète et recueillie un peu au hasard des circonstances. Elle est l'œuvre du docteur Revl, du Caire, un connaisseur, sans doute, un amateur. Les terrains récents de l’isthme de Suez et les environs du Caire v sont assez compléte-
ment représentés par leurs fossiles.