‹ L'Égypte à l'Exposition universelle de 1867Chapitre 41 sur 146 · XXE · texte numérisé non relu

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Les arts libéraux et Pinstruction publique ont aussi leur place dns la salle du plan.

Une bibliothèque, ou plutôt une collection de livres en langue arabe et turque, est installée dans une armoire vitrée. Elle se compose de quatre cents ouvrages, compositions originales ou traduclions du français : livres classiques, théologie, philosophie et morale, lettres et poésies, mathématiques, législation, sciences médicales, histoire et voyages, industrie, art militaire et marine, administration, mœurs et coutumes.

I n'y a pas, du reste, en ce moment de littérature originale et vivace en Égypte, ni scientifique ni littéraire. La poésie est toute d'imi: tation. En astronomie, on en est resté aux principes ptolémaïques : cest encore le soleil qui tourne. Pour la médecine, on s'inspire toujours des théories d'Avicène, Avant Figari-Bev, il n°v avait ni pharmacie ni science pharmaceutique. La chirurgie est tout empirique et a recours, le plus rarement possible, aux amputations, à cause de

l'horreur qu'inspire l'usage du couteau; pour onvrir les tumeurs, le

caustique seul est employé. En général, FEgvptien lit peu et n'aime

Fe PAS L'ÉGYPTE MODERNE

eucre laisser lire; les bibliothèques des maisons riches sont couvertes de poussière. L'énergique impulsion du Gouvernement remet pourtant l'étude peu à peu en honneur, et la situation s'améliore aussi à cet égard. Ge qui le prouve, c’est que, pour l'impression et la

fonderie des caractères arabes, les librairies du Caire ne sont plus

tributaires de Malte ni de Rome. On fait aussi depuis peu de temps,

au Caire, de la litho-tvpographie.

L'architecte du Gouvernement égyptien, M. Schmitz, exposele plan, l'élévation et la coupe d’une galerie arabe que Saïd-Pacha avait projeté de construire à Alexandrie, dans la cour d'honneur de son palais de Gabari, une de ses résidences préférées. Le jury d'architecture de l'Exposition de 1867 à récompensé cette création par une mention honorable.

M. Désiré, artiste photographe établi au Caire, a envoyé une trèsintéressante collection de photographies représentant les différents corps de métiers du pays, des scènes de mœurs, des usages locaux, des costumes, des monuments de l'Égypte antique et de l’époque des khalifes, ete., ete.

Enfin, l’enseignement primaire est représenté par des modèles d'écriture gravés sur des tablettes de bois, dont l'usage s’est conservé dans les petites écoles des mosquées. D'autres modèles d’écritures arabes sont d'une assez grande beauté de style. Les diverses écoles militaires, placées toutes sous la haute direction du colonel Mircher, exposent des tracés de fortifications, des travaux géographiques, topographiques, des épures de géométrie descriptive et de mécanique, du dessin d'architecture, d'ornement, de paysage et de tète. Ces dessins de tête, on le sait, sont, en ce genre, les premiers essais de la race arabe. Il n’a pas encore été fait de tentative pour

introduire dans le pays la peinture de figure.

Il ne nous reste plus qu'à visiter les Galeries de l'Exposition égvh-

tienne pour l'avoir passée en revue tout entiere. Un long commen

GALERIES Di

taire iei devient de plus en plus inutile, On trouvera vers Ja fin de ce livre de nombreuses pièces justificatives et des notes détaillées sur l'Égypte moderne, sur sa situation et ses divisions géographiques, sur les ressources industrielles, commerciales, militaires, en un mot un aperçu complet du pays. Un Catalogue enrichi d'observations et d'éclaireissements contient en outre, à la suite de ces données générales, le détail de tous les objets qui figurent dans les Galeries. Pour éviter les redites, force nous est done de faire un choix judicieux des matières les plus intéressantes sur lesquelles nous nous étendrons davantage, en en négligeant beaucoup d'autres. C'est ainsi que les tableaux interealés dans les pièces justificatives nous dispenseront de nous occuper de chiffres et de statistique, et nous y renvoyons d'avance le lecteur. Ainsi encore nous laisserons au Catalogue les longues énumérations des produits exposés, et nous nous attacherons surtout à résumer la physionomie générale de

l'agriculture et de l'industrie égvptiennes.

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