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ensuite les faisaient cuire, Pour avoir du salpêtre, encore sous Méhémet-Alv, on fouillait les entrailles des vieux temples, et on prenait des ruines de vieille ville, comme on prend du fumier pour avoir du blé, selon la recette qu'en donne un Anglais, le docteur Bowring. Après cela, que dire des touristes goujats et idiots, qui s'en viennent, un marteau et un ciseau à la main, tailler, au beau milieu d'une inscription, qu'ils rendent illisible, où d'un bas-relief précieux, qu'ils mutilent, leur nom à jamais ridicule? La science aussi a été bien aveugle dans ses fouilles intéressées. Le fellah, de son côté, espérant revendre aux touristes quelque heureuse trouvaille, donnait du pie à tort et à travers. Pour créer nos musées d'Europe, que de déplorables coups de scie ont été donnés! Chacune des belles statues de Turin, bien connues des archéologues, représente cent monuments brisés pour arriver jusqu'à elle! Ilest tel bas-relief, au Louvre, qu'on n’a pu arracher à la tombe des rois, à Thèbes, qu'en détruisant toutes les parties qui l’entouraient. C’est comme si, pour mettre la main sur un livre dans une bibliothèque, on commencçait par jeter le tout au feu. Le péril était grand. Il y avait à craindre qu'avant peu de temps l'Égypte n'eût plus à montrer au voyageur que les ruines de ce qui lui restait de ses ruines.