DANS LA CHAPELLE DE SHABAKA A KARNAK PI
ENCORE KARNAK
nous habituons à la lumière incertaine, nous discernons plus clairement la beauté du dessin, et nous nous arrêtons moins aux Joints inexacts des pierres. Ce Pharaon est probablement un successeur de Shabako Taharqua; en tout cas je préfère croire que cette belle créature n’est pas le barbare qui brüûla vif son ennemi vaincu, Bokchoris. Il est surprenant qu’un art aussi parfait ait pu renaître durant le règne de ces farouches Éthiopiens.
Le peu de temps dont je pouvais disposer m’empêcha de traiter mon sujet aussi à fond que je l'aurais désiré. La ligne onduleuse des bras amène notre regard à la droite de la gravure; au delà se trouve l’objet d’adoration. On distingue à peine les oiseaux qui sont offerts au dieu, mais combien ils remplissent joliment l'espace ! Ici, la ligne de la composition s'arrête net et les têtes des oiseaux conduisent le regard vers le dieu que le roi cherche à fléchir. Quelle couronne pourrait être plus belle que celle, faite de fleurs de lotus, qui ceint le front du jeune Pharaon?
Le petit temple qui renferme ce trésor est heureusement fermé, et protégé ainsi contre les profanes.
Pour apprécier Karnak, il faut y vivre. Durant les
trois semaines que j’y passai avec Nicol, la Mauss étant
ancrée près du grand temple, je passai trop de temps à peindre pour pouvoir étudier l'endroit d’une façon complète.
Blotti contre la muraille d'enceinte nord, se trouve un petit temple élevé par Thothmès III et dédié au dieu Ptah. Il fut plus tard agrandi par les Ptolémées. Le soir, l'ombre du grand temple recouvre l’espace qui sépare les deux monuments, et les colonnes de ce petit sanctuaire se profilent au premier plan. Lorsque la lumière crue de midi tombe sur cette vaste masse de ruines grises, 1l est difficile d’en rendre la couleur, et l’on ne peut les traiter qu’en noir et en blanc.
M. Legrain nous conduisit au temple de Ptah; la chaleur intense du jour nous faisait vivement désirer d'y trouver de l’ombre fraîche. Après avoir traversé deux cours, nous pénétrons dans une petite pièce, et y heurtons presque la statue à tête de lionne de la déesse Sekhmet. C’est une splendide créature et nous sommes reconnaissants au sort qui, au lieu de l’adjuger à quelque musée, lui permit de demeurer dans le cadre où la plaça Thothmès. M. Legrain nous raconta qu'il l'avait trouvée quelques années auparavant dans le même endroit, mais brisée en soixante mor-
ceaux. Heureusement, aucun ne manquant, il put la
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Blotti contre la muraille PRE nord, se trouve un petit temple élevé par Thothmès Ill et dédié au dieu Ptah. Il fut plus tard agrandi par les Ptolémées. Le soir, l'ombre du grand. temple recouvre l’espace qui sépare les deux monuments, et les colonnes de ce petit sanctuaire se profilent au premier plan. Lorsque
la lumière crue de midi tombe sur cette vaste masse
de ruines grises, il est difficile d’en rendre la couleur,
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- M. Legrain nous conduisit au temple! de Ptah; la
chaleur intense du jour nous faisait vivement désirer
d'y trouver de l'ombre fraîche. Après avoir traversé
deux cours, nous pénétrons dans une petite pièce, et
y heurtons presque la statue à tête de lionne de la déesse Sekhimet. C'est une splendide créature et nous sommes reconnaissants au sort qui, au lieuvdel'adjuger à quelque musée, Jui permit de demeurer dans le
cadre où la plaça Thothmès. M. Legrain nous raconta
qu'il l'avait trouvée quelques années auparavant dans le même endroit, mais brisée en soixante morceaux. Heureusement, aucun ne manquant, il put la