INSTRUCTIONS A SAID-MUHIB-EFFENDI
miseB et que nous avions alors Pespérance d'obtenir, si vous aviez eonsenti à les accepter. Ce n'est pas notre faute si vous les avez rejetées constamment, malgré nos représentations réitérées pendant plusieurs mois. Lorsque nous avons cru que les Puissances consentiraient à vous accorder la Syrie viagère, nous vous avons engagé à vous en contenter, et vous ne Pavez pas voulu. Lorsqu'on vous a signifié le traité du 15 juillet, nous n'avons pas cherché à vous empêcher de l'accepter. Lorsqu'on a prononcé à Constantinople votre déchéance, que des ambassadeurs étrangers avaient euxmêmes soUicitée, nous avons pris vos intérêts à cœur. Vous ne m'aviez jamais demandé que notre stricte neutralité, et cependant notre gouvernement, nos chambres, notre Nation ont pris hautement votre défense. P^ous avons fait de grands armemens, dépensé des sommes énormes. Tout cela pour vous assurer un sort convenable. Ce n'est pas notre faute si votre armée ne s'est pas battue, si les désertions ont eu lieu, si le Liban s'est insurgé, si les populations ont été hostiles. Que nous est-il revenu de tout notre intérêt? Quels avantages a obtenus notre commerce, quelles récompenses ont eues ceux de nos nationaux qui sont à votre service? On a cependant supposé que nous vous avions garanti la Syrie, que nous vous avions promis des troupes, de l'argent et l'appui de ncrtre flotte. Je vous ai toujours dit, au contraire, que nous ne répondions de rien. Vous ne m'avez rien demandé que notre neutralité » — « C'est vrai, a ajouté Méhémet- Ah » — « Eh bien! c'est ce qu'il faut qu'on sache en Egypte; c'est ce que vous devez apprendre à votre famille, à vos employés, à votre peuple, mais par insinuation, sans rien ébruiter de notre conversation, sans compromettre votre position vis-à-vis des autres Puissances. Il faut qu'on sache cpie nous avons toujours voulu, plus qu'aucune nation, l'intégrité et l'indépendance de l'Empire ottoman; que nous vous avons considéré comme une partie nécessaire et essentielle de cet empire, et que nos représentations sont par-
venues à vous faire assurer Phérédité de l^gypte » — € Soyei sûr, ajouta Méhémet-Ali, qu'on en est bien certain, et que je travaillerai à propager cette idée».
En vous rendant compte, sommairement, de la convttBation qui a eu lieu entre Méhémet-Ali et moi, j*ai voulu. Monsieur le Ministre, vous montrer que tout ce qu'on a dit et imprimé dans ces derniers tems sur la perte de notre influence en Egypte, n'est pas exact, je crois au contraire qu'il sera facile de la conserver et même de l'augmenter, mais il faudra renoncer à jouer un rôle actif, afin de ne pas éveiller la susceptibilité et la jalousie des autres puissances.
Au reste, il ne faut pas avoir non plus une trop grande confiance dans les protestations actuelles d'attachement et de dévouement de Méhémet-Ali. C'est par ses actes et la condescendance qu'il montrera pour nos avis, lorsque la question des intérêts commerciaux sera soulevée, que nous pourrons le juger. En attendant, nous devons l'entretenir dans ses bonnes dispositions, en évitant, par une conduite prudente et réservée, de donner lieu à des rivalités.
Je suis avec respect, etc.
COGHELET.
Conespondance politique. XIII, £«• 133*137.
95. — Instruotions données à Son Excellence Sidd-Mahib- Efléndi, envoyé en mission en Egypte par ordre de Sa Hantesse le Sultan.
SoMMAnB: Pour la remise des deux fizmans. — Gondhioiis tnr letqveDM la Fort» ne reviendra pas. — Tontes objections piévnes: dles ne sen»t pas admiiw — Questions de harems à restituer.
Said-Muhib-Effendi se rendra directement à Alexandrie
sur le bateau à vapeur impérial qui a été mis à sa disposition.
n remettra à Son Excellence Méhémet-Ali Pacha le fir-