CONDUITE À TENIR AVEC LE PACHA
man relatif à l'hérédité de TÉgypte; celui concernant la concession des Provinces de Soudan et contenant quelques autres ordres; enfin, la lettre de Son Altesse le Grand-vizir. Il lui représentera en termes convenables que les contestations et démêlés qui existaient depuis quelque temps étant entièrement écartés, il n'y aura plus désoTmais aucune espèce de division ou de dissentiment, et qu'il faudra travailler en parfaite union pour le bien de la religion, du gouvernement, du pays et de la nation. Il est naturellement nécessaire que les dits firm^ans soient lus officiellement en plein Divan, et rendus aussi publics. Si Méhémet-AU Pacba exécute cette mesure spontanément, cela sera fort bien. Dans le cas contraire, le dit Effendi devra l'y exhorter, en lui faisant ?e8 représentations nécessaires.
Il a été remis audit Effendi le Niehan et le Fess, distinctifs des Vizirs, destinés pour Son Excellence Méhémet-Ali Pacha, et il sera nécessaire que ce dernier les mette le jour de la lecture du firman.
Dans le cas cependant oii il ne se montrerait pas disposé à le faire, ledit Effendi devra l'y exhorter.
Dans le firman relatif à rhérédité, il est dit et établi, comme condition, que dorénavant les gouverneurs de l'Égj^te auront à se rendre en personne à Constantinople pour recevoir l'investiture; toutefois Sa Hautesse, ayant égard à l'âge avancé de Méhémet-Ali Pacha, et mue par un sentiment d'humanité et de compassion, ne consent pas à ce qu'il s'expose aux fatigues d'un pareil voyage-
En annonçant ceci à Méhémet-Ali Pacha, on devra ajouter^ dans les termes convenables, que Sa Hautesse verrait avec satisfaction qu'il envoyât ici un de ses fils pour la remercier de l'insigne faveur dont il vient d'être l'objet,
Méhémet-Ali Pacha devra accepter et exécuter immédiatement, et sans objection, toutes les conditions du firman relatif à l'hérédité, ainsi que toutes les dispositions contenues dans notre firman impérial.
Si toutefois, contre notre attente, il devait être heurté par quelques-unes desdites conditions, et qu^il montrât de Phésitation, ledit Effendi lui représentera, en termes persiusifs, que ces résolutions de Sa Hautesse sont définitives, qu^aucune d'entre elles ne saurait être changée ou modifiée, et qu'aussi les augustes Cours alliées ne doimeraient pas leur assentiment.
Si le Pacha ne se laisse pas convaincre et qu^il persiste dans son opinion, on tâchera de le faire entrer dans la boime voie en lui exposant qu'il est de son intérêt de terminer, sans provoquer de nouveau l'emploi des mesures coercitivee; que, si l'on était forcé de recourir encore une fois à la guerre, il serait seul responsable du sang humain qui y serait vené; enfin, que la non-acceptation d'une des conditions étaUiee portera atteinte à l'hérédité qu'on vient de lui accorder conmie une insigne faveur.
Arrivé à Alexandrie, ledit Eflfendi comprendra, dans la première ou dans la seconde entrevue, quelle est la marche que compte suivre Méhémet-Ali.
Si, après cinq ou six jours, sa mission se trouve terminée a souhait, il aura à s'en retourner aussitôt à Constantinople.
Si, au contraire, l'afifaire lui paraissait exiger encore de longues discussions, et qu'il fût obligé de rester à Alexandrie quinze ou vingt jours, alors, comme il faut que nous cobnaissions ici la marche que Méhémet-Ali suivra dans le principe, et le langage qu'il tiendra, ledit Eflfendi pourra renvoyer ici le bateau à vapeur impérial avec un rapport contenant les notions qu'il aura recueillies en quelques jours dam ses entretiens avec Méhémet-Ali Pacha. Dans le cas, enfin, que Méhémet-Ali ne prît en aucune considération les ouvertures du Délégué de la Sublime Porte, et qu'il rejetât entièrement les conditions qu'on lui oflfre, alors, comme il faudra de nouveau concerter cette aflfaire avec les cours alliées, ledit EflEendi devra exposer au Pacha la nécessité de lui donner par écrit son refus d'accepter les conditions en question.