MISSION DE'MOUHIB EFFENDI
H. Cochelet à Son Excellence Momienr (xuizot Hmistre des Affaires Ëta^angères^
SOMMAlitE: Le 20 février^ amvée de Mouhlb EfiTendî porteur du ârmao dluv&sdlurfl: Honneurs rendus à son arrivée. — Après le premier entretien. Il parait que Mohamed Aly n^en accepte pas les conditions et que le çommodore Napier a dit qu^elles n'étaient pas acceptables, — Cochelet est encore mal informé sur les arrangements qui ont été pris à Conttantinople. — Cochelet reçu par Mohamed Aly; il se plaint que la Porte veuille choisir son successeur dans sa famille; il n*y consentira pas, — Cochelet le prie de bien réfléchir avant de ae livrer à une nouveOe lutte, — Artin hey lui conâe qne la Porte veut aussi se réserver le droit de nommer tous les officiera supérieurs, ce qui laisserait le Vice-roi absolument désarmé devant les moindres caprices venus de Constaotinople. Il est triste de voir que tout peut être encore remis en question pat les exigences insupportables inspirées par lord Ponsonby, — Retour des chef» DruEes. — Le fils du çommodore Napîer doit épouser la soeur de Temir Haldar. — En dehors de Tamour et de la richesse, c*est un mariage qui peut s^accorder avec la politique de rAngleterre.
Alexandrie, la 22 février 1841
MoNSiEUE LE Ministre,
Safd-Moiiliib Effendi, envoyé de la Porte Ottomane, est arrivé, avant-Mer, sur im bateau à vapeur turc, chargé de remettre à Méhémet-Ali son firman d'investiture, U a été reçu avec de grands hotmeurs. Les oflScîers supérieurs de S. A-, en grand costume, Fattendaient à son débarquement. Un régiment était sous les armes. Les batteries de la flotte et des forts Font salué; les bâtimens ont été pavoises. Les pavillons des Consulats ont été hissés. Les corvettes anglaise et française qui sont dans le port, ont fait un salut de 21 coups de canon. La satisfaction était générale dans la vUle.
Méhémet-Ali envoya un de ses dignitaires recevoir Saïd Mouhib Effendi, en bas du grand escalier de marbre du Sérml et Tattendit debout dans son grand Divan. Après les formalités et les çomplimenB en usage, O eut une conversatîoit particulière avec l'Envoyé de la Porte et, après l'avoir congédié, il rentra, seul et soucieux, dans ses appartemens
zm
particuliers. Chacun était dans l'attente de la lecture du Firman, qui se fait ordinairement avec une certaine pompe» et des conditions de l'hérédité. On répandit le brait, dans la soirée, que celles-ci n^étaient pas acceptées par Méhémet- AK et que le conamodore Napier, qui avait dîné avec lui, avait dit qu'elles n'étaient pas acceptables.
J*ai évité, le premier jour, d'aller aux informations^ afin de ne pas me prononcer. J'avais reçu, le matin, par le bateau à vapeur, ime lettre de M, de Pontois qui me fesait connaître que l'on avait abandonné la malencontreuse idée dont j'ai entretenu Votre Excellence dans ma dernière dépêche, de confier la perception des revenus de l'Ég>^te à un Defterdar ou Trésorier nonnné par le Sultan, et que la Porte se réservait seulement d'établir un contrôle sur la perception. Monsieur l'Ambassadeur du Roi regrettait de ne pouvoir me faire connaître, d'une manière plus explicite et plus détaillée, l'ensemble des arrangemens arrêtés, parce que Reschid Pacha ne lui en avait pas encore fait remettre une copie. Il m'informait, au reste, que, dans la jotimée du 13 de ce mois, l^ Légations étrangères à Constantinople avaient reçu une note circulaire de la Porte, annonçant que « Méhémet-AIi» Pacha, ayant doimé des preuves eflFectives de sa soumission, et l'affaire égyptienne se trouvant ainsi terminée, il nVxistait plus en Egypte ni blocus, ni aucun embarras, ni aucune dif* ficidté commerciale ».
J'étais, par cette information, plein de confiance dans les bonnes intentions du Sultan envers Méhémet-Ali» Je me rendis donc hier au Sérail pour connaître moi-même les conditions de l'hérédité, afin de pouvoir vous en informer d'une manière positive par le paquebot anglais qui vous portera cette iépêche et qui partira peut-être aujourd'hui,
Méhémet-Ali venait encore de dîner avec le commodorc Napier, qui partît aussitôt que j'arrivai. Il me reçut avec sa bienveillance ordinaire, mais il paraissait très soucieux. Il se renferma d'abord dans un silence absolu* Il me demanda si