LES DISPOSITIONS DE MOHAMED-ALY
pour lequel il a non seulement de la reconnaisBance, mais encore de radmiration. Il se conformera aux volontés du Roi, la seule chose qu*il demande c'est que le traité qui réglera ses intérêts soit garanti par la France aussi bien que par les autres puissances.
Reconnaissance étemelle léguée à ses enfants envers le Roi de France, etc. etc. «
Après bien des réflexions et de profondes méditations, j'ai conçu ce projet. Je ne veux pas entrer ici dans de longues explications pour vous dire toutes les raisons qui me Font fait adopter. Dans ma prochaine dépêche, en vous envoyant la lettre de Méhémet-Ali, je vous exposerai les motifs qui m*ont d<^terminé à agir et j*espère que vous les approuverez. Dès aujoiîrd'hui» je vous ferai observer que je ne me serais pas décidé à entamer cette négociation malgré tous les avantages qu'elle présente, si je n'avais trouvé le moyen de parer à tous les inconvénients qui pourraient résulter de cette démarche si vous la désapprouviez; ainsi j'ai mille fois répété à Méhémet* Ali que j'agissais comme son conseiller intime, que je n'avais pa3 d'instruction à ce sujet, au contraire que je ne devais lui demander aucune nouvelle concession.
Ma négociation n'est connue que du Vice-roi et de son piemier Drogman, homme très habile mais encore plus discret qu^habile.
M- Cochelet ignore même tout ce que j'ai fait et je lui dirai seulement que Méhémet-Ali m'a pi^oposé d'écrire cette lettre par un mouvement spontané. Enfin si vous ne l'approuviez pas, il serait dit seulement que Méhémet-Âli a écrit au Roi pour le remercier d'avoir déclaré son existence politique né- Geraaire à l'équilibre ^ uropéen* Je me chargerai du reste. Mais vraiment, j'ai beau retourner la chose de tous les côtés, je ne puis pas croire que vous ne l'approuviez pas* U me semble que s'il y a un moyen de paix honorable pour la France, c'est ce- ]ui*là.
S'il faut la guerre, il est facile de ne pas publier la lettre et
de dire seulement généralement que Méhémet-Ali a remis son sort entre les mains dn Roi, J'aurais pu, si je l'avais bien voulu, vous envoyer la lettre en cjuestion aujourd'hui, mais je vous avoue que je suis si eflfrayé de la responsabilité que je prends que je procède avec toute la circonspection imaginable; j'ai meux aimé retarder de quelipies jours our les nouvelles de Sjprie et peut-être pour des instructions de vous, Knfin, selon toute probabilité, vous recevrez ce document par VEuphrcUe. Ce bâtiment arrivera de Syrie ici après-demain^ il partira pour France deux jours après son arrivée et comme il va directement, il est probable que cette letbfe ne précédera l'autre que de deux jours.Cependant, je vous le répète, il n'y a de certain que ce que l'on tient et je n'ai pas encore la lettre entre mes mains, J^auxais pu l'avoir aujourd'hui en disant un mot, mais ce mot, par excès de prudence, je n'ai pas voulu le dire.
Méhémet Ali professe pour le Roi la plus grande admiration, il n'en parle jamais cyu'avec les formes, les plus révérencieuses, II a été véritablement remué du nouvel attentat auquel le Roi vient d'échapper si heureusement. II m'a demandé si je croyais que ce serait sans inconvénient, de faire savoir au Roi la joie qu'il avait éprouvée d'apprendre l'issue heureuse de cet événement qui pouvait être si désastreux.
Pardon miUe fois de ce griffonnage, c'est que d'abord pour aujourd'hui je ne voulais pas de copiste; ensuite j'ai attendu jusqu'au dernier moment pour me décider à vous parler d'un fait aussi important que celui qui remplit ma lettre et qui n'est encore qu'à l'état de projet. N'ayant reçu qu'un commencement d'exécution, la lettre de Méhémet-Ali sera écrite en style oriental sur une note détaiOée que j'ai fournie qui renferme tout ce que je vous ai exposé et cjuelques détails dont au reste n'aurez qu'à être satisfait. J'ai mis une demie heure à vous écrire cette longue lettre; et j'ai mis quatre jours et quatre nuits à composer la note et surtout à décider à la faire écrire. Je donnerais beaucoup pour vous voir une demieheure seulement, ou au moins pour savoir oii vous eu êtes