LETTRE DE METTERNICH
aujourd'hui avec les Chambres et avec rAagleterre; si je savais
»cela je (serais) plus (à l'aise).
Croyez à mon sincère dévouement K Walewski.
p. s. ■ — Je ne quitterai pas Alexandrie quelle que soit votre réj>onse à ma dernière lettre avant d^avoir une réponse à la dépêche que vous portera VEuphrate^
g. — Copie d'une dépêche de M, le Prince de Mettemich à l!f« le Comte d'Appony de Tiemie le 8 novembre 1840.
SOiflJCAimE: GravHé de la »itoation. -^ Mettemich %e réfère à aac récente conversation de M« Goixot avec M. Neumann et à la résolution qu'il a affinnêe de défendre à Paria la canse de !a paix. — On sera plus à Taise avec le t ministre conserva tif > (fii^avec celui qui s'est qualifié de <t parlementaire t: expression qui paraît bien être une pare négation des principes conservât ifs, — Mettemich s^efforce à rétablir la vérité des faits. -^ La querrUe du Sultan avec Mohamed- Al y nVst pa§ différefitc de tant d^autres querelles qu'on a connnei entre la Porte et ses gouver* neor» de provinces. — Mais ta France a perdu Téqnilibre nécessaire à tout pays: il y a maintenant deux Frances, la France conservatrice, et tes partis du mouvement qui doivent pencher vers la guerre. — C'est Id Texplicatlon des difficultés qn*on a rencontrées dans raffaîre tu rco-égyp tienne: elle a été influencée par « l'esprit de parti )* qui se nourrît de chimère. — M. Guizot aurait sans doute suivi une « tonte autre marche que celle qu*a si malheureusement adoptée son prédécesseur »,
— Cependant on peut trouver une solution dan* la dernière formtile de M. Thiers qui distingue la question politique de Fexistetice de Mohamed-Aly du sort de la Sjrie: cette distinction, <« bien employée ^ peut assurer la &n du conflit. — D^une part^ le Sultan se montrerait disposé à rétracter Pacte de déchéance; et diantre part la Pruiee pourrait se trouver satisfaite d^avoir k contribué le plus puissamment & saaver Fexistence politique du Vice-roi aujourd'hui si évidemment compromise »
— Même le sacrîâce fait par la Porte « porterait le caractère de ciémencc iouveraine *. — La guerre, dans de telles circonstances, serait une t monstruosité morale k rhnmme qui n^a point reculé devant 1* emploi de cette arme à deux tranchants a fait preuve d*une bien grande légèreté; c C^est le jugement le plus doux qu*il soit possible à Tobservateur impartial des aberrations bomaines d'émettre sur cet biomme *.
MoNsi£0B LE Comte,
Pour vous expédier le présent courrieT, j'aurais attendu que Votre Excellence nous eût rendu compte de Son premier entretien avec M, Guizot, si je ne regardais pas la situation
coBime trop grave poxir laisser s'écouler dans rinaetion detJ jours qui peuvent être utilement employés dans Fîntérêt du repos général. Faute de pouvoir prendre pour point de départ les paroles que vous aura adressées M* Guizot, en sa qualité de Ministre, je^e tiendrai à ceUes qu*il a dites à Mr. le Baron de Neumann et dont celui-ci m^a rendu compte le 23 octobre dernier. Dans un homme doué de caractère (et je regarde M. Guizot comme tel) je n'admets pas qu'un changement dans les fonctionz puisse influer sur la manière de juger les choses.
M. Guizot a dit eu substance à M. de Neumann qu*en se rendant à Paris il entendait y défendre la cause de la paix; que puisque le parti conservatif prenait suj lui cette immense tâche, il fallait qu'on l'aidât du dehors; qu'il faUait ne point perdre la saison morte à laquelle nous sommes arrivés, sans mettre un terme à l'état de fièvre dans lequel se teouvent placées la France et l'Europe. 11 a ajouté le conseil d'aborder franchement les questions.
Ces points de vue, Monsieur rAmbassadeur, sont franche^ ment partagés par moi, et mon expédition du 23 octobre dernier suflBrait pour le prouver, si tous les travaux antérieurement émanés de notre Cabinet n'étaient pas là pour mettre cette vérité en évidence.
En m' appuyant sur ces explications récentes, je pourrais attendre que le nouveau Ministre des afi*aires étrangères manifestât son opinion sur un exposé qui était destiné à son pré* décesseur. Ma conscience me défend cependant d'en agir ainsi. Si d'une part je me sens plus à l'aide avec le Ministre conservatif qu'envers le Mimstre qui s'est qualifié de parlelementaire {mot que, soit dit en passant, je vous déclare ne point comprendre, et qui dans mon faible entendement, ne eamrait, sous les auspices sous lesquels il a été inventé, avoir une autre valeur que celle d'une négation des principes conservatifs) j'ai aussi le sentiment de devoir être mieux compris par un Ministre qui, plus que son prédécesseur, a pu
a-t-elle pu se compliquer an point où elle est arrivée aujourd'hui?
Voici ce que nous en pensons à Tégard de la France. Le Royaume a perdu cet équilibre nécessaire à tout pays, et faute duquel ceux qui sont appelés à le gouverner sont privés de la liberté d'action qui permet de n'envisager les choses que pour ce quelles sont et ce qu'elles valent.
La France, comme tout autre pays, doit vouloir conserver la paix, et ne vouloir la guerre que pour l'intention de retourner à Tétat normal des sociétés qxii est le repos, La France veut-eUe ce qu'en saine raison elle devrait vouloir? Comme il s'agit ici de deux Frances, je ne puis en conscience répondre à cette question que par un oui et un non. La France conservatrice, c'est-à-dire celle qui veut la consolidation des institutions qui la régissent, désire la conservation de la paix, non setdement parce qu'elle sert ses intérêts, mais parce que la guerre les compromettrait de la manière la plus évidente. Les partis du mouvement doivent au contraire pencher vers la guerre, parce qu'elle constitue pour eux un élément puissant d'action; de là lutte entre les esprits dans le pays.
La question turca-égyptienne^ si on la dépouille, ainsi que je l'ai fait plus haut, de Fattirail hétérogène dont on l'a enveloppée, est une question éminemment politique. Elle est pohtique, soit qu'on l'envisage sous le point de vue de l'intérêt uniforme des Corps d'état qui composent l'Europe, soit qu'on la considère sous celui de l'intérêt de la France prise isolément. L'intérêt qui dans cette affaire est commun à toutes les Puissances, c'est la conservation de l'Empire Ottoman, condition sine qua non du maintien de la paix politique.
Ce que la question renferme de particulier à la France, ce sont les antécédens qui se sont établis entre cette puissance et l'Egypte. Dans la présente occurrence la position particulière de la France vis-à-vis de l'Egypte est une gêne pour la pre-