MOHAMED-ALY ET LA FLOTTE
son testament politique but Fabandon de la Syrie, mais qu'il espérait encore la recou\Ter. Lorsque je me reportais, par la pensée, à ces longues conversations, dans lesqueUes je cherchais aie persuader d'abandonner seulement la province d'Adana pour obtenir la possession héréditaire de l'Egypte et de la Syrie, je me persuadais à peine que je parlais à ce vieillard tenace et énergique qu'aucune raison ne pouvait ébranler. Il avait alors une haute idée de sa puissance. Les évènemens lui ont prouvé qu'il s'était fait bien des iUusîons et son amourpropre a reçu de terribles coups. Mais il faut le dire, il se montre supérieur dans ce moment à la mauvaise fortune. II est calme. Il se dispose, sans jactance, à repousser une attaque des Anglais sur Alexandrie, car il est à supposer que rAmiral Stopford agira, si ses dernières ouvertures sont encore repoussées. Le Commandant Callice a une grmide confiance dans les for* tifications qui bordent les côtes où plus de 400 canons sont en batterie, sans compter Fimmense flotte armée qui est dans le port. Je ne la partage pas ou plutôt je ne me fais plus aucune illusion sur des forces nombreuses mais peu aguerries, «ju'aucun sentiment ne fait mouvoir, si nous ne venons pas à leur aide, soit avec une parrie de notre escadre^ soit en envoyant une grande quantité d'artilleurs avec leurs officiers et sous -officiers- Je crois donc qu'O faut s'attendre à la prise d'Alexandrie, si on la bombarde. La présence de Méhémet- Ali et surtout l'énergie qu'il montrera sans doute pourront la ralentir, mais le moral de Farmée et des populations est tellement ébranlé par les succès des Anglo^Turcs, qu'il est difficile de supposer qu'on puisse opposer une longue résistance il des moyens agressifs eonmae ceux des nombreux bateaux à vapeur armés de canons à la Paixhans, d'une portée telle qu'on ne peut pas les atteindre, lorsqu'ils font les plus grands ravages.
Avant d'avoir reçu la nouvelle de la prise de Saint* Jean d'Acre, Méhémet'Ali était irrévocablement décidé à faire eortir sa flotte, d'après les vives instances des amiraux et
officiers supérieurs. J'avais eu la veille avec lui à cet égard une discussion assez animée, dans laquelle il m'avait fait, en présence d'un grand nombre d'individus, le reproche fondé d'avoir toujours cherché à le dissuader de cette résolution qu'il était décidé à prendre. Je venais de lui présenter les officiers de trois tartanes envoyés de Rome par Sa Sainteté pour venir chercher quatre colonnes d'albâtre et des blocs de marbre qui lui ont été donnés par M éhémet-Ali, pour l'église Saint Paul située hors des murs de Rome et qui a été brûlée en 1823. Le Vice-roi les avait parfaitement reçus et leur offrait toutes les facilités pour les transports de ces colonnes. On parlait des tartanes et de l'effet que produirait sur le Nil le pavillon romain remontant jusqu'à Béni Souef. Méhémet-Ali, qui ne connaissait pas ce genre de bâtimens avec des voiles latines, crut en les voyant entrer le matin dans le port que c'était des bâtimens que les Anglais lui envoyaient avec des brûlots et avait ordonné aux forts de tirer dessus, lorsque l'erreur fut découverte. C'est à cette occasion qu'il parla de la sortie de sa flotte. Il n'y eut qu'une voix ^ol ma faveur pour me féliciter sur la manière dont j'avais défendu la non-sortie de la flotte et pour blâmer M éhémet-Ali. Je pense qu'il a renoncé maintenant à la faire sortir. Ce serait la livrer aux Anglais et l'exposer à la trahison de quelques capitaines. ElUe ne doit être mise en mer que par notre ordre et sous notre patronage. Il est possible cependant qu'elle soit brûlée dans le port avant que nous ayons fait connaître notre décision.
COGHELST.
Correspondance politique. Egypte, XII, £«• 121-126.
avec plusieurs famiDes qui appardennent à la haute aristacratie britannique.
Ces considérations auraient dû faire sentir au ministère français la nécessité de renouer les négociations avec Tambassadeur anglais près de la Sublime Porte en même temps qu'avec le cabinet de Londres*
Je suis convaijn:u qu^iin arrangement qui aurait pour base Pètat actuel des affaires en Sj^ie et à la faveur duquel la France reprendrait, dans la question orientale, le rôle qui lui appartient et qu'elle avait rempli jusqu'à l'époque de la rupture de son alliance avec la Grande Bretagne, je veux dire le rôle désintéresse de médiatrice, ne rencontrerait pas d'obstacle dit côté de Lord Ponsonby s'il était présenté dans des termes concilians et bienveillants.
Je sTiis certain que la France obtiendrait son adhésion à la cession viagère du pacbalick de Saint Jean d'Acre à Méhémet- Aly telle qu'elle était consacrée dans le traité du 15 juillet. Or, obtenir l'adhésion de lord Ponsonby à cette condition, c'est obtenir celle de lord Palmerston et par conséquent celle de tout le cabinet de Londres.
D'un autre côté, la Russie acquiescerait avec d'autant plus d'empressement à cette cession que cette extension donnée à l'état égyptien affaiblirait d'autant les ressources financières et nûlitaires du Sultan.
J'ai entendu dire plusieurs fois à lord Ponsoid)y que l'Angle* terre ne pouvait établir une communication sûre et rapide avec ses possessions de l'Inde que par V Egypte gouvernée par Méhémet AIL
Un chemin de fer, traversant la Syrie, et reliant le golfe Pereique avec la Méditerranée, présente, d'après lui et d'après les ingénieurs anglais, des difficultés insurmontables dans son exécution et dans sa durée, Ces difficultés, jointes à la nécessité où serait rAngleterxe, d'entretenir dans presque toute l'étendue du railway des forces militaires imposantes poxir le protéger contre les attaques des tribus hostiles et barbares dont il par-