BOGHOS-BEY AU COMMODORE NAPIKR
Les Chefs Druzes qui régidaîent au Caire sont partis par terre pour la Syrie, ainsi que j'ai déjà eu Thonneur de vous le dire. Il nVst donc pas possible à Son Altesse de profiter des moyens de transport que vous mettez à leur disposition pour hâter leur retour dans leur patrie.
La copie de la lettre de S. E. Lord Palmerston à Lord Ponsonby n'était pas jointe à votre dépêche, ainsi que vous l'annoncez.
Je crois cependant, Monsiexir le Commodore, avoir connaissance du contenu de cette lettre, et s'est sur cela même que je m'appuie pour considérer comme un fait non douteux le eonsentement de Son Altesse à la restitution de la flotte o^omane et à Tévacuation de la Syrie. Aussi puis-je vous Cî^rtifier, au nom du Vice-roi, que Tescadre sera rendue et 4^ Syrie évacuée, aussitôt que Son Altesse aura reçu la gajr^^unitie officielle et positive des avantages qui lui sont promis ^Mï retour de ses concessions.
D'un autre côté. Monsieur le Commodore, vous n'ignorez *> .as que les dépêches venues de France par le dernier bateau à -^peur nous ont fait connaître que le Gouvernement français ^mant, sur la demande du Vice-roi, entré en négociation ^^ec les puissances, on s'attendait à ce qu^un arrangement l^éfinitif aurait lieu sous peu de jours. Dans cette conjon* :^tTUPe, ne pensez- vous pas. Monsieur le Commodore, qu'il ^ aurait convenance à ne pas anticiper sur la décision le vont prendre les grandes puissances agissant de concert ivec la Sublime Porte, décision à laquelle le Vice-roi s'engage, de la maniée la plus formelle, à se soumettre sans Jélai?
Vous semblez craindre que Tenvoi d'un corps de troupes
^snr les frontières de la S>Tie ne soit considéré à Constanti-
r^ople comme une preuve de Fintention qu^aurait Son Al-
^^esse de prolonger les hostilités dans le pays. C'est pour vous
Tiassurer complètement sur ce point que je vous réitère l'as-
«arance positive que la colonne qui a été dirigée sur EI-x4rich
en dernier lieu, n'a pas d'autre objet, d'autre mission que d'assurer les voies de communication.
Je vous réitère, Monsieur le Commodore, etc.
Correspondance politique. Egypte XII. fo 153.
33. — M. Cochelet à Son Excellence Monsienr Onizot Ministre des Affaires étrangères.
Sommaibe: La nouvelle lettre du commodore Napier. — Mohamed-Aly a appdé Cochelet et Walewskî, celui-ci descendu du bateau. — Il se déclare disposé i se contenter de T Egypte héréditaire. — Cochelet lui rappelle qu*il s^est mis à la disposition du Roi par sa lettre du 7 novembre. — Tout ce que nous devons d6> sirer maintenant, c^est qu*il fasse ses concessions à la France, et non à TAngle* terre. — Mais il va falloir résister à la pression du Conmiodore Napier.
Alexandrie, le 25 novembre 1840.
Monsieur le Ministre,
Le bateau à vapeur anglais VOriental était au momoit de partir. La correspondance de l'Inde et de l'Egypte était à bord depuis plusieurs heures. Le comte Walewski était déjà embarqué. J'avais été prendre congé de lui, lorsque le capitaine fut prévenu qu'il devait suspendre son départ. C'était d'après l'ordre du Commodore Napier qui avait de nouvelles communications à faire à Méhémet-Ali et désirait même l'entretenir verbalement. Effectivement, Monsieur le Ministre, en réponse à la lettre de Boghos-Bey qui est jointe à ma dépêche d'avant-hier, le Commodore Napier écrivit celle dont j'ai l'honneur de vous transmettre ci-inclus une traduction en italien. Elle fut remise à Méhémet-Ali par Boghos-Bey, qui conduisit à l'audience plusieurs officiers anglais. J'ignore ce qui s'y est passé. Mais dans la soirée Méhémet-Ali me fit prier de passer chez lui, seul ou avec