LETTRE DU COMMODORE NAPIER
M. Walewski, s^il était descendu à terre. Nous y allâmes ensemble.
Diaprés ce que nous dit le Vice-roi, il nous fut facile de voir qu^il était sous Timpression de la peur, produite par une phrase de la lettre du Commodore Napier. On lui avait dit aussi que le bateau à vapeur sur lequel était cet officier supérieur, à Tentrée des passes, en sondait toutes les approches quoiqu^il fût un bâtiment parlementaire, et enfin on avait su qu^on confectionnait des bombes à bord d'un vaisseau anglais. Méhémet-Ali nous dit donc qu'il était décidé à se contenter de PËgypte héréditaire. Je lui ai dit que je supposais que le Gouvernement du Roi essayait de lui faire obtenir une portion de la Syrie, mais que, quelle que fût Tissue de ses efforts, il devait se rappeler qu'il s'était mis à la disposition du Roi par sa lettre du 7 de ce mois, et qu'il ne devait rien terminer sans son consentement.
Je suis trop pressé. Monsieur le Ministre, pour vous faire connaître tout ce qui a été dit de part et d'autre. Je me borne à vous envoyer la copie de la réponse qui a été faite aujourd'hui au Commodore Napier, qui est peut-être dans ce moment chez Méhémet-Ali. Je ne répondrais pas que sur une sommation vigoureuse de cet amiral, le Vice-roi ne prît quelques engagemens par écrit avec lui. Il est certain qu'il est prêt à faire l'abandon de la Syrie, la remise de la flotte et à se contenter de l'hérédité de l'Egypte. Tout ce que nous devons désirer maintenant, c'est qu'il faise ces concessions à la France et non pas à l'Angleterre.
Le départ du paquebot VOrienUjd^ qui chauffe en ce moment, m'empêche de vous en dire davantage.
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
COGHELET.
Correspondance politique. Egypte, XII, fo 154.
34. — Moiudeiir Nesselrode à Son EzcéUence Monneur le Comte Fabien, etc. etc.
SomiAiBE: Satisfaction de rEmpereor aa nijet des premières conversatkms aigi> gées avec le nouveau ministère français, qoi veot faire cesser dans les esprits Jom effervescence dangereuse. — La Russie avait toujours regretté que la Fisie» se trouvftt en dehors des négociations sur la question orientale. — Le dsiiMr discours de M. Guizot ft la Oiambre des Pairs a beaucoup plu; on aime la îat' chise avec laquelle il a affirmé que les puissances signataires de la oonvatîoa de Londres n^avaient voulu ni insulter, ni tromper, ni isoler la France. — D n*était pas juste de penser que le gouvernement russe était le promoteur du dii* sentiment qui s*était produit entre la France et TAngleterre. — On a cru dem laisser passer certaines insinuations de M. Thiers sur ce point, pour ne lîsn «s* venimer. — On pourrait faire aussi beaucoup de réserves sur quelques points d» la note française du S octobre, où M. Thiers attribue encore à la Russie des smbitions contraires à Tindépendance complète de la Porte. — On préfère en letenir ce qu*elle contient de pacifique et de pratique pour arriver à la solntioa du problème turco-égyptien. — Dès lors on fera tout pour ouvrir à la FtÊO» la voie d*un rapprochement avec les quatre cours. — Elles ne le pouvaient pts sous des menaces de guerre; elles le peuvent avec le nouveau cabinet qui s^aimonc» conune un ministère de paix. — La première preuve en est donnée par leur dtmarche auprès de la Porte pour qu'elle rende à Mohamed -Aly le gouvernemsat de rËgypte, ce qui fournit au gouvernement français un moyen de prendre psit . à Toeuvre de pacification coummne. — Ainsi sera vaincue Tobstination que le Vice-roi a montrée jusqu'à présent; une solution définitive fera promptemsit cesser Tétat de crise où elle tient encore le monde. — Le comte Fabien est in* vite à porter à la connaissance de M. Guisot la présente conummication.
Saint Pétersbourg, le 25 novembre 1840.
Monsieur le Comte,
Parmi les rapports que Votre Excellence m^a fait Phon* neiir de m^adresser en dernier lieu, et qui me sont exacte» ment parvenus jusqu^à la date du 14-26 courant, son expé* dition du 28 octobre-9 novembre a principalement fixé Pat* tention de PEmpereur. C'est avec un vif intérêt que Sa Majesté y a pris connaissance des premières conversations que vous avez eues. Monsieur le Comte, sur la situation actuelle des affaires, tant avec le Roi lui-même qu'avec les membre» du Ministère qui vient de succéder à l'administration de M. Thiers.