‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 46 sur 189 · FIN DE LA MISSION DE GALLICE · texte numérisé non relu

FIN DE LA MISSION DE GALLICE

(^pendant je ne pourrais retourner en France sans enfreindre |e^ ordres qui m^ont mis à la disposition du Pacha, sans con« l^arier ce demier, et même sans diminuer Finfluence que la I pVaBce a le droit d'exercer dans ce pays. Je m'explique: B Le Yice^roi, à moins qu'ils n'ait changé d'avis, ce qui ne 2sxe surprendrait nullement, désire que j'établisse un projet je défense permanente pour Alexandrie et toutes les côtes égyptiennes. Pour atteindre ce but et par son ordre, on fait g^iijg ma surveillance un plan des lieux; j'ai même arrêté depi^ 7 à 8 jours les ouvrages nécessaires pour faire défendre ^ la côte depuis le Marabout jusqu'à Fembouchiure du lac d'Edko, H c*€St-à-dire sur ime étendue d'environ 10 lieues et déjà on p travaille sur les points cjui présentent le plus de faciUté pour I un débarquement. Sans le Beïram, ou plutôt sans la peur du bonabardement pendant lequel on sentait que je pourrais me rendre utile, je serais maintenant sur la route d'El-Aricà, de Suez, etc. Enfin le Pacha aurait dit ce matin à Boghos Bey qu^il comptait me garder. Il est donc présumable qu'O persist:era dans Fintention de fortifier l'Egypte et qu'alors, si je retourne en France, il confiera cette mission à un ofiîcier anglais qui par suite exercera Finfluence que comportent des £oci.ctions de cette nature. Au reste si à cet égard je prenais d^& engagemens, ils ne seraient, bien entendu, que conditionzmek, en attendant vos ordres.

Dans l'hypothèse oii je rentrerais en France, je vous prierai d^ considérer. Monsieur le Ministre, que j'ai fait et fais tous Ic^» jours des dépenses très fortes, provenant de ce que j'ai âxEtené un domestique de France et de ce que le fâcheux aoodent qui m'est arrivé, accident dont je me ressentirai probablement tant que je vivrai, m'a mis dans la nécessité d^ avoir un chirurgien, et jusqu'à trois moyens de transport, par jour, pendant plusieurs semaines, savoir: une voiture, an âne, des porteurs. Il est vrai que le Pacha a fourni la voiture: mais toujours est-il que j'ainrai bientôt dépensé trois mille francs, sans parler des pertes assez considérables que la

vente forcée et subite de mon mobilier et la résiliation du^ loyer de mon logement à Marseille m'ont occasionnées.

Je donnerai en rentrant en France tontes les pièces néceo ■ saires pour apprécier la manière dont je me suis acquitté di la mission qui m'a été confiée; peut-être c{ue plus tard oi pouna y puiser plus d'un document utile, principalement^ sous le rapport des localités: je pense qu^aujourd^hui^ d^aprèab=^ la tournure que prennent les évènemens, il me suffit d'aflfiirrrrr. mer que j'avais mis le pacha en état de résister avec un avai^ tage immense à toutes les tentatives possibles de bombi^. dément. Des causes malheureusement indépendantes de m» volonté me privent du bonheur que je me promettais, celW de voir la jactance des ennemis du Pacha rabattue, jactance que rien au reste ne justifie, car en Syrie la résistance a été à peu près nulle partout.

La catastrophe de Saint- Jean d'Acre n'était pas à craindre non plus dans Alexandrie* La poudre depuis peu était répartie dans plus de vingt magasins dont le plus grand nombre a été construit sous ma direction; tous indépendamment d'un mettre d'épaisseur de voûte en maçonnerie sont entourés de 3 mètres environ de terre, ou d'objets équivalens. Enfin j'étais parvenu, après bien des obstacles, à organiser le matériel de l'artillerie et celui du génie. Nbn pas comme ils le seraient en France en pareille occurrence; mais assez bien pour être sûr de repousser toute espèce d'attaque avec des avantages tels que rorgueH anglais en aurait beaucoup soufiert; et 7 à 8000 braves, et même moins auraient suffi pour cela.

Telle a toujours été ma conviction, quant au matériel, et ^ je n'ai jamais émis d*autre opinion. CeUe-ci est donc diamé- — tralement opposée à celle que les journaux allemands mes prêtent et que les journaux français répètent sans s'inquiéter' du mal qu'ils pouvaient faire ici. En ce qui concerne le personnel, mes rapports antérieurs prouvent qu'il ne m'a jamais inspiré une grande confiance^ mais je ne pouvais pas imaginei que parmi 35.000 homjnes de garnison, on ne trouverait pas

Page 1