‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 51 sur 189 · I.A SOUMISSION DE MOHAMED-ALY · texte numérisé non relu

I.A SOUMISSION DE MOHAMED-ALY

consistance, si le peuple et Tarmée avaient été disposés à Taîder dans ta lutte. Je me bwlb airêté là. Monsieur le Ministre, car j*ai vu que Méhémet-AU était visiblement affecté. H a lui même fini la conversation en poussant un profond soupir et en disant; & Nous avons commis de grandes fautes »*

Quoiqpi'il en soit, Méhémet-Ali ne se repent pas du dernier parti ipi'il a pris, et chacun le félicite de voir sa position as- Burée* On dit cependant qu'il conserve de Tinquiètude sur les déterminations ultérieures de la Forte et des Puissances alliées à son égard. Il n'est pas bien certain que la convention sera acceptée comme elle a été signée; et ce que vous me dîtes. Monftieur le Ministre, dans votre dépêche du 19 novembre, que Méhémet-Ali devait écrire une lettre par laquelle il ferait sa soumission et demanderait la révocation de Pacte de déchéance prononcée contre lui pour FÉgypte, pourrait faire supposer fpie le Commodore Napier aura outrepassé ses pouvoirs en fesant avec Méhémet-Ali une convention qu'on trouvera peutêtre beaucoup trop digne pour ce dernier- Ce qui parait aussi inquiéter le Vice-roi, c'est la crainte qu'on ne l'oblige à de dures conditions pour la réduction de son armée et de sa flotte et pour Faugmentation de son tribut. Il désirerait surtout être indépendant de ta Porte pour tous les fictes de son administration intérietu-e. Il ne voudrait pas être, à chaque instant, à la merci de tous les firmans qui lui seront envoyés et qu'il devra exécuter; car malheureusement pour lui, tout le prestige de sa puissance est fini, et on ne s'inquiétera plus de ses menaces.

Quant à nous. Monsieur le Ministre, je crois qu'il nous convient maintenant de rester entièrement passifs, au miUeu des débats que l'exécution de la convention peut susciter. Nous n'y avons eu aucune part. INous sommes censés ne pas l'approuver. Nous devons laisser à chacun la responsabilité de Bes actes. C'est au moins ma manière de voir, et je suis bien décidé à ne pas me mêler dans les discussions qui pourront ^voir heu, avant d'avoir reçu vos instructions positives. Je

pense cependant qn'il est très important, ponr Tavenir de notre position en Egypte, où il sera bien constaté un jour que Méhémet-Ali et ses enfans auront dû lemr pouvoir à nos bons offices, et où nous aurons toujours la première influence, qu'il est important, dis-je, que Méhémet-AU et, plus tard, les siens, soient aussi indépendants que possible pour tous les actes de leur administration intérieure, afin que les Puissances qui auront le plus d'influence auprès de la Porte, n'en profitent pas pour se créer, par le moyen des firmans du Sultan, des avantages que nous n'aurions pas, car c'est bientôt sur le terrain des intérêts matériels que la lutte va s'engager et l'An* gleterre profitera sans doute de sa position pour obtenir de la Porte les plus grandes concessions possibles.

Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.

COCHELET

p. s. — Je continue à vous envoyer la copie de la coneB* pondance de Constantinople, qui m'est remise à l'arrivée de chaque paquebot.

Correspondance politique. Egypte, XI, f>« 258-260.

48. — Copie de la correspondance particulière de Constantinople, en date du 8 décembre 1840.

Sommaire: On est satiffait dn rétablissement de la paix et de la reprise des affaires. — On pense qne la Porte sanctionnera la convention Napier. — Mais il faut s*at» tendre que lord Ponsonby continnera sa poUtiqne ponr désarmer complètement Mohamed-Aly et le réduire à la condition de tons les antres gonvemeurs de rEn^iire. — n est à craindre que ses intrigues n*amènent d'autres complications, qui embrooil* leront encore les cartes.

La nouvelle que vous me donnez de Pévaeuation de la Syrie par les Egyptiens et les préliminaires de paix m'ont fait plai-

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