LA SITUATION DE MOHAMED-ALY
f oute de Gaza avait été expédié d^Âlexandrie, et une copie de cet ordre était parvenue en ma présence, au Gouverneur d'EI-Aiich. Ces envois se sont bornés à 600 élèves de l'école de Ghiseh, accompagnés de 100 maugrabins, et de six à sept
' cents au^es irréguJiers que j*ai rencontrés, par détachements, sur la route. J'ai eu fréquemment [^occasion de m'entretenir avec ces soldats. Ils étaient tous informés des événemens de la Syrie, et la plupait d'entr'eux se montraient très disposés à la désertion et à ta révolte.
Sur mon chemin jusqu^à Subabich^ j^ai vu les maisons de poète qui avaient été établies dans le désert par le Vice-roi, saccagées et brûlées en partie. La terre était couverte de feuilles de registres et de dépêches déchirées en miUe pièces^ Les soldats irréguliers avaient repris ces positions, et bien qu^en petit nombre, ils avaient réussi à les garder. Sur une langue de teiïe qui s^avance dans la mer, entre Mazar et Kalich, j'ai vu les traces d'un combat qui avait eu heu peu de jours avant mon passage. 400 Arabes avec leurs femmes
I et leurs enfants s'étaient établis dans ce lieu. Les irréguliers commandés par Osman- aga, chef de 400 hommes, très redouté dans le désert, cernèrent, au nombre de 200, ces Arabes et les massacrèrent ou les noyèrent tous avec leurs familles. Dix seulement furent gardés prisonniers poux être pendus aux murailles de quatre portes environnantes, conformément aux ordres du Divan; et, malheureusement, il m'a été impossible de me soustraire à l'honneur que Osman- aga a voulu me faire, en faisant pendre deux de ces misérables devant moi. Le Viceroi a, en outre, autorisé ses soldats à s^eraparer de tout ce qui
I appartient aux Arabes. Plus de deux mille chameaux leur ont déjà été enlevés sur la route que je viens de parcourir; et chaque soldat irrégulîer en possède quelques-uns qu'il vend à vil prix. En général, cette répression s'annonce d'une manière sérieuse, mais il faudrait dix rniUe hommes dans le déaert de la gauche du Nil, pour exécuter les ordres du Viceroi, et c'est avec peine qu'on en a rassemblé deux mille. A
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Salahiek, lieu très exposé près duquel les Arabes ont dépouillé un eolouel chargé d'organiser les télégraphes; je n'ai trouvé qu'un vieux Bey sous sa tente, venu du Caire avec 25 soldats. Deux bataillons du Nizam, qui se trouvaient là deux jours avant^ venaient d'être rappelés au Caire, tant les ressources militaires sont épuisées.
Votre Excellence pourra le remarquer, je n'ai jamais espéré une résistance efficace et une défense de quelque durée de la part du Vice-roi; et cette opinion s'est fortifiée à mesure qpe je me suis avancé dans 1' ntérîeur de l'Egypte. A Alexan* drie, j'ai fait connaître au Gouvernement du Roi, l'incertitude, pour ne pas dire plus, que j'avais remarquée parmi les hauts fonctionnaires qui environnent le Pacha. Au Caire* j'ai reconnu et signalé des symptômes non moins graves dans de^ sphères plus basses. Enfin, sur la frontière de la Palestine, vivant au milieu d'officiers au service du Vice-roi, mais turcs, j'ai pu juger de l'impatience qu'Us avaient de se soumettre au Grand Seigneur* En un mot, bien loin de pouvoir passer l'hiver sur la défensive, comme on seml»lait l'attendre, le Gouvernement du Vice-roi ne pouvait résister un mois, et son sort a dépendu et dépend encore de quelques boiiil>es anglaises. J'aurais cru manquer a tous mea devoirs si je n^avais fait connaître à Votre Excellence et à son prédécesseur, cette vérité qui m'a été démontrée dès mon débarque* ment en Egypte.
Je n'ai pas fait un long séj our dans ce pays, mais durant ce séjour de deux mois, j'ai suivi le Nil jusqu'au Caire, je Fai côtoyé le long du bras de Damiette, jusqu'au rivage de la .mer, et j'ai continué en parcourant le Uttoral de la mer jusqu'à ,1a Palestine. J'ai passé quelques semaines au milieu des Arabes du désert, puis j'ai séjourné parmi les soldats irréguliei» et les débris des troupes égyptiennes échappées de St. Jean d'Acre et de Jaffa* Les circonstances étaient criticjues, bien propres à faire connaître l'esprit pubUc et la force de l'admi* nistration. Votre Excellence trouvera peut-être à propos qu©