‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 55 sur 189 · LES CHARGES MILITAIRES · texte numérisé non relu

LES CHARGES MILITAIRES

roi est iiisiiifieaiit dane les circonstaiLces actuelles. Abbas Facliâ, qui commande ici, n^est ni homme d'Ëtat ni homme de guerre, et rarmée se souvient de Favoir vu driver à Beyrouth, lors de l'avant*dermère révolte en palanquin, comme vont les femmes, Sald Bey ne compte pas encore parmi les chefs, et Ismaël Bey, gendre d'Ibrahim, a mené jusqu'à présent la vie d'un Mollah ou d'un Iman. Il est à regretter qu^on n'ait pas eu un agent influent près d'Ibrahim Pacha. Avec une soumission en apparence toute turque, il est le véritable Roi d*Ëgypte, et on peut agir gur lui en flattant son excessif orgueil nulitaire. Le récit de la belle retraite de Moreau par la Forêt Noire, fait à propos à Ibrahim Pacha, l'eût ramené en Egypte avant la dernière révolte du Liban, et la question serait toute autre. Soliman Pacha, qui est adoré de Tarmée, surtout des officiers inférieurs, n'a aucune influence sur Ibrahim qui le boude souvent. On nous annonce au Caire en ce moment, l'arrivée d'Ibrahim Pacha à Gaza; ce n'est qu'un bruit. S'il se confirme, et surtout si Ibrahim Pacha ne revient pas seul, la tranquilhté du Caire est assurée. Même d'Alexandrie, il imposera à la Garde Nationale du Caire, rien que par son nom.

En raisonnant, dans la supposition que je me plais à croire fondée, du maintien de Méhémet-Ali et de sa famille en Egypte, il me semhle qu'O sera bon de s'occuper beaucoup et avec ménagement en même tems, d'Ibrahim Pacha, et de ne pas se rebuter, car on ne le trouvera pas sans ressentiments qui ne se calmeront qu'avec le tems.

r C'est que c'est par lui, homme de fatigue et de guerre, que le luxe ne séduit pas comme les autres chefs égyptiens,

\ et qui n'a depuis dix ansa vec lui, comme il le dit, qu'un cheval, un manteau et un sabre, qu'on fera diminuer les états-majors si dispendieux et le faste des hauts fonctionnaires civils, qui plaît à Méhémet-Ali. Cette réforme devient une condition d'existence pour PÉgypte, telle queUe aéra désormais. Votre Excellence en Jugera par cet état

des traitements militaires qu^elle a déjà peut-ètxe en sa possession.

Un Pacha reçoit par mois 60 30.000 90.000

Un Général reçoit par mois 24 12.000 36.000

Un Bey reçoit par mois 6 8.000 24.000

Un lieut.-Colonel reçoit par mois. 6 6.000 18.000

Un Commandant reçoit par mois. 5 2.500 7.500

L^Adjudant et le Chirurgien majors 1250 piastres par mms, le Capitaine 500, le Lieutenant 300, etc.

En outre, chaque officier a un taHh (les rations). Le ta& va jusqa^à 2000 francs par an pour le Bey, 1500 pour le Colonel, etc.

Par six régiments, il y a un Pacha, par quatre r^îmenti un général de Division ou mizmiran, et par deux r^iments un général de Brigade ou mizilivan.

Les généraux ou officiers civils sont payés sur le m&ne pied avec le même Iaî6, en jouissant aussi des rations pour les chevaux.

A mon humble avis, Pagent du Gouvernement français à Alexandrie, (et le nôtre a fait ses preuves de sagesse et d^expérience) devra s^efforcer d^amener le Gouvernement égyptien à diminuer des charges si pesantes, et pour cela il y aurait peut-être lieu, si je ne me trompe, d^insinuer an Vice-roi et à sa famille, que dans la situation nouvelle que vont lui faire les événements, il serait d^une bonne pcKtiqne: 1^ de ne pas poser comme on Ta fait jusqu'à présent devant PEurope (Votre Excellence daignera me pardonner cette expression), mais de se faire puissance africaine et asiatique, car Pavenir de PËgypte est maintenant dans son agriculture, dans son commerce de la Mer Rouge, dans Puti* Kté qu'elle retirera de la proximité de PAbyssinie et peutêtre dans l'application de quelques vues relatives à ees contrées. Elle peut devenir ainsi à la fois, une borne à PAnj^ terre et à la Russie, borne qui paraîtra moins faiUe qu'on ne

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