NOUVELLES D^ABYSSINIE
remplir. Par la dernière, j*écrivai6 que nous devions bien réfléchir sur les acquisitions qui pourraient être faites^ parce que nous n'avions pas, comme les Anglais, des moyens à proximité pour les défendre et qu'elles fourniraient d'ailleurs à ceux-ci un prétexte pour s'étendre davantage, en nous ôtant le droit de faire des représentations au gouvernement de S. M, Britannique, qui nous répondrait qu'il ne fait que ce que nous fesons nous-mêmes.
M, le Président du Conseil me répondit, le 17 janvier der* nier, que les projets dont M. Combes m'avait donné connaissance et qui avaient été communiqués au Couvemement du Roi, n'étaient, au moins jusqu'à présent, qu'une spéculation particulière.
Il paraît que cette spéculation vient de recevoir un commencement d'exécution, d'après ce que m'écrit M, Fresnel, agent consulaire à Djedda, auquel M, Combes a adressé la copie d'un traité qui a été conclu entre lui et M. Broquent, capitaine d'un bâtiment de commerce français, agiesant au nom d'une Compagnie Nanto-Bordelaise, d'une part, et un certain Mohanxmed Hassan, souverain maître et Badina Aly juge et chef de la religion de la ville de Edde d'autre part, lesquels souverain maître et juge concèdent à la compagnie Nanto-Bordelaise, qui se réserve le droit de prendre le titre de compagnie française d'Abyssinie, et moyennant la somme de cent mille francs qu'Us déclarent et reconnaissent avoir reçue, tout le terrain compris entre Pile de Cardonaka et le parallèle qui passe par la roche blanche située au sud-est de Haycock. J'ai l'honneur, Monsieur le Ministre, de vous transmettre une copie de ce traité, telle qa^elle m'a été envoyée par M< FresneL Je n'ai pas été heureux dans la recherche du territoire concédé que je n'ai pas pu découvrir sur mes cartes, aux longitude et latitude indiquées. Je crains bien que la compagnie Nanto-Bordelaise ne re^tte les cent , mille francs qu'on dit avoir été employés dans cette acquisition- } H est parti dernièrement d'ici un français nomjïié Rochet qui a été quelque temps auprès du Roi de Choa, Sahla Sehlassi,
qui Fa chargé d^une mission auprès du Roi. Il doit être maintenaiit à Paris. Je lui ai demandé des renseignemens sur le Roi d'Ethiopie, Sahla Danghaël^ sur lequel votre département m'a écrit le 17 août 1839 et pour qui M, d'Âhbadie était porteur d*uue lettre du Roi* M. Rochet, auquel je l'ai fait redire plusieurs fois et qui pourra aussi vous l'affirmer, m'a assuré qii*il n'y avait pas un Roi d'Ethiopie du nom de Sahla DanghaëL Peut-être jugerez- vous nécessaire. Monsieur le Ministre, dam l'intérêt de la vérité et de l'histoire, de faire expliquer catégoriquement M, Rochet, qui paraît bien informé de ce quiec passe en Âhyssinie et qui était, dit -il, dans les meilleures relations avec le Roi de Choa.
Je suis avec respect- Monsieur le Ministre, etc.
COCHELET
Correspondance politique, Egypte, XI, î^ 272-273,
54* — M. Cochelet à Son Excellence Monsieur Qmoi ministre secrëtmre d'Etat des Affaires Etrangères.
Sohhaibe: Cochelet a vu Mohamed- AJv qui voudrait avoir dca nouvelles de Pam, w^ tamment une réponse à sa lettre au Roi. — Nouvelles de TimpteMion prodnile I Constantinople par la convention Napier. — Irritation de Reachid Pacha et dr lord Ponaonhy. — On prendra dea meaurea pour airëter la retraite dUbrahiiBr Pacha en lui conpant toutea les communications. — On espère cependant qae Ici arraîigements condua par Fainiral Stopford atir commuoication officielle des qattre cours mettront fin an mauvais vooloif de la Porte. *— Cochdet conseille la Vice-roi de donner quelque satisfaction aux populationi pour éviter que leur mécoutentement n*ait des conséquences pour la tranquillité du paya. — Far exemple il serait urgent de licencier La garde nationale. — Mais il est difficile d^agir sur oe vieillard tenace et opiniâtre,
Alexandrie, le 17 décembre 1840, Monsieur le Ministre,
Le paquebot-poste est entré hier seulement dans le port d'Alexandrie, et repart aujourd'hui. Il ne m'a apporté aucune dépêche de Votre Excellence, et je n'ai rien d'important