GALLICE ET LE PACHA
les alentours du Pachs
^ 'efforcent de jeter
sur la conduite de la France à Tégard de TÉgypte, leur font momentanément quelques prosélytes parmi ceux qui ne savent pas lire: mais la lecture des journaux français et surtout des explications données à la tribune à Toccasion de la rédacction de Padresse au discours de la Couronne, aura bientôt démontré que c'est à la France seule que le Gouvernement é^^tien devra sa conservation* Lorsque cette vérité, qui fait des progrès tous les jours, aura pénétré dans la masse des officiers, l'influence de la France sera alors à peu près ce qu'eUe était avant les derniers événemens et cette inâuence ne pourra que grandir pour peu qu'on cultive les germes de civilisation toute française qui commencent à se montrer dans la génération que l'ordre naturel doit faire succéder à celle qui depuis plusieurs années a, dans son seul intérêt, laissé ignorer au Pacba le véritable état des choses, sous le rapport de la misère générale sauf au sein des familles que j'ai désignées plus haut* Eln ce moment, je dis:
K qnil s'opère depuis une vingtaine de jours une réaction
qui poussera à la guerre dans le cas où la part qu'on fera à Mébémet-Ali serait trop exiguë;
qu'il pourrait bien y avoir un changement complet dans
Ile divan au moment oi^ Ibrahim sera de retour auprès de son père;
que celui-ci, appuyé sur son fils toujours aimé de Parmée, sans avoir l'espérance de lutter avec avantage, seul, contre les quatre Puissances, préférera, ainsi que sa famille, s'ensevelir sous les débris du trône, ouvrage de sa vie, si l'œuvre d'abaissement qu'on exécute contre lui est poussée trop loin ;
I que dans le conflit qui en résulterait, il y aurait beaucoup
de sang de répandu à cause de la force réelle dont il disposera aussitôt qu'elle sera dégagée de l'alliage impur qui la neutralise;
p et enfin, que la France aura toujours un très grand
nombre de partisans pour peu qu'ils puissent croire qu'elle
têê
sera toujours, comme jusqu'à présent, la protectrice de rintérêt égyptien.
Dans rhypothèse d'une guerre dans lac^eUe la France in* terviendrait, on pouiirait, sans trop de présomption, espérer de mettre le Pacha à même de ressaisir la Syrie^ moyennant un corps de dix mlUe honmxes et «pielques mariiis expérimentés, pleins d'abnégation et d'un caractère éminemment conciliant, afin de ménager l'amour-propre de ceux qu'ils auraient à diriger. Cette assertion sur la Syrie ne paraîtra pas bazardée si on jette les yeux sur l'état actuel de cette province et si on tient compte de l'esprit qui anime quelques tribus influentes du Liban, en faveur de la France, et même encore en faveur de l'Egypte.
Dans mes relations avec le Pacha, je me renferme dans la spécialité qui m'a été confiée; lorsqu'il me questionne sur des objets qui s'en écartent, j'émets francbement mon avis, maifl en termes mesurés et de manière à n'assumer sur moi aucune espèce de responsabilité. Mes entrevues avec Im depuis le$ derniers évènemens, bien qu*il me montre toujours la plus grande bienveillance, ont cependant un côté pénible, surtout pour lui, qui, dans plusieurs circonstances, me parlait de bombardement, et en général des affaires, de la guerre, avec uo grand courage, comme si sa puissance devait y puiser im grand aplomb, Il était bieçi persuadé qu'il y trouverait Toecasion de prendre la revanche des revers de Syrie, Je ne sais pas si je me fais illusion, mais il me sentie qu'il vieillit sen* siblement tous les jours et de toutes les manières. Parfois je me demande ce que deviendrait l'Egypte en l'absence d'Ibrahim, s'il venait à succomber sous les coups qui l'accablent. Sald-Bey, son second fils vient de partir, avec regret, c'est de lui que je le tiens, pour une mission agricole, dans le haut Sabir é; je fais des vœux pour que les belles espérances que donne ce prince puissent un jour se réaliser, nul doute qu^alon PËgypte ne le compte au nombre de ses bienfaiteurs, et la civilisation parmi ses plus zélés apôtres «