POLITIQUE ANGLAISE
iment, en être venu au point d'être obligé de se soumettre à toutes les exigences de la Porte, aidée par les Puissances signataires du traité de Londres. Il serait possible, cependant, que rarméed'Ibrahim-Pacba» secondée par des forces imposan* tes, auxquelles il comtnuniquerait son énergie, pourrait opérer en Egypte une réaction qpii ne serait certainement pas de longue durée; maie la Porte regretterait de s* être laissée dii-iger par les conseils de lord Ponsonby, au moment où tout
k^^mble terminé d'une manière pacifique.
J'ai l'honneur de vous transmettre encore une ce pie de l^ correspondance de Constantinople, adressée à Tagent ^^ Ibrahîm-Pacha, qui continue à la mettre sous mes yeux. J'ai é «: "^ particulièrement frappé du langage qu'on y fait tenir à l^^xd Ponsonby, dans une conversation avec Reschid Pacha, r^ï^i^îvement à Méhémet-AU, que des personnes qui se trouv-^ût auprès de lui, seraient disposées, dit-il, à enlever et à x^ mettre à l'escadre anglaise. Je crois que lord Ponsonby ' jixoi^tre beaucoup trop de confiance dans la trahison des indi^dus qui entourent le Vice-roi; mais il est certain que Ton ^fta. oonçu des doutes sur la fidélité et la reconnaissance de quel- ^■q["tie8-uiis d'entr'eux. On a été même jusqu'à dire que Boghos- Bey était vendu à l'Angleterre, et ce bruit s'est surtout accrédité, lorsqu'on a vu, dans la lettre de lord Palmerston fiu 14 novembre, adressée aux Lords de l'Amirauté et jointe & ma dépêche du 11 décembre, que l'officier anglais envoyé À Méhémet Ali devait avoir une conférence en présence de Bogho£,-Bey. Ce qu'il y a de très positif, c'est que ce Ministre toujours montré une prédilection particulière pour TAngle- ^tcîrre^ dont il a été très anciennement un des Drogmans, et <jmx*il a constamment cherché à favoriser les négocians anglais a.ix:3c dépens des nôtres.
J^ai omis de vous dire, Monsieur le Ministre, dans ma dépêche n. 233, en vous parlant de Jérusalem, un fait que j'ai appris seulement hier: il paraît que les Arabes avaient frappé uxie contribution de deux piastxee par jour sur les Chrétiens
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et d'une piastre sur les Juifs. Les habitons s'étaient adressés au général égyptien Ismall Bey qui est à Gaza pour avoir des secours. Celui-ci avait écrit à Méhémet-Ali qui ne lui a donné aucun ordre d'agir. Il a montré au contraire une véritable satisfaction en apprenant que Ton conunençait à regretter son autorité protectrice.
Je suis avec respect. Monsieur le Ministre, etc.
COGHELET.
Gomtpondanoe pofitiqoe. Egypte, XI, f» 285-289.
62. — M. Coehelet à Soe Ezcelence Monsietir Guizot ICuistre Secrëtaiie d'Etat des Afiaiies Itrangères.
SoiotAiiŒ: Vue d*eiu«mble sur l 'aimée 1840, — Coehelet rappelle qu'il écrivait un an âuparav^Dt ce qui »'c»t à peu près réalisé. — AgltatioD eu Syrie et en Pales tiue contre les acitsenients des Turcs revenus. — On recommence à t avaniser s Itê Gkrétiens et les Juifs. — L^anarchie va redevenir Tétat habituel de la Syrie. — Ibrahim Pacha est toujours à Damas et son armée y est eu très bon état. ^ Cependant Mohamed-Aly désire beaucoup le voir revenir en Ê^pte afin d^étre prêt à tons le4 événements. — Le Vice-roi se réjouit miûntensint d^avoir le gouveraernent héréditaire de rÊgypte, afin de se consacrer désormais entièrement à sa prospérité. Cependant il n^a pas cessé de préparer tous ses moyens militaires, et la flotte tttr- ({ue ne fait aucun préparatif pour se rendre à Constantinopie,
AJexandiie, le 2 janvier 1841.
MoNsiEUH LE Ministre,
X^année 1840 vient de finir. Je pourrais presque résumer
tc^mjê les événemens qui s'y sont passés, par la dépêche que j*é-
CK-mvais, il y a un an, à votre département. Je ne m^abusais
p^^^« dès lors sur la puissance de Méhémet-Alit II semblait
q^«-me je prophétisais, en quelque sorte, tout ce qui est arrivé.
« 31 est certain, disais-je, que la résistance de Méhémet-Ali
8^:«ra inutile. Son armée sera battue. Il y aura des défections
t^WL mx très grand nombre de déserteurs. Les Turcs de la S}Tie,
ncm^contens du joug égyptien, se révolteront peut-être. Ils
^^:«'ont satisfaits d'un autre ordre de choses. Les Chrétiens re-
ÇM-^ltcront le gouvernement de Mébémet*Ali. Les avanies, les
vole à main armée, les pillages recommenceront. Le désordre
fi^^xa partout comme autrefois. Voilà ce qu^on aura gagné
à rendre la Syrie à la Porte, qui ne pourra pas y maintenir son autorité, ni percevoir les impôts ». C'est ce que contient ma dépêche poEtique du 5 janvier 1840, n. 160* J'ajoutais: «La question de la SjTie terminée, on songera peut-être à anacher l'Egypte à Méhémet-Ali qui cherchera à éterniser la guerre. Il n*y a aucun doute que les Turcs, aidés par des troupes et des escadres étrangères, finiront par le réduire. Il est même probable que Tarmée égyptienne ne ferait pag une longue résistance. Quant aux deux flottes, elles ne tiendraient pas contre Tescadre anglaise seule. Le pouvoir de Mébémet-Ali peut donc être assez facilement anéanti; mais après l'avoir détruit, comment et par qui le remplacera-t-on? Quels avantages la Porte trouvera-t-elle à un autre ordre de choses? Ses nouveaux Pachas pourront* ils maintenir leuT pouvoir? Les revenus se percevront-ils phis facilement? Le commerce sera -t 41 plus florissant? Il est probable, au contraire, que les insurrections, les désordres, les dilapidations. les vols et les pillages recommenceront comme au temps des Mameloucks et des Beys. Au milieu de cette anarchie, l'Angleterre trouvera peut-être plus de facilités pour organiser ses relations avec Tlnde. Elle demandera à la Porte le prix de son assistance. Elle occupera quelques points sur les deux mers, qu'elle fera fortifier. Elle abusera peut-être de son pouvoir, et, quand le moment sera venu, elle fera en Egypte cr que les Russes feront en Turquie »,
Cette dernière partie de ma dépêche n'est pas applicable à la situation actuelle, puisqu'on ne songe pas^ il faut du moin.^ le supposer, à enlever TÉg^^te à Méhémet-Ali; mais j'ai cm devoir vous montrer. Monsieur le Ministre, de quelle manièie l'envisageais, au commencement de rannée dernière, les évcnemens qui se sont réahsés à l'égard de la Syrie, et ceux qu'on aurait pu craindre relativement à l'Egypte.
Ainsi que je l'annonçais alors, les Turcs de la Syrie sont satisfaits du nouvel ordre de choses^ et les Chrétiens commen* cent à regretter le gouvernement de Méhémet-^\li, Vous ver-