CIRCULAIHE DE MOHAMED-ALY
rez par xme lettre de M- de Ratti-Menton, en date du 12 décembre, que M. Gûys lui-même a écrit d'Alep que, depuis révacuation de cette ville, les principaux Turcs, profitant de Fabsence de toutes troupes, avaient commencé à inquiéter les Chrétiens et les Juifs et à les avaniser, comme on dit en Orient, Les communications entre les villes étaient très difficiles. On arrêtait les courriers. On dévalisait les voyageurs. Cette anarchie ne résulte pas seulement de Tabsence de quelques autorités et troupes turques. Elle va devenir l'état habituel de la Syrie, et la Porte, qui a tant convoité le retour de cette province sous son pouvoir, sera impuissante, comme je le disais encore, pour y maintenir son autorité et y percevoir les impôts*
Ibrahîm-Pacha est encore à Damas* On écrit, en date du 14 décembre, que ses troupes étaient en très bon état; qu'eUes avaient des vivres pour deux mois, et que le nombre des malades avait considérablement diminué. Méhémet*Ali a reçu de Gaza, par Ismaïl Bey, qui s'y trouve toujours avec quelques forces restes de la garnison de Saint- Jean d'Acre, l'avis qu 'Ibrahîm-Pacha ne pourrait probablement pas effectuer
retraite avant le mois d'avril, a cause du froid, de la mau* aise saison et des mesures à prendre pour l'évacuation et le passage paisibles d'une si grande armée.
Méhémet-Ali, qui craint probablement qu'on n'interprète dans un sens différent l'inaction forcée de son fils, a fait prier,
ty a déjà quelque temps, l'amiral Stopford de faciliter sa reaite par tous les moyens possibles. Il lui tarde d'aiUeurs de le voir revenu en Egypte avec toutes ses forces, afin d'être prêt à tous les évènemcns. Il conserve une grande inquiétude SUT les intentions de la Porte à son égard, parce qu'il n'a reçu jusqu'à présent aucune réponse à sa lettre du 10 décembre dernier, adressée au Grand-vizir, qui a été portée par un officier anglais. On espère que notre Paquebot, qui doit arriver après -demain, fera connaître les motifs de ce retard.
Depiiis que Méhémet^Ali a mieux connu ses troupes et son
peuple, il n'a plus eu d'autre désir que d'avoir le Gouvernement héréditaire de l'Egypte. Le jour même de la convention faite avec le comnkodore Napier, il avait adressé à toutes les administrations de l'Egypte une circulaire pour motiver 8on acceptation de la convention. Cette pièce si curieuse a déjà été publiée imparfaitement dans quelques journaux. J'en ai fait faire une traduction exacte que j'ai l'honneur de vous adresser. Elle donne une idée de l'esprit de fatalisme et dV tuce des Turcs; mais elle a été faite aussi par Méhémet-Âli, dans un autre but. Il a voulu au moment où des signes de mécontentement s'étaient manifestés parmi quelques populations, qui voyaient avec peine que le pouvoir devait rester entre ses mains et celles de sa famille, montrer à celles-ci ^e c'était désormais un fait accompli, et leur offrir en perspective les bienfaits de l'industrie, du commerce et de l'agriculture. En attendant, on augmente plutôt qu'on ne diminue le nombre des réserves. Les exercices à feu continuent comme à l'ordinaire. Des revues d'inspection ont lieu sur tou6 les points. Les Pachas revenus de l'Arabie sont constamment occupés à faire faire des manoeuvres à Icugts troupes. La garde nationale est toujours soumise à des exigences inutiles. La flotte égyptienne ne désarme pas. La flotte turque ne fait aucuns préparatifs pour se rendre à Constantinople. On paraît toujours être sur un pied de guerre, et cependant la paix semblait être décidée par l'acceptation de la note présentée, le 8 décembre, par un capitaine de la marine anglaise, au nom et par ordre de son Gouvernement et des Puissances Alliées.
Je suis avec respect, Monsieur le Ministre, etc.
COGHELET.
Correspondance politique. Egypte, XIII, £«• 4.-7.
INSTRUCTIONS A MAZLOUM-BEY. 183
63. — Béponse du Ghrand-Vizir à M6h6met-Ali en date des premiers jours de janvier 1841. W
SomiAnaB: Sa EEanteaae a accaeflU avec Batisfaction la lettre de Mohamed-Aly, et elle est di^KMée à accepter sa ■oimiiiaioii; donc dès qoe la flotte torque aura été vendne et que les pays que Ton sait auront été évacués* et que la nouvelle positîve en sera parvenue à Constantînople, Mohamed- Aly sera réintégré dans le gouvernement de l*£gypte. — Deux officiers turcs sont envoyés à Alexandrie avee les instmctions nécessaires.
Alesandrie, le 6 janvier 1831.
J^ai pris connaissance du contenu de la belle dépêche que vous venez de m'envoyer en date du 17 chewal (le 11 décembre), et qui a été mise aussi sous les yeux de Sa Majesté Impériale.
On voit par la communication de Votre Altesse, que vous avez formé le dessein de faire véritablement votre soumission à Sa Hautesse, et qu^en preuve même de cela vous avez pris le parti de rendre immédiatement la flotte impériale, et de remettre sans délai certains endroits situés hors de PËgypte.
L'intention et les bonnes dispositions que vous venez de manifester étant d'un heureux présage pour Padoption et la mise en pratique du bon système et des bons procédés voulus. Sa Hautesse les a justement appréciées.
Dans toutes ses afi'aires, dans tous ses procédés, la Sublime Porte, guidée par des sentiments équitables, a pour maxime de ne point s'écarter des règles de la modération.
C'est pourquoi Sa Hautesse est disposée à accueillir favorablement la soumission que vous avez ofierte et à pardonner à Votre Altesse complètement.
Aussitôt donc que, conformément à votre engagement, la flotte impériale sera sortie du port d'Alexandrie et expé-
(1) En ce vohmie XUI de la Correspondance politique d*Égypte, on a inséré ime broclmre de 32 pages (folios 9-39) qui reproduit la plupart des pièces de Ip négociations turco-égyptienne du l*' janvier au 28 mai 1841.-
Nous les rétablissons autant que possible dans Tordre cbronologiqDe.
12 JANVIER lÈ4h
diée avec tous les officiers et tous les équipages, quelques personnes bien connues exceptées^ et avec toutes les armes et toutes les munitions, et que les endroits qu^on sait auront été remis sans délai aux commissaijes de la Sublime Porte, et que ce seront là des faits accomplis, c*est-à*dire, lorsque la nouvelle positive en sera parvenue ici, il est décidément résolu qu'alors Sa Majesté Impériale daignera réintégrer Votre Altesse dans le Gouvernement de T Egypte, Cette manière de voir de Sa Hautesse, et les opinions pacifiques et bienveillantes des Grandes Puissances s^accordant parfaite* ment sur ce point, cette résolution a été portée officiellement à la connaissance de MM, les Représentants des cours alliées. Son Excellence Mazloum-bey effendi, l'un des principaux employés de la Sublime Porte, et membre du Conseil de justice, ci-devant Mouetéchar de l'amiranté, a été chargé de Texécution des instructions nécessaires; et le Férik de la marine impériale, le très-distingué Yaver-pacha, est chargé de prendre le flotte impériale et de la conduire ici.
On laisse à votre sagacité à faire ce qu^il faut.
Cofrêtpondance politique* Egypte, XIII» f^ 9 et euiv.
64. — Ins tractions données par le 0rand-TMr à Mazlonm'' bey, sons la date du 12 janider 1841 (19 zilhadé 1256).
Sommaire: Dans la lettre adressée à Mohamed-ÂJy il D*eit pat cpiettion de lliérédite. — Cependant il e«t certain qne, d*accord avec lea Puissances, dès que la lomniisian aura été prouvée par les actes correspond an ta^ ■ Sa Hantesae dctgnflfm le rétablir dan» le gonvernement de TEi^ypte, avec dfoit d'hérédité ». — On s'occupe à établir les conditions dn nouvean régime cpii sera appliqué à TËgypte; si une seule des conditions qui auront été établies n^est pas observée, l'hérédité •va abolie. — Maaloum-bey fera vob, au besoin, à Mohamed* Aly» 1a préteate dépêche*
Dans la lettre que j^ai écrite et envoyée par Votre Excellence à Son Altesse Méhémet Ali-Pacha, il n'y a rien de clair ni de précis relativement à l'hérédité du gouvernement de