‹ L'Égypte et l'Europe; la crise de 1839-1841;Chapitre 77 sur 189 · MOHAMED^ALY ET LE DËPART DE M. CQCHELET · texte numérisé non relu

MOHAMED^ALY ET LE DËPART DE M. CQCHELET

jî pussent faire douter de ses sentiments, mais S. A., consi- ^^r^ant sa présence utile à la population de Candie et au m^^^^n-être de ses adnainistrés qui avaient toute la sollicitude ^^^^ Gouvernement égyptien, lui a ordonné d'accepter Foffre ^y^*^iciense du Sultan, pour le bonheur des peuples confiés à ^^^ soins.

Recevez, etc.

Signé: Boghos Youssouf

C^K-xetpondance politiciae, Éfypte, XIII, f^ 76-77.

^72. — M. Côchelet à Son Excellence Monsieur Oiûzot IQniBtre Secrétaire d*Etat des Affaires Étrangères.

3C9BCMAIRE: MohAined Aly a appris par lei journaux qae £ùchelet avait demandé un congé: il le fait venir et se plaint qu'il ne l'ait pai averti. — La conversation •e prolon|;e. — Cochelct explique an Vice-roi les raisons de la réserve qu'il a cm devoir garder pendant, les derniers événements; il eat certain que Théréditê da rËgypte lui sera accordée par égard pour la France; les difËcultés de détail qn^il faut prévoir seront résolue» précisément par le fait de Tintervention de la France, — Mohamed Aly se montre visiblement ému. — H aborde ensuite le a chapitre de la haute politique »». — Il eepère un rapprochement de la France et de la Russie. — Côchelet lui conseille de se tenir dans les meilleures relation i avec la Porte et de gagner Fentière confiance du Sultan, pour consolider définitivement ia puissanc« en Egypte en rendant son peuple le plus heureux possible. — Le Vice-roi répond qu'il va donner tous ses ioîns à T agriculture. — La flotte turque est maintenant hors du port. — On a quelques nouvelles d*Ibrahim-pacha; dans son BUKTvement de retraite, il avait dépassé Tibériade. — Quelque agitation dans les troupes de Gaza, — La peste aux environs dn Caire; on craint qu^elle ne s^étende ■vec l'arrivée des troupes. — Aux dernières nouvelles, Farmée d^Ibrabim était à Ramleh près de Gaza^ — Ma^loum bey a affirmé à Mohamed Aly que le firman qtti loi accorde Tinvestiture héréditaire de l'Egypte avait été signé par le Sultan.

Alexandrie, le 22 janvier 1841.

Monsieur le Ministre,

Je n'avais pas fait part, à Méhémet-Ali de la demande d'tm

congé que j'ai eu rtonneur de vous adresser le 27 novembre

demier. Les journaux de Paris jusqu'au 5 de ce mois, qui sont

arrivés le 17 par le bateau à vapeur Anglais, VOriental^ lui

en ont doimé connaissance. Il en a paru très surpris, et il

a chargé aussitôt un des oflBciers de son palais de me prier de passer chez lui. Je m'y suis rendu hier, « Comment, me dit "il, avec bîeuconp de bienveillance, vous voulez me quitter, et vous ne m*en avez rien dît ?n. Je l'assurai que le désir de revoir ma femme qui est très souffrante, après en avoir été longtems séparé, avait décidé la demande que j^avais eni devoir vous faire, aussitôt que j'avais pensé que son ëort était définitivement fixé, si non comme nous l'avions désiré, au moins, d^une manière assez convenable; mais que j'espérais encore le revoir et que je lui serais d'ailleurs utile en lui adressant de Paris de bons conseils. Je lui demandai alors la permission de rester en relations avec lui. et Je l'espère bien, a-t-U ajouté, car j'ai xme grande confiance dans vos conseils et je regrette seulement de ne les avoir pas toujours suivis».

Ce début était le prélude d'une conversation fort intéres* santé, dont je vais avoir l'honneur de vous rendre compte.

Je lui disais qu'il ne devait pas m'en vouloir, si je m^étais tenu à l'écart dans les derniers tems, mais cpie j'avais cru servir encore ses intérêts en ne paraissant m'immiscer, eu aucune manière, dans les arrangemens qm venaient d'avoir lieu, li Votre Altesse sait que, dans le cours de ma mission, j'ai toujours chercbé à m'effacer autant que possible, afin de ne pas donner d'ombrage aux agens des autres Puissances qui auraient pu croire que je voulais ni'emparer de toute sa confiance, et il n'a pas dépendu de moi qu'on n'ait fait grand bruit de IHnfluence dont je jouissais auprès d'elle, parce que vous me témoigniez beaucoup d'estime et de bienveillance* J'ai cru maintenant que je devais paraître, en quelque sorte, cesser mes relations avec Votre Altesse, pour laisser les Agens anglais se persuader qu^Us étaient entièrement maîtres du terrain et qu^ils ne trouveraient de la part de la France aucun obstacle à leurs projets. Je trouvais, d'aiUeurs, dans cette conduite, une satisfaction d'amour-propre, ear je ne pouvais paraître satisfait d'une négociation qui s'était faite sans notre concours ». « J'ai bien compris votre attitude, dit Méhémet-Ali,

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