LES ENNEMIS DU VICE^ROI
«ager cette conduite de mon gouvememeiit, ce n'est qu'une canfidence amicale que je vous fais et j 'espère que vous ne l^ divulguerez pas. Dans la position ou vous a placé le traité Jim 15 juillet, vous avez une grande Uberté d'action, et vous J^vez en profiter. Je me fais un devoLr de vous observer que si v^c^us la négligez, vous en aurez de grands regrets plus t^ijd, et il sera peut-être bien difficile de réparer le mal q-mme vous vous serez fait* Ne craignez rien de la ratifia ç^^tion de la convention Napier; cette faute ne doit nullement v-^:>iifl décourager et vous devez continuer à soutenir bonora- ]^)^^ment vos droits. L'hérédité que vous lui accordez et qu'il D^^ mérite pas ne doit pas vous empêcber de lui faire vos conjj^itions, vous êtes en droit de les lui imposer, et telles que je v-c>\is les ai dictées. Si votiB ne les lui imposez pas, vous verrez qxic dans 2 ou 3 ans il chercbera à rompre ses engagemens* 11 est de votre devoir de prévenir de nouvelles complications çne peut-être alors vous ne pourriez plus aplanir. Vous conmaiesez très bien l'anibition de cet bomme, ainsi que celle de son fils Ibrabim, il faut par conséquent les brider, non seulement pour le présent, mais encore pour l'avenir Vous m^observez que vous craignez des conséquences très graves si vous ne terminez pas le plus tôt possible: je vous répondrai qu'à cet égard vous vous trompez, Permettez-moi de vous observer que l'année passée à cette époque, vous étiez disposé à traiter directement dans la crainte que l'Angleterre ne vous abandonnât. J'espère qu'aujourd'hui vous êtes revenu de votre erreur, car toutes mes prédictions se sont réalisées. Aujourd'hui je vous engage de nouveau à suivre mes conseils; mon gouvernement sera obligé de vous soutenir^ il ne lui convient pas de vous abandonner »•
Un pareil entretien prouve clairement que le Ministre anglais a voué une baine toute particulière au Vice-roi et qu'il cherche, soit par la persuasion, soit par l'intrigue, à embrouiller \t% afifaires. L'Envoyé de Russie et l'Ambassadeur de France cherchent par tous les moyens possibles, à contrecm'p
rer sa politique* On voit parfaitement que le Russe et le Français ne sympatliisent pas avec TÂnglais; chaque fois que ce dernier se trouve dans une société, les deux premiers ne sV rendent pas; enfin ils ne se parlent que par nécessité. Je vous citerai une circonstance qui a eu lieu dernièrement; au premier coup d'œil elle paraît étrangère à la politique, mais quand on y réfléchit, on la trouve digne de remarque. Le 23 de ce mois, M, Thomas RalU a donné une grande fête à tout le commerce et au corps diplomatique des grandes et des petites Puissances; il y a eu un grand dîner; mais il n'y avait en fait de Diplomates que l'Envoyé de Russie et l'Ambassadeur de France M. de Pontois n'a été invité que parce que M, RaUi a demandé à rEnvoyé russe quel était le Ministre qui lui aurait été agréable et qu'il devait inviter, et par ce que rEnvoyé Russe a désiré avoir, à table, M, de Pantois à ses côtés.
Comme je vous Fai déjà écrit, que le Vice*roi ne se presse pas à faire un traité honteux, si la Porte a l'intention de le lui imposer; qu'il ne discontinue pas ses armemens, et s^il croit pouvoir résister trois mois encore, qu'il n'évacue même pas la Syrie, car son attitude menaçante donnera de 1 -occupation et des soucis à l' Angleterre. Je vous le prédis, et le tems vous le prouvera, la Russie joue un double rôle dans le traité du 15 juillet, elle marche parfaitement d'accord avec la France pour contrarier l'Angleterre. M, de Pontois et l'Envoyé russe font tout leur possible pour renverser Reschid Pacha et ils y réussiront; répo<pie n'est pas éloignée où ce Ministre devra tomber; il est parvenu au comble de la grandeur, et il corn* menée maintenant à décliner; la résistance du Vice-roi« tant en Syrie qu'en Egypte, contribuera beaucoup à sa chute qui fera changer la poUtique de la Porte et vous verrez re» venir en faveur Khosrew et HaUl Pachas, Mais pour que le Vice-roi puisse prendre une bonne attitude et qu'elle soit im* posante, il faut qu'il fasse tout son possible pour contenter son armée, et surtout qu'il la paie exactement et en abon-*
tA POLITIQUE ANGLAISE EN ORIENT.
dance, pour que les Anglais ne puissent pas agir par le moyen de la corruption. Quoique le Ministère français désire conserver la paix, la guerre paraît assez probable pour le prîntems procbain. Il est à présuTifer que la France et la Pussie n'ignorent pas les conventions secrètes qui ont eu lieu entre Lord Ponsonby et Reschid Pacha pour la navigation anglaise sur rEuphrate. Quoique cette convention ait été con* due avec le plus grand secret, et qu'elle ne puisse s'exécuter que dans deux ans pour ne pas donner de l'ombrage à la Russie et à la France^ les principales sont conçues en ces termes* La ville de Beyrout servira d*entrepôt général poux les produits d'importation et d'exportation, appartenant au commerce anglais; de grands magasins seront construits aux frais de l'Angleterre; elle y bâtira également un hôpital pour ses malades, et une caserne pour 500 soldats avec armes et bagages qui y seront installés poxir la défense des propriété anglaises contre les attaques des Drupes. Six bateaux à vapeur navigueront librement sur PEupbrate. Divers postes militaires anglais seront placés sur divers points des rives du fleuve pour en protéger la navigation.
Reschid-Pacha n'ose pas faire connaître de suite ce traité au Sultan, par ce qu'il est sûr qu'il ne le reconnaîtrait pas; et U attend un moment favorable pour le lui communiquer, La Sultane Mère a déjà prévenu son fils de la trahison de Reschid Pacha qui a vendu la Syrie aux Anglais. Le Grand Vizir et le Cheik-ul-Islam sont indignés de la conduite de Reschid, Je ne crois pas que la bombe tardera à éclater. Je vous dirai aussi que tant que Lord Ponsonby restera à Constantinople, Reschid conservera son poste, parce que le Sultan, par défaut d'expérience, a une grande vénération pour le Ministre anglais; mais comme il ne tardera pas à être rappelé, la déchéance du Ministre turc ne tardera pas à être prononcée parle Sultan,
CofT««p<»Ddaiice politique. Egypte, Xlli, £<»• 97100.
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30 JANVIER I84h
80. — Note adressée» le 80 janTier 1841, par Messieiirs les Plèmpotentlaires d'Autxiché, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Bussie, réunis en conférence à Londres, à CheMb-Efiendi, Ambassadeur de la Porta Ottomane.
SomCAlBE: Sur les liéritalioiis de la Porte à accorder rhérédité à Mohamed Aly: Ifli qaatre cdut«, après s'être concertées, sonl d*accord pour conseiller à Sa HauteiN d'attribuer Le gonvemement de r£gypte à Mohamed Âly et à sefl héritieTièa]i|De directe: ce sont les proprei intentions dn Sultan aux origines de la crise. — Lm soussignés rappellent la convention de Londres: elle stipule que toutei lei loil et tous les traités de TEmpire ottoman s'appliqueront an pachalikd* Egypte, qo» les forces de terre et de mer de T Egypte font partie des forces militaires de r£mpira ottoman. ** Si ces conditions ne sont pas observées, Thérédité pourra ètti révoquée. — Ainsi rien ne pourra porter atteinte aux devoirs que le pacha d^' gypte aura à remplir comme sujet du Snltan,
Les sousBignés, Plénipotentiaires des Conrs d^Autrichc, de la Grande-Bretagne, de Prusse et de Russie, ont mûrement pris en considération la dépêche de Réchid Pacha en date de Constantinople, le 13 chewal 1256 (8 décembre 1840), que Son Excellence Chekih Effendi, ambassadeur de la Sublime Porte, a reçu Tordre de communiquer au Principal Secrétaire d'État de Sa Majesté Britannique, ayant le Département des Affaires étrangères, pour être portée à la connaissance des Représentants des Cours signataires de la convention du 15 jmllet.
Cette communication énonce Phésitation que Sa Hautesae le Sultan éprouvait à accorder à Méhémet-Ali le gouvernement héréditaire du Pachalik d'Egypte.
Les soussignés, après avoir voué à l'objet de cette communication l'attention la plus sérieuse, ont résolu, d'tm commun accord, d'inviter Son Excellence Chekib Effendi à soumettre, à cet égard, à la SubUme Porte, les considérations suivantes.
Ils se font un devoir de signaler, d'abord, qu'à la date de la dépêche susmentionnée de Récbid Pacha, les Représentants des quatre Cours ne s'étaient pas encore acquittés collectivement, auprès de la SubUme Porte, de la démarche conc^ée à