‹ L'Egypte et l'EuropeChapitre 13 sur 85 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

L'OKIENT.

notion hiato- L'orient est Une notion historique non moins que Teurope.

La notion de Torient ne date que de la naissance de son antithèse, Toccident, qui fut d'abord Toccident romain ou latin, ensuite Teurope. Cependant, l'orient a existé, bien des siècles avant cette époque, comme un ensemble de territoires et de peuples liés entre eux par la guerre , la conquête et l'immigration , par les relations pacifiques et les influences réciproques; comme un monde à part, théâtre d'une civilisation précoce, distinct également de l'extrême orient et des pays du nord et de l'ouest habités par des nations encore barbares ou retardataires. L'ancien orient comprenait, outre les égyptiens et les touraniens nouvellement découverts de la babylonie et de la susiane, de nombreux peuples sémitiques et aryens. Toutes ces populations étaient répandues sur un territoire composé de pays contigus, de l'égypte, de la syrie et du reste de l'empire perse jusqu'à l'Indus , enfin de l'ancienne grèce avec ses îles. Par les colonies phéniciennes et grecques une partie du littoral et des îles de la méditerranée, de la mer égée et de la mer noire fut ajoutée au territoire primitif. Les populations de l'orient furent violemment rapprochées par les grandes monarchies conquéran-

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tes, dont chacune embrassa plus de pays et de sujets que ses devancières. Aux empires d'assyrie, de babylone et de perse succéda enfin l'empire macédonien ou hellénique d'Alexandre le grand, qui embrassa tout l'orient primitif sans les colonies phéniciennes et grecques du littoral et des îles de l'occident de la méditerranée , mais avec la macédoine et la thrace. L'empire d'Alexandre tomba bientôt en lambeaux, mais ces lambeaux furent recueillis par les romains, sans les provinces orientales qu'ils ne purent enlever aux parthes et aux néo-perses, mais avec la cyrénaique. La partie orientale et hellénique de Tempire romain devint ensuite l'empire d'orient où dominaient la langue et la civilisation grecques, tandis que les possessions phéniciennes et grecques de l'occident furent latinisées, y compris la grande grèce, la sicile et Carthage. L'islamisme amena non la dissolution mais une modification profonde de l'orient. D'abord, l'arabie, jusqu'alors isolée, y fit son entrée d'une manière aussi éclatante qu'inattendue. Elle conquit rapidement l'empire néo-perse et une bonne partie de l'empire grec. Ainsi tout l'orient se trouva partagé entre ce dernier empire et l'empire arabe, et, sans compter les juifs, entre le christianisme oriental et l'islamisme. La conquête musulmane recula les limites de l'orient, en lui annexant, par l'introduction de la religion du prophète, de la langue arabe et de la civilisation arabo-musulmane, tout le nord latin de l'afrique. Depuis, l'empire grec fut assailli par des peuples slaves et touraniens — serbes , bulgares , valaques et turcs — qui s'établirent sur son territoire , adoptèrent la religion grecque et subirent plus ou moins l'influence de la civilisation byzantine. De même l'empire musulman fut conquis et désorganisé par des hordes touraniennes de turcs seldjoukiens et ottomans et de tartares ou mongols, qui adoptèrent l'islamisme et subirent fortement l'influ-

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ence de la civilisation arabo- et perso-musulmane. Enfin, et ce fut la dernière transformation de Torient jusqu'aux événements de notre siècle, la perse reparut au commencement du seizième siècle , et les turcs ottomans étendirent leur domination sur tout le reste de Torient, excepté l'arable et le maroc. Avec la conquête turque l'islamisme devint la religion imique ou dominante et le système social et politique de tout l'orient, et les populations qui professaient le christianisme oriental dans l'ancien empire gréco-romain, descendirent à un état d'infériorité sociale complète, malgré la tolérance et l'autonomie qu'on leur accordait. Aujourd'hui les turcs sont partout en décadence et disparaissent lentement, et les populations chrétiennes se relèvent dans une grande partie de l'empire turc, en anatolie comme en roumélie. Des provinces ou des lambeaux considérables ont été arrachés à l'empire et soustraits à la domination de l'islamisme, tant en anatolie qu'en roumélie. Mais malgré la conquête par la russie, l'occupation par l'autriche, ou l'émancipation complète ou incomplète, les éléments de la population de l'orient sont restés les mêmes. Cet orient comprend actuellement, abstraction faite des annexions russes et de la presqueannexion autrichienne ^), 1° la perse avec l'afghanistan et le beloudchistan , 2^ les possessions immédiates de la turquie en deçà et au delà du bosphore, 3° la grèce, iP la roumélie orientale et la bulgarie , 5® le monténégro , la serbie et la roumanie *), 6^ l'égypte et tout le nord de^l'afrique ^) ,

0 Une partie de ]a bosnie, limitrophe de la dalmatie, et dont les habitants sont en majorité catholiques, retourne à bon droit à l'occident.

^ La roumanie est au moins une annexe de Torient par la religion grecque orthodoxe que professe la grande majorité des habitants. Elle n'a pas fait partie de l'empire romain d'orient ou byzantin, et elle n'a été que la vassale des turcs.

») Le nord latin de l'afrique est une extension plutôt qu'une annexe de l'orient.

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sauf la domination française et la colonisation européenne en algérie, T l'arabie.

Au milieu de la grande diversité et du mélange des races qui l'habitent, Torient actuel n'a que deux religions et trois langues principales, avec quelques langues secondaires. La dualité religieuse — qui domine toutes les autres deux rriidifferences , et qui est d'autant plus importante qu'elle in- ^"" flue sur les moeurs, sur la société et sur toute la vie de l'esprit — est celle de la religion musulmane et de la religion grecque orthodoxe avec toutes les autres églises ou communautés chrétiennes orientales et dissidentes ou schismatiques. Les trois langues dominantes sont l'arabe , le trois langue* turc et le grec plus ou moins corrompu. Le persan , l'ar- ^^"*^*~ ménien, le slave. (des serbes, bulgares, monténégrins etc.), l'albanais, le roumain, ne sont que des langues secondaires. Elles sont tout-à-fait nationales ou locales, tandis que les trois premières sont des langues cosmopolites ou internationales en orient. En somme, il est facile de voir que l'orient actuel est un ensemble profondément distinct, d'un côté de l'europe, de l'autre côté de l'extrême orient , c.-à-d. du monde indien et du monde chinois, où des religions radicalement différentes du christianisme et de l'islam — le brahmanisme et le bouddhisme — prédominent toujours , et dont l'histoire est complètement étrangère à celle de l'orient.

Il est important d'observer que la religion gréco-chré- christianisme tienne et la religion musulmane ne sont nullement étran- ^ ** "^" gères l'une à l'autre. — Historiquement, le christianisme primitif est sorti du judaïsme, et la prédication de Mohammed a été au moins fortement influencée par les colonies juives de l'arabie de son temps. De plus les Israélites sont à l'origine des fils du désert syro-arabique comme les arabes, et quant à la race les deux peuples sont proches parents. Les tendances religieuses des »fils d'Ismaïl" ne peuvent donc différer profondément de celle de leurs

misme

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voisins et cousins, les fils d'Israël. Ainsi, le christianisme oriental et l'islamisme ne peuvent laisser d'offrir des rapports importants. En eflet, les trois religions sorties de l'orient sémitique, le judaïsme, le christianisme et l'islamisme, ont un fonds commun: 1° la conception d'un Dieu unique et personnel, créateur et souverain absolu, à la fois juste et miséricordieux, 2^ celle d'une rétribution future pour tous les hommes, au paradis et dans l'enfer, après la résurrection et le jugement dernier. Ces conceptions sont fondamentales dans les trois religions et les distinguent de toutes les autres religions actuellement existantes. Elles contiennent ce qu'il y a de plus essentiel dans toutes les branches du christianisme. Même les doctrines de la trinité et de l'incarnation, du péché originel et de la rédemption par la passion et la mort du Fils de Dieu, ne viennent qu'en seconde ligne ^).

Observons en outre qu'il y a une analogie frappante entre le contraste du protestantisme et du catholicisme et celui de l'islamisme et du christianisme grec.

L'analogie n'est pas parfaite , il est vrai. D'abord , l'islam n'a pas rompu les liens de son origine locale. Il a consacré le pèlerinage à la Mecque comme un devoir ou une bonne oeuvre ; et sa loi sociale contient des éléments arabes et inférieurs, notamment la sujétion et la mise au secret de la femme, et un droit basé en partie sur un état social primitif. De plus l'islam a introduit le jeûne obligatoire des juifs. Le protestantisme au contraiie a rejeté le jeûne et le pèlerinage; et sa loi sociale accorde aux femmes une liberté et des droits presque égaux à ceux des hommes.

>) Ces docti'ines, spécifiquement chrétiennes, ne se trouvent pas encore dans les trois premiers évangiles. Les chrétiens intelligents ~ à la différence des méthodistes qui trouvent tout partout dans la hible — ne peuvent les considérer que comme des développements par rapport aux deux conceptions primordiales; de même que la révélation chrétienne est à leurs yeux une continuation de la révélation antérieure.

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En second lieu , tandis que l'islamisme n'a d'autres dogmes que les deux dogmes fondamentaux susmentionnés, le protestantisme, beaucoup moins radical, a conservé les autres dogmes appelés ci-dessus secondaires , mais en même temps spécifiquement chrétiens. Ainsi, tandis que pour les chrétiens orientaux le fondateur du christianisme est le Fils incamé de Dieu et par conséquent le centre de la foi chrétienne, le fondateur de l'islam est pour les musulmans un homme véritable , qui n'a pas dépassé la taille d'un prophète et apôtre de Dieu, et dont la personne ne fait aucunement partie du fond de la religion. Enfin, le protestantisme est une hérésie ou une réforme intérieure du catholicisme; il est sorti des entrailles de l'église et de la religion catholiques. L'islamisme au contraire est né en dehors du christianisme oriental.

Cependant l'analogie est considérable. 1® Le protestantisme a aboli l'église souveraine , l'islamisme ne connaît pas ^ d'église. Chez les musulmans , comme chez les protestants , l'église est remplacée par le Uvre saint, la parole de Dieu. La corruption de l'islamisme a conduit à la koranolâtrie comme celle du protestantisme à la bibUolâtrie. 2^ Chez les protestants il n'y a pas de clergé véritable dont les membres sont les représentants de l'église, dépositaires de son autorité spirituelle, dispensateurs de ses bienfaits. Parmi les musulmans la laïcité est parfaite, il n'y a pas ombre de clergé. Les ulémas sont des docteurs de la loi, des théologiens et légistes, de simples savants jouissant de la considération publique. Les imams, qui prient et prêchent dans les mosquées au milieu des fidèles, n'ont aucun caractère professionnel , lors même qu'ils n'exercent aucune profession lucrative ni aucune fonction publique. Les muftis sont des ulémas fonctionnaires. Enfin le calife — successeur du prophète— est le chef de tous les fidèles, lors même qu'il n'est pas le souverain de tous les peuples

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musulmans, ou qu'il n'exerce aucune souveraineté. Mais, abstraction faite de la qualité de souverain, il n'est que le chef militant des musulmans dans leur lutte contre les infidèles: il n'a aucun caractère religieux. On peut le comparer à Y empereur du moyen âge, non au pape. Il ne faut pas oublier, en effet, que les successeurs de Mohammed n'ont pas hérité de sa qualité de prophète, d'apôtre , d'organe de la révélation divine. Les premiers califes ont prié et prêché dans la mosquée, ils ont rendu la justice, ils ont peut-être donné des décisions interprétatives du coran ; sous les califes ommiades et les abbassides ces fonctions n'ont plus guère été remplies par les califes mais par les imams, les cadis, les ulémas et muftis. Dans tous les cas ces fonctions étaient laïques, et les califes qui les remplissaient, n'étaient pas plus prêtres que les imams ou les muftis. 3^ De même que le protestantisme croyait être une réforme du catholicisme et un retour au christianisme primitif, l'islamisme avait la prétention d'être, par rapport aux chrétiens, une réforme du christianisme coirompu, un retour à la religion prêchée par le dernier et plus grand devancier du prophète arabe. En effet, d'après le coran, les révélations antérieures et notammment celle d'Isa (J. C.) ne différaient pas de celle de Mohammed. La mission de l'islam n'était donc pas d'exterminer le christianisme , mais de purifier le christianisme existant , en bannissant le trithéisme, l'adoration d'une femme, le culte rendu aux images, les doctrines d'un homme-dieu, d'un fils de Dieu,- d'un Dieu qui se sacrifie et meurt. Tout cela semblait aux moslems une véritable idolâtrie, non moins et plus encore qu'aux protestants le culte rendu par les catholiques à la Sainte Vierge, aux saints, à leurs images. D'autre part, aux yeux des chrétiens orientaux l'islam était une ^religion prétendue réformée", non moins que le protestantisme aux yeux des catholiques. 4® Dans

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rislamisme comme dans le protestantisme le culte est réduit à la prière , au sermon , à la lecture du livre saint ^). La mosquée est à l'église grecque ce que le temple protestant est à réglise catholique. Le grec orthodoxe regarde Sainte-Sophie de Constantinople du même oeil que le catholique romain Saint-Paul de Londres ou les anciennes cathédrales, devenues temples calvinistes, de la hollande. Bref, la loi et le culte grecs orthodoxes font sur le musulman une impression analogue à celle que la foi et le culte catholiques font sur le protestant; et réciproquement, le protestantisme et Tislamisme sont considérés par les catholiques et les grecs comme des hérésies qui font le vide dans le domaine de la foi et du culte.

L'orient est donc bien , comme Teurope , une notion ter- reurope et ritoriale historique. Il faut ajouter que la sépa^ution entre ^'orient, l'europe') et l'orient a été maintenue malgré les empiétements alternatifs de l'orient sur l'europe et de l'europe sur l'orient. — La domination de Constantinople en occident 3) n'a été étendue que pendant peu de temps après les conquêtes de Justinien; elle a été mal affermie, et elle n'a pas exercé une influence profonde et prolongée. La conquête du midi de l'europe entreprise par les sarrasins ne réussit vraiment et ne se prolongea qu'en Sicile*) et dans la péninsule ibérique. Mais la réaction nationale et chrétienne fut d'autant plus vigoureuse et plus violente dans cette péninsule quand et à mesure qu'elle fut arrachée aux maures ; et en sicile les normands importèrent

^) Il est Trai que les protestants ont conservé aussi le chant. Mais ce chant, amoindri et peu musical, surtout dans les églises calvinistes, n^occupe qu'une place secondaire dans le culte. Si la réforme avait osé être conséquente sous tous les rapports, elle aurait aboli le chant, non moins que la sainte-céne et le baptême.

') Le nord latin de Tafrique, annexé par l'orient, appartenait à l'occident romain, mais n'a jamais fait partie de Teurope (latino-teutonique).

') Y. ci-dessus p. 18—21.

0 Avec malte, environ 830—1060.

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le teutonisme à côté du latinisme et du catholicisme qui y revivaient. — La conquête latine en orient eut moins de succès que les conquêtes byzantines et sarrasines en europe. Celles des croisés en palestine et en syrie ne leur rapportèrent pas une domination bien assise et de longue durée. Il en est de même de la conquête latine de Constantinople et d'une partie de l'empire d'orient, et des conquêtes postérieures, vénitiennes, génoises, normandes , siciliennes etc. ^), sur le territoire de cet empire. Venise ne fut pas plus heureuse avec ses conquêtes sur les turcs. Elle ne conserva finalement de toutes ses acquisitions en orient que les îles ioniennes, — Enfin , les attaques des turcs contre l'europe furent repoussées dès le commencement. Ils ne lui arrachèrent, en effet, que la plus grande partie de la hongrie*); mais leur domination, qui dura depuis la moitié du seizième jusqu'à la fin du dixseptième siècle, n'altéra pas le caractère ni la composition de la population, grâce, greca II reste uu mot à dire, encore une fois, sur la grèce et les grecs. Il y a toujours des théoriciens qui séparent la grèce de l'orient et considèrent les grecs comme des occidentaux et comme le premier-né des peuples de l'europe. Ils suivent une théorie traditionnelle assez vagué qui dénigre uniformément, au profit des grecs, tous les peuples de l'orient et même de l'extrême orient. »Ces peusuivant la théorie, sont à l'état d'enfance et incapables^'Çi^ eux-mêmes d'en sortir. Ils sont passifs , réceptifs, inertesTNHs rêvent plutôt qu'ils ne réfléchissent et n'agissent. Chezfeux la vie individuelle ne se dégage pas de la vie collective^\qui est soumise à l'autorité de la religion , des institutions et des moeurs. Ne pouvant sortir de leurs rêveries, ils ne sont pas arrivés à la philosophie

') Y compris celles des chevaliers àe St.-Jean.

^) Avec Pesth; Presboui*g et Âgram restant au roi-empereur.

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ni à la science. Impuissants à dominer et à équilibrer leur imagination débordante , ils n'ont pu atteindre à Tharmonie de Fart. La liberté intellectuelle et la liberté sociale leur restent inaccessibles. Ils subissent fatalement la théocratie et le despotisme, et ils sont condamnés à Fimmobilité. Les grecs, au contraire, sont le peuple de la jeunesse par excellence. Ils sont pleins de vie et de mouvement, d'initiative et d'activité. Ils ont créé la liberté intellectuelle et la liberté sociale, l'art, la philosophie et la science." Ainsi, adjugeant la grèce à l'occident et à l'europe, les théoriciens grécophiles en question, occidentaux euxmêmes et fiers de l'être, honorent leurs amis en s'honorant. Il serait plus juste de dire, et les anciens grecs n'y perdraient rien, qu'ils étaient les derniers venus des orientaux; et ce, historiquement et au point de vue de la civilisation orientale, dont ils furent le couronnement.

Remarquons d'abord que s'il est très aisé d'assigner la grèce en deçà de la mer égée à l'europe et l'asie mineure à l'orient , il est extrêmement difficile de séparer de l'orient le monde grec de l'antiquité. — On peut affirmer aujourd'hui qu'avant les temps historiques, les habitants de la grèce en deçà de la mer égée ,' de la partie occidentale de l'asie mineure et des îles intermédiaires, étaient tous de très proches parents des populations ou des classes dominantes qui se nommèrent plus tard heUènes^). Tous ensemble formaient la race grecque^ laquelle par conséquent habitait de temps immémorial des deux côtés de la mer égée. Les grandes cités helléniques de l'asie mineure fondées après l'invasion dorienne ne furent donc pas des colonies établies en dehors de la grèce. — La partie septentrionale du bassin oriental de la méditerranée , c'est-à-dire la mer égée avec ses îles et ses deux continents à Test et à

') Les populations ou les éléments sémitiques étant dus à des immigrations postérieures venues du bud et de Test.

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