‹ L'Egypte et l'EuropeChapitre 69 sur 85 · AP. X · texte numérisé non relu

AP. X

la conception d'un être puissant qui n'est pas un messager et un exécuteur des ordres de Dieu, mais qui après s'être rebellé contre son créateur exerce un pouvoir indépendant et hostile, lors-mème que Dieu se sert de lui pour égarer les hopames, est au fond beaucoup plus dualiste que monothéiste. On s'empressera donc de considérer comme shirk un satan qui ne doit pas être entendu au figuré, choix arbi- 8^« Des lecteurs superficiels du koran y ont trouvé la doc- *'**^ trine que Dieu -^ indépendamment de toute prédestina^ tien — sauve et perd les hommes», non selon leurs mérites, mais selon Son bon plaisir. Cette doctrine serait diamétralement contraire à tout ce que le koran affirme sur la justice de Dieu et sur Sa miséricorde , sur la rétribution exacte selon les oeuvres au jugement dernier, sur ceux à qui Dieu pardonne, ceux qu'il guide, ceux qu'il égare. — Il est vrai que le koran dit très souvent que Dieu guide et qu'il égare qui iï veut^)^ qu'il pardonne, fait miséricorde ou donne Sa grâce à qui II veut'), qu'il châtie qui II veut^). Cependant la portée de ces expressions n'est nullement que Dieu agit selon Son bon plaisir arbitraire. Le sens est que Dieu est tout-puissant, qu'il peut toujours perdra et sauver, guider et égarer; que si la prédication de Mohammed reste sans succès, si les infidèles persistent dans leur iacrédulité, c'est que Dieu n'a pas voulu les guider; qu'il ne faut pas désespérer du pardon et de la direction de Dieu, parce que, s'il le veut^ Il pardonne et conduit; qu'il ne faut pas s'étonner de l'iQxpunité de$ méchants, parce que Dieu leç punii^, ^'U

religion monothéiste dlsraêl; Jésus ^ dans les évangiles, parle dn diable et des diables dans un sens tout figuré.

») XVI. 95, XIV. 4, X. 26, XXXV. 9. 21, H. 27, LXXIV. 84, XXXV. 9, VI. 80. 88. 125, XXH. 16.

2) XVn. 55, m. 6fi/7. i24, LVn. 21, 29, V, 44.

») XVn. 5p, ra. t24, V. 44,

le veut^ ci-après sinon ici-bas. Mais il n'est ni dit ni donné à penser que Dieu voudra arbitrairement ou par caprice; que par exemple il voudra sauver par favoritisme ou perdre par antipathie personnelle, ou à raison de préférences nationales, héréditaires, locales. Au contraire une parfaite impartialité de Dieu est toujours supposée dans le koran; Il v(yudra juger selon la justice modérée par la clémence qui pardonne ; Il voitdra égarer les incrédules et méchants obstinés et hostiles ; Il voudra guider les repentants et les faibles, sans que du reste Sa miséricorde ait des limites certaines, le sentiment libre et souverain de Dieu ayant les -mêmes droits que la distinction raisonnée des divers cas, laquelle échappe d'ailleurs au jugement de l'homme. — Plusieurs passages du koran confirment cette interprétation. Ainsi les mots: »I1 choisit pour Soi qui II veut" sont suivis de ces mots »et II guide celui qui se tourne vers Lui avec repentance" ^). Donc l'élection est déterminée par la conduite de Télu. Ainsi l'assertion que Dieu égare et guide qui II veut , est précédée d'un passage opposant les incrédules, qui seront sévèrement punis, à ceux qui croient et font le bien'). L'observation i^Dieu égare ceux qu'il veut et conduit dans la bonne voie celui qu'il veut" est précédée de ces mots: »Ceux qiii traitent la révélation (koranique) de mensonge, sont sourds , muets , dans lobscurité" ^). Ce sont donc les incrédules hostiles à l'islam que Dieu veut égarer. — Il est dit encore : }s>Dieu égare qui II veut et conduit à Soi celui qui se tourne vers Lui"*). Donc Dieu ne veut pas égarer ceux qui se tournent vers Lui , mais II égare ceux qui agissent en sens inverse , qui se détournent de Lui et Lui sont hostiles. — Il y a un passage qui dit : » Votre Seigneur 1) XUI. 12.

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