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Quèrent h, gouverner avec modération et protégèrent les européens — terrifiés par les événements sanglants dont Alexandrie fat le théâtre le 11 juin — jusqu'au bombardement d'Alexandrie (11 juillet).
Les «massacres" du 11 juin et l'incendie d'Alexandrie du 12 juillet avec les «massacres" de Tantah etc. ont été des réactions spontanées , respectivement contre l'oppression étrangère et chrétienne et l'impuissante menace des escadres y et contre le bombardement. Le peuple égyptien a manifesté , au reste , la plus grande moderation*
La politique anglaise par rapport à T^ypte^ sous M. Gladstone, fat faible et irrésolue jusqu'au mois de juillet. C'est alors que M. Gladstone et ses coliques résolurent de profiter de la stagnation de la politique agressive de la franco pour occaper Tégypte , et de bombarder Alexandrie pour faire accepter une grande expédition et une guerre. Pour fidre passer le bombardement même, M. Gladstone inventa et arrêta de l'appeler une mesure de défense légitime (self-defence).
L'expédition et la guerre, l'invasion et l'occupation ont été des suites logiques du bombardement; mais le bombardement motivé par ces conséquences a été un acte souverainement injuste, un crime y dont M. Gladstone — qui a induit en erreur le parlement et le peuple anglais sur la situation en égypte — porte toute la responsabilité.
n n'y a pas eu d'anarchie, ni de despotisme militaire, ni de rébellion. C'est un mensonge que l'armée anglaise ait rétabli Vardre et le pouvoir du khédive contre les rebelles. L'angleterre a foit la guerre, d'abord
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à régypte y compris le khédive , ensuite a T^ypte déduction faite du khédive qui avait passé aux anglais. C'est seulement après cet acte de trahison vice*royale qu'Ârabi et les autres chefs et Tarmée et toute la nation sont devenus rebelles — non en efiet, mais quant à la forme — envers un prince qui appartenait k TennemL
La politique égyptienne du cabinet Gladstone a été extrêmement malhabile et injuste tant avant qu'après la guerre. Dans Tintérêt de Tégypte et dans celui de Tangleterre, ce cabinet aurait dû se mettre et la tête du mouvement national, le soutenir et le guider , et par ce moyen établir son influence salutaire en écartant la franco et la turquie. Tout au contraire , il maintint le double protectorat et s'appuya sur la suzeraineté du sultan, il combattit le mouvement et fit haïr Tangleterre des égyptiens. Après la guerre , il rétablit le r^me de l'oppression turque et circassienne et le régime de l'oppression européenne; et il livra les égyptiens vaincus h la vengeance de leurs ennemis. Ce n'est que sous la pression de l'opinion publique en angleterre que M. Gladstone se décida à arracher Arabi et ses compagnons au sort qui les attendait et & les interner dans une possession anglaise. En revanche, M. Gladstone fit payer par le trésor égyptien des indemnités exagérées , allouées aux victimes des conséquences de son bombardement, et une partie des frais de l'occupation anglaise. Mais il ne fit rien dans l'intérêt du pays. Sauf une constitution dépourvue de ,force motrice" et l'organisation d'une nouvelle armée et d'une nouvelle police, aucun travail de réorganisation et de
réforme ne fut entrepris. Au lieu de saisir — directement , ou indirectement par Teffet de son influence irrésistible — les rênes du gouvernement, l'angleterre abandonna le gouvernement égyptien à son inertie , à son impuissance et & sa malveillance pour les enfants du pays. On ne fit rien pour écarter vigoureusement la france, rien pour se faire pardonner la guerre par les vaincus, rien pour faire aimer l'angleterre, ou au moins pour la faire respecter et pour établir son prestige moral dans le pays.
Chap. IX, l'avenie de l'Aîtptb.
L'angleterre est absolument responsable de l'avenir de l'égypte. Elle a le pouvoir de gouverner seule ce pays , directement ou indirectement. Elle pourra s'imposer le devoir d'entreprendre seule, da «e, la tftche de réorganiser l'égypte et d'y introduire des réformes urgentes. Cette t&che étant remplie, elle fera bien d'y introduire le quadruple ou le quintuple protectorat européen sans la f tance.
Les réformes recommandées danà le chap. YIII (réformes) du premier volume de cet ouvrage sont toujours opportunes. L'angleterre devra sans délai P écarter les turcs et les circassiens du gouvernement et de l'armée , 2^ égyptianiser le khédive , 3** renvoyer les fonctionnaires européens malhonnêtes et incapables , réduire les traitements des autres, payer ses propres représentants dans le gouvernement, ¥ rembourser les frais d'occupation et les indemnités qu'elle a fait payer par l'égypte , 5^ &ire cesser le paiement du tribut au sultan, réduire la dette étrangère, 6" soumettre les étrangers au droit commun des impôts.
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L'égypte n'a rien à attendre de M. Gladstone ni des radicaux. Tout son espoir est fondé sur Tavènement d'un grand parti antiradical qui aura le pouvoir et la bonne volonté de faire régner la justice et de protéger et secourir les faibles dans toutes les parties de l'immense empire britannique.
Ghap. X, l'islam.
La ^valeur de l'islam" est un élément de la ^valeur des égyptiens".
La ^valeur de l'islam" est toujours méconnue en europe, où trois classes de détracteurs concourent à entretenir des préventions contre l'islamisme : 1. des chrétiens et spécialement des protestants orthodoxes, 2. des incrédules, 3. des protestants modernes.