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CANAL DE SUEZ ET SUR LES CONSÉQUENCES QUI S'ENSUIVRAIENT

Le 1" septembre dernier, au moment où le conflit entre le khédive et le Sultan commençait à s'accentuer, M. Ferdinand de Lesseps publia une brochure intitulée Egypte et Turquie.

Kcrite avec l'habile modération de langage d'un diplomate consommé; laissant de côté tous les faits qui contredisent ses assertions; faisant une séduisante peinture des bienfaits prétendus de l'administration du khédive; reprenant avec assurance un certain nombre de généralités, devenues en quelque sorte des lieux communs parce qu'elles ont été rarement contredites avec fermeté, la brochure de M. de Lesseps paraissait juste

à point comme un plaidoyer en faveur des prétentions d'Ismaïl-Pacha.

Cette circonstance, ainsi que le nom de l'auteur et la position toute particulière qu'il occupe en Egypte, méritent que les raisons qu'il donne de son opinion, en faveur d'un régime autonome pour la province d'Egypte, soient examinées avec attention.

Dans quelques pages, qui forment la première partie de sa brochure, et qu'il intitule modestement Condition 'physique et iiolitique de VÉgijpte, M. Ferdinand de Lesscps invoque des considérations tirées de la configuration du sol et de l'histoire pour établir que l'Egypte occupe, dans l'empire ottoman, une place exceptionnelle. Il en conclut que les gouverneurs de l'Égyple doivent avoir en toutes choses une liberté d'action, qu'il n'ose pas pousser jusqu'à la séparation formelle et avouée d'avec le reste de l'empire, mais qui en serait l'équivalent effectif.

Son argumentation est très-simple.

D'après M. de Lesseps, le caractère des habitants et le rôle tout spécial que joue dans cette province l'inondation périodique du Nil exigent en Egypte un pouvoir fort et en quelque sorte sans contrôle. Le monde entier a intérêt à ce que l'Egypte soit bien gouvernée, à ce que l'ordre y règne en tout et partout. Ce pays est la route naturelle pour aller d'Occident en Orient, et réciproquement; un bon gouvernement, solide et incontesté, et de bonnes finances sont la condition et la garantie de cet ordre si indispensable au commerce universel. — Un pouvoir sans contrôle et beaucoup d'argent à dépenser.

on sait que c'est l'idée d'Ismaïl-Pacha, auquel, par conséquent, la thèse de M. de Lesseps ne saurait déplaire.

Pour corroborer son raisonnement, l'auteur prétend que l'Egypte n'a jamais été dans l'Empire ottoman à l'état de simple province; quand elle a été passagèrement dans cette situation, les étroites limites imposées à l'autorité des pachas gouverneurs devenaient la cause de toute espèce de désordres et de guerres. Il déclare donc, sans hésiter plus longtemps, qu'il faut à l'Egypte une indépendance relative, laquelle, selon lui, aurait été établie par le hatti-schériff de 1841, qui a donné à cette province un gouvernement héréditaire, une armée indigène, et une administration autonome ; le tout à la seule condition de payer, annuellement, un tribut fixe au Sultan. La Porte aurait elle-même reconnu cette indépendance relative en la confirmant et en la fortifiant par des firmans postérieurs à celui de 1841.

Aussi les intérêts de cette situation imposent-ils, toujours d'après M. de Lesseps (p. 19), « l'obligation « impérieuse au gouvernement égyptien de ne pas « accepter aveuglément des mesures qui auraient pour « effet d'atténuer les droits dans lesquels il puise la force « nécessaire pour remplir dignement son mandat. 11 « opposera donc, comme cela s'est déjà vu, une résis- « tance morale aux actes de nature à affaiblir entre ses « mains les moyens d'action que, précédemment, on « avait jugé convenable et utile de mettre à sa disposi- « tion. »

C'est ainsi que le prudent écrivain devient subitement audacieux quand il croit le moment venu de démasquer

une intention arrêtée d'avance. La brochure de VÉgypte et la Turquie était, en effet, la défense anticipée de la résistance morale qu'Ismaïl-Pacha allait tenter d'opposer, quelques semaines après cette opportune publication, aux légitimes réclamations du Sultan.

Une fois cette ingénieuse idée du devoir, pour le khédive, de résister à son souverain, posée comme principe, M. de Lesseps s'enhardit jusqu'à reprocher doucement (p. 23) à Ismaïl-Pacha sa politique de condescendance vis-à-vis de la Porte, politique, dit-il, qui n'a jamais été suivie par ses prédécesseurs. — Tout cela est dit sans rire et sans ironie.

Tournant alors ses regards vers Constantinople, l'auteur reproche à certains membres du Divan de chercher à faire considérer l'Egypte comme le simple pachalik d'une province ordinaire (p. 23). « Heureusement, dit-il avec une généreuse bonhomie, que le Sultan, rempli de sagesse et de bonté, a ajouté aux pouvoirs et aux honneurs du khédive, et lui a accordé l'hérédité directe pour son fils ! »

Après cet hommage passager rendu au Sultan , comme pour mettre plus en relief les vues fausses et les mauvais sentiments de ses ministres, M. de Lesseps termine en insinuant que, si d'ailleurs la Porte voulait agir différemment, on ne le lui permettrait pas, et en montrant, sur l'arrière-plan de son argumentation, la diplomatie européenne prête à intervenir et à faire prévaloir ses volontés en faveur du khédive.

Tels sont, très-succinctement, l'esprit et le sens de cette brochure, qui, par la date de la publication, peut-être

considérée comme ayant eu pour but d'innocenter et de légitimer, d'avance, la résistance que le khédive allait essayer.

Nous avons rappelé plus haut comment la diplomatie européenne répondit à cette avance gracieuse de l'habile et élégant avocat du khédive, et comment M. EUiot, entre autres, signifia carrément à Ismaïl- Pacha, en quête d'une échappatoire, la volonté de l'Angleterre que le Sultan fût obéi. Évidemment les arguments de M. de Lesseps n'avaient pas persuadé les Anglais.

Mais il ne sera pas inutile d'examiner, aussi brièvement que possible, ce que valent les autres assertions de la brochure VÈgypte et la Turquie.

Il est parfaitement vrai que le monde entier, ou du moins les nations commerciales, ont intérêt à ce que l'Egypte soit bien gouvernée, à ce que l'ordre y règne avec de bonnes finances. Mais la force d'un gouvernement ne réside pas dans la faculté qu'il a de décider de tout arbitrairement et sans contrôle.

Dire ensuite que l'Egypte n'a jamais été à l'état de simple province, n'est-ce pas jouer avec l'histoire? Est-ce que, du temps des Romains, la province d'Egypte n'était pas un peu mieux gouvernée et plus tranquille que sous la domination des Sarrasins? Loin que plus tard, à l'époque de la domination ottomane, les désordres dont l'Egypte a été le théâtre provinssent des limites trop étroites imposées à l'autorité des gouverneurs, c'était précisément l'ambition des pachas , désireux d'étendre leur pouvoir et de se dérober aux ordres de Constantinople, qui était la cause des conflits et des

troubles qui survenaient. Avec des généralités on enjambe ainsi les faits qui gênent; mais si l'arc-en-ciel est une jolie chose, on sait aussi ce qu'il dure.

L'exemple de Méliémet-Ali ne prouve rien, d'abord parce que ce prince était une individualité hors ligne, et ensuite parce que les circonstances oîi il est apparu n'ont aucun rapport avec le temps présent.

La province d'Egypte est bien, malgré l'assertion contraire de la brochure, une province comme une autre au point de vue du droit hiérarchique et de la subordination effective à la souveraineté du Sultan, et non à sa suzeraineté nominale. Si le gouverneur d'Egypte a une armée, c'est le Sultan qui en fixe le chiffre et qui en nomme les chefs au-dessus du grade de colonel; et cela est logique, puisque cette armée existe pour le service du Sultan. Le pavillon est le même pour les deux marines.

C'est aussi au nom du Sultan, et nullement au nom du gouverneur de la province, que les impôts sont perçus.

Le fellah qui paye les taxes sait et doit croire qu'il les paye au souverain dont le nom est marqué sur les monnaies, et pour lequel la prière se dit tous les soirs dans les mosquées, bien que le gouverneur ait l'administration de la province.

Il est donc de droit réel et étroit que le Sultan exerce un contrôle en ce qui concerne un budget perçu en son nom sur ses sujets, et qu'il tienne à savoir comment le budget est dépensé. Les observations énoncées à cet égard dans les lettres du grand vézir sont parfaitement fondées en droit. C'est même le devoir du souverain de ne pas laisser les financiers du Caire pressurer les mal-

heureux fellahs au profit d'un gouverneur passionné pour l'argent et le luxe, et des quelques gens d'affaires qui exploitent sa vanité en se faisant les courtiers de son ambition.

L'indépendance, même relative, de la province d'Egypte n'est donc qu'un vain mot dont le gouverneur ne saurait faire une réalité sans blesser tous les droits de son souverain et sans violer ouvertement, dans la lettre et dans leur esprit, tous les firmans auxquels il doit son investiture des fonctions qu'il remplit.

Voilà ce que sait bien, mais ne veut pas voir, l'auteur de la brochure, dont le résumé du firman de 1841 est une merveille de prestidigitation. Ce hatti-schérif règle dans la mesure nécessaire l'étendue des pouvoirs laissés au gouverneur de l'Egypte, et cela dans le double intérêt de la Turquie en général et de la province d'Egypte en particulier.

Si la Porte, depuis cette époque, a plusieurs fois acquiescé à des modifications des firmans et des lois de l'empire en faveur de l'Egypte, ces modifications n'ont infirmé en rien ses droits de souveraineté et n'ont fait, au contraire, que les constater de nouveau.

Lors donc que l'auteur de la brochure motive sur une indépendance relative, qui n'a jamais été ni réelle ni nominale, l'invitation assez inattendue qu'il adresse au khédive de résister moralement à la Porte dans certains cas dont il serait le seul juge, qui pourrait être dupe de cette phraséologie trop transparente? Si peu que les conseillers d'Ismaïl-Pacha aient intérêt à flatter son penchant pour le pouvoir absolu et pour l'indépendance.

afin d'écarter tout contrôle de la part du Sultan sur un budget qui est pour eux une source de profits sans cesse renouvelés, qui ne voit le secret de leurs sophismes et la raison trop claire de cette théorie fantastique de l'indépendance relative?

N'est-ce pas là le programme de ce parti de la résistance morale, c'est-à-dire de la désobéissance effective aux ordres du Sultan, dont l'auteur de la brochure se serait fait l'avocat officieux ?

L'écrit de M. de Lesseps part de l'hypothèse que la Turquie voudrait s'ingérer abusivement dans l'administration de l'Egypte. Qui ne sait, cependant, que le conflit turco-égyptien n'est venu que de la prétention du khédive à se soustraire de plus en plus à l'autorité de son souverain?

N'est-il pas plaisant d'entendre reprocher à Ismaïl- Pacha sa soi-disant politique de condescendance vis-à-vis de la Porte, politique qui n'aurait jamais été suivie par ses prédécesseurs, tandis qu'il est notoire qu'aucun de ces prédécesseurs, ni Méhémet-Ali depuis sa soumission, ni Mohamed-Saïd, ni Abbas-Pacha, n'ont jamais soulevé aucune prétention blessante pour les droits de leur souverain, ni même demandé les faveurs que le Sultan a accordées à Ismaïl-Pacha?

Quel que pût être le désir naturel des grandes puissances de voir apaisé le conflit turco-égyptien, il est impossible d'apercevoir sur quelles raisons plausibles elles se fussent appuyées pour encourager ou soutenir la résistance du khédive.

En revanche, il est très-facile de voir les graves dan-

gers qui résulteraient, pour la sécurité et l'intégrité de l'Empire ottoman, du succès, môme partiel , qu'aurait obtenu la prétention du khédive de décider seul des intérêts suprêmes d'une province formant une partie importante de l'Empire, et particulièrement de pouvoir contractera l'étranger, en dehors de l'assentiment et de l'autorisation explicite du souverain , des emprunts engageant l'avenir et pouvant être ruineux.

Quoi que puisse dire M. de Lesseps, l'Egypte est une province turque, et ne saurait devenir, sans danger pour l'Empire, un Etat séparé. On a assez abusé, depuis un certain nombre d'années, du prétendu principe des nationalités pour qu'il soit opportun de laisser dormir maintenant cette arme, si commode entre les mains des forts, et si vaine pour défendre et protéger les faibles.

La brochure l'Egypte et la Turquie insinue qu'il existe à Gonstantinople un parti qui regrette l'institution d'une administration particulière en Egypte, et qui tend à dénaturer dans la pratique l'esprit du firman de 1841. Ce parti nous semble une hypothèse imaginée pour le besoin de récriminer.

Mais ce qui existe bien, non à Gonstantinople, mais en Egypte, c'est le parti ou, si l'on veut, la coterie des gens d'affaires qui poussent le khédive à exagérer les privilèges que le Sultan lui a concédés , et à en faire sortir dans la pratique son indépendance réelle.

C'est ce parti qui a conseillé au khédive l'accroissement de toutes les dépenses résultant de l'augmentation de l'armée et delà marine, et qui a conçu ces projets d'exploitation générale du sol égyptien à l'image de cer-

laines entreprises financières de la France. C'est ce parti qui flatte les pensées ambitieuses d'Ismaïl-Pacha, dont l'oreille et les trésors lui sont ouverts; c'est, en un mot, ce parti qui inspire tout ce qui se fait au Caire et à Alexandrie.

Que l'habile et heureux organisateur du canal de Suez tienne à présenter les affaires de l'Egypte sous le jour qui convient le mieux à la position qu'il occupe près du khédive , son associé principal et presque son maître dans la grande entreprise qu'il dirige, cela est tellement naturel , qu'il doit être le premier séduit par les apparences de cette prospérité égyptienne dont on nous vante les bienfaits à grands renforts de réclames depuis tantôt dix ans. Mais cette perspective complaisante n'existe pas pour tout le monde; et il y a des yeux non prévenus qui se refusent à voir l'Egypte à travers les lunettes de la compagnie de Suez. M. de Lesseps a rapporté d'Egypte le phénomène du mirage, qu'il essaye d'introduire dans la politique. Malheureusement cet ingénieux procédé rencontre d'insurmontables obstacles dans la réalité des faits.

L'importance politique du canal de Suez, si fortement mise en relief par M. de Lesseps, est réelle, mais à la condition que le moyen qu'il recommande avec insistance soit nettement repoussé par les puissances. L'auteur de la brochure insinue que la liberté de la navigation sera mieux garantie par l'indépendance de l'Egypte et par la neutralisation du canal, que si le pays reste soumis à la souveraineté du Sultan et continue de faire partie intégrante de l'Empire ottoman en s'y rattachant par des liens étroits.

C'est précisément le contraire qui est ici le vrai. La liberté de navigation du canal trouve sa garantie dans l'intérêt qu'ont les grandes puissances au maintien de cette liberté pour le commerce et le transit de leurs nationaux; et il est bien évident que cette garantie sera plus sérieuse si elle s'appuie sur l'autorité d'un souverain faisant partie du concert européen que sur celle d'un simple pacha plus ou moins indépendant et pouvant être influencé par des mobiles personnels au-dessus desquels se placera toujours un gouvernement tel que celui du Sultan.

La neutralisation du canal n'aurait qu'un but, favoriser les aspirations du khédive à l'indépendance en élevant du côté de terre, qui est la frontière la plus difficile à défendre, un obstacle moral à une armée ottomane venue pour mettre à la raison un gouverneur d'Egypte révolté. C'est le motif pour lequel les flatteurs d'Ismaïl- Pacha proposent la neutralisation du canal; ce doit être par conséquent, aux yeux des puissances signataires du traité de 1856, un motif péremptoire de la repousser.

La grande objection que faisait lord Palmerston contre le percement de l'isthme de Suez, c'était la crainte que la création du canal maritime ne devînt un prétexte pour que le pacha d'Egypte cherchât à se rendre indépendant. M. de Lesseps, qui eut tant à lutter autrefois contre le mauvais vouloir obstiné de lord Palmerston, et qui se plaignait si haut de ce mauvais vouloir éclatant, ne s'aperçoit-il pas aujourd'hui que les idées exprimées dans sa brochure, si on les acceptait, donneraient complètement raison aux craintes du célèbre homme d'Etat

anglais, et qu'en fait ce serait lord Palmerston qui aurait été lavictimedeM. de Lesseps? Plaisante chose en vérité, et que ne prévoyaient guère à coup sûr en 1859 ceux qui, comme nous-môme, défendaient à cette époque l'entreprise de M. de Lesseps!

En revenir sans cesse à Méhémet-Ali et à ce que l'Egypte était avant son arrivée dans le pays, c'est trop oublier qu'un demi-siècle s'est écoulé depuis. Ce qui est à prendre en considération, c'est la situation actuelle et les intérêts de tout ordre qui s'y rattachent. Voilà la vraie question.

Personne ne méconnaît les progrès réalisés en Egypte par Méhémet-Ali et ses successeurs; il faut cependant convenir que les intérêts européens sont mieux protégés dans l'Empire ottoman que sous l'administration d'Ismaïl-Pacha. Les plaintes des étrangers résidant en Egypte contre l'administration arbitraire du khédive sont extrêmement fréquentes , tandis que, dans les autres parties de l'Empire, les étrangers se louent de leurs rapports avec le gouvernement central et avec les autres fonctionnaires ottomans.

Ce serait aussi, en vérité, faire preuve d'une singulière ignorance que de se représenter la Turquie d'aujourd'hui telle qu'elle était en 1828, au lendemain du traité d'Andrinople. Sôbastopol a cessé de renfermer une flotte de guerre et une armée de 60,000 hommes toujours prêts à débarquer à la Gorne-d'Or. Le traité de d856, bien qu'aux yeux de beaucoup de Français il ait été trop favorable à la Russie, a changé politiquement et diplomatiquement la situation en Orient; et c'est de-

puis ce traité que la Porte, délivrée des menaces incessantes du tzar, a pu s'occuper activement d'améliorer son régime intérieur et jeter sur l'Egypte un regard bienveillant mais attentif. Cette bienveillance du Sultan s'est manifestée constamment par toutes sortes de concessions gracieuses, jusqu'au jour où, la trahison levant cyniquement la tête, la dignité du souverain et le devoir de sauvegarder l'intégrité de l'Empire lui ont commandé une attitude plus sévère et des avertissements mérités.

La brochure de l'éminent directeur de l'entreprise du canal maritime de Suez aura donc eu, contre son intention assurément, mais en fait, cet excellent résultat de révéler clairement à tous les yeux les mobiles et le but réel des prétentions du khédive et de sa résistance aux ordres de son souverain. L'auteur dédaigne les réticences jésuitiques ; il croit à l'indépendance relative de la province d'Egypte; il compte pour non avenus tous les articles des firmans qui établissent la subordination du gouverneur de la province vis-à-vis du Sultan ; et il aspire pour l'Egypte à l'indépendance complète , sauf le payement d'un tribut annuel. Après de pareils aveux, il n'y a plus à se méprendre sur l'origine et les causes du conflit turco-égyptien.

Reste à examiner ce que les intérêts de la politique européenne en général, et ceux de la France en particulier, exigent relativement à la question égyptienne.

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