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CHAPITRE VI

Malarieh. — Héliopolis. — Obélisque. — Arbre et fontaine

de la Vierge. — La Koubbeh. — Kanka. — Abou-Zabel.

— École de médecine. — Le Vieux-Caire. — île de Rou-

dah. — Nilomètre. — Mosquée d’Amrou. — Quartier

copte du Vieux-Caire. — Restes d’un établissement

romain. — Voyage aux Pyramides. — Massacre des

Mamlouks. — Les Pvramides — Promenade aux car-

rières du Mokattam. — M. Mimaut. — Visite à Méhémed-Ali.

M. Clôt, fondateur de l’hôpital militaire et de l’école de médecine d’Abou-Zabel, avait fixé le jour des examens publics après lesquels les premiers élèves égyptiens devaient recevoir le titre de docteurs. Le grand-Pacha (i) et plusieurs autorités supérieures du Caire devaient assister à ces examens auxquels nous fûmes également priés en notre qualité de voyageurs.

Au jour fixé nous partîmes pour Abou-Zabel avec plusieurs des invités. Après avoir laissé de côté la Roubbeh, lieu de rassemblement pour

(i) Nom que l’on donne généralement en Égypte à Méhé-

med-Ali {Pacha -el-kebir.)

les caravanes de la Mecque, notre petite caravane traversa le village de Matarieh dont une moitié a été détruite, il y a quelques années. Ce quartier était entièrement habité par des filles publiques qui y avaient établi leur domicile, à cause du voisinage du camp où les maladies ne tardèrent pas à faire d’affreux ravages. Pour arrêter les progrès du mal , le Pacha ordonna que le quartier fut rasé et ses habitantes exilées dans la Haute-Égypte. Vainement le chef de cette singulière colonie offrit-il de payer cinq cents bourses (260,000 piastres, ou 75,000 fr.) pour conserver ses privilèges. On commença par accepter l’argent; mais l’ordre du viceroi n’en reçut pas moins sa pleine exécution.

Bientôt nous pûmes saluer l’obélisque qui, debout depuis trente siècles, marque seul la place qu’occupa l’antique Héliopolis (1); car les vestiges mêmes de la ville ont disparu et la charrue sillonne aujourd’hui le sol sur lequel s’éleva le fameux temple du soleil décrit par

(1) Cet obélisque fut élevé 800 ans avant Jésus-Christ, par le Pharaon Osortsen Ier. Quatre autres obélisques ornaient jadis la ville d’Héliopolis. Deux d’entre eux ont été transportés, l’un à Rome, 1 autre à Constantinople. Les deux autres qu’on voit encore à Alexandrie , y sont connus sous le nom d’ aiguilles de Cléopâtre.

ÉGYPTE ET NUBIE. l8f

Hérodote comme le type des monumens égyptiens.

Nous foulions ces champs où le destin de l’Égypte fut tant de fois décidé par la fortune des armes, et où chaque conquérant nouveau dut toujours sanctionner son occupation par une victoire; champs illustrés partant d’exploits et où les noms de Kléber et de Saladin se confondent dans la meme auréole de gloire.

Les souvenirs militaires sont loin d’être les seuls qui se rattachent à cette plaine fameuse qui emprunte aux traditions mythologiques et religieuses une partie de son illustration. C’est à Héliopolis que le phénix ressuscité venait déposer sur l’autel du soleil les restes de son père. C’est dans le temple de On (la ville du Soleil , Héliopolis ) , que Putiphar exerçait le sacerdoce du soleil ; dans les mêmes lieux on voit encore, au milieu d’un jardin , un antique sycomore, rejeton de celui sous lequel la Vierge vint, dit-on , se reposer lorsqu’elle réussit, en fuyant, à dérober le Sauveur du monde au massacre commandé par Hérode. Une fontaine où elle lava les langes du divin enfant, est consacrée près de quelques maisons du village, par une petite mosquée objet de vénération pour les chrétiens et pour les musulmans.

F. G y ri K ET NUlilK.

Un joli bois de palmiers s’élevait à droite de la route qui nous conduisait à Kanka, où était établi en 1828 le camp du vice-roi. De jolies maisons de terre avaient remplacé les tentes qui, pour la première fois , reçurent des habitans sur ce sol auparavant couvert de sable et où croissent, aujourd’bui de belles plantations. Enfin nous arrivâmes à Abou-Zabel , petit village auquel l’établissement du docteur Clôt a donné aujourd’hui quelque importance.

Les examens se trouvèrent ajournés par ordre du vice-roi, qui ne pouvait y assister; mais nous profitâmes de cette occasion pour visiter l’hôpital et l’école que nous firent parcourir en détail de jeunes étudians.

L’hôpital d’Àbou-Zabel est un vaste bâtiment à quatre faces, séparé du logement des professeurs par une belle esplanade plantée d’arbres. Chacune des quatre ailes forme un double rang de salles séparées par Tin corridor.

Trois des quatre ailes sont divisées en huit de ces salles qui contiennent chacune cinquante lits. La dernière est consacrée aux officiers malades et à une salle d’étude assez spacieuse pour contenir plus de deux cents élèves , ainsi qu’à une imprimerie lithographique où de jeunes Arabes sont constamment occupés à imprimer des traductions des meilleurs ouvrages de me-

LCYPTi: I T nubü:.

decine et des planches anatomiques qu’ils reproduisent en général avec une grande exactitude.

Au centre d’un jardin de botanique qui occupe l’intérieur de l’hôpital, s’élève un édifice carré qui renferme un musée, des salles de dissection, un amphithéâtre, un laboratoire, des bains, une pharmacie et une bibliothèque.

Les malades sont en général , lorsqu’ils le veulent, assez bien traités à Abou-Zabel; mais les préjugés des fellahs contre la médecine européenne sont tels, qu’on est trop souvent forcé d’employer les moyens coercitifs pour les empêcher de fuir. On a donc été obligé d’entourer l’hôpital d’une enceinte de murs fort élevés, et cependant ses salles offrent à chaque pas le révoltant spectacle de malades enchaînés à leur lit.

On n’avait d’abord songé à fonder à Abou- Zabel qu’un hôpital: le docteur Clôt sentit bientôt la nécessité d’y adjoindre une école d’enseignement médical , pour former des médecins arabes , et le vice-roi applaudit à cette innovation à laquelle il promit sa protection spéciale.

Le premier obstacle à vaincre pour cet établissement était celui du langage. Il s’agissait non seulement de fournir à des professeurs

étrangers à la connaissance de la langue du pays, les moyens de communiquer avec des élèves qui n’en connaissaient pointd’autre, mais de créer dans cette langue un langage technique qui n’y existait pas. M. Clôt triompha de cette difficulté, au moyen de traducteurs qui furent eux-mêmes les premiers élèves auxquels on enseigna fart de guérir. Mais elle n’était pas la seule; une autre plus grave se présentait, c’était l’introduction des études anatomiquesà laquelle s’opposaient formellement les principes de l’Islamisme.

Le docteur Clôt , eut à ce sujet , de longues conférences avec les chefs du culte, dont il obtint enfin une autorisation tacite avec injonction d’en user modérément; et la répugnance des élèves fut vaincue peu-à-peu.

On a joint depuis quelque temps aux études un cours d accouchemens suivi par douze femmes de l’Abyssinie et du Sennâr.

A notre retour d'Abou-Zabel , nous nous arrêtâmes quelques instans au petit village de Djihâcl-Abdd ( lieu de guerre) construit depuis quatre ou cinq ans pour l’établissement de l’école d’état-major sur l’emplacement qu’occupait le grand-Vizir, pendant la bataille d’Héliopolis.

Cette école dont la fondation a coûté des sommes considérables , nous offrit le plus dé-

plorable spectacle. Une centaine d’officiers de vingt à vingt-cinq ans que la crainte du bâton décide seule à assister exactement aux leçons, s’y dédommageaient de cette contrainte, en causant et en fumant, le dos tourné au professeur qui faisait tant bien que mal, et comme pour l’acquit de sa conscience, un cours de fortification que personne n’écoutait.

Nos préparatifs de départ pour la Haute- Égypte avançaient, et bien qu’une demi-heure de chemin seulement nous séparât du Vieux- Caire, nous n’avions pas encore visité cette pre-

mière capitale musulmane de l’Egypte.

La route qui y conduit traversait encore alors, en sortant du Caire, d’énormes buttes de décombres qu’Ibrahim-Paeha fait aujourd’hui niveler peu à peu pour établir de magnifiques plantations (i). On rencontre au-delà le beau palais nouvellement bâti ponr ce prince sur

(t) Ces collines faclices, produites par les décombres des maisons de boue du Caire, s’amoncelaient depuis des siècles autour de la ville, et servaient de réceptacle à toutes les immondices. Déjà une somme annuelle de 632,891 médins avait été assignée par Sultan-Soliman II, pour que ces décombres fussent portés aux embouchures du Nil et jetés à la mer; mais ces fonds avaient été détournés peu-à-peu de leur destination primitive; et la Porte avait fini par ordonner qu’ils fussent versés dans son trésor. Les buttes ont maintenant fait place à de belles plantations d’oliviers et de mûriers.

l’emplacement de la ferme d’Ihrahim-Bey,un des derniers chefs des inamlouks ; et l’école de Kasrel-Aïn ou les chrétiens et même les Européens ont le droit de mettre leurs enfans, auxquels on apprend à lire et à écrire l’arabe.

Cette école fut la première création du Pacha dans ce genre, et la répugnance qu’il trouva dans les indigènes à profiter de ce bienfait fut telle qu’il ne put, dans le commencement, y rassembler quelques élèves qu’en entretenant gratuitement, lion seulement eux, mais leurs familles. Aujourd’hui encore le vice-roi maintient à ses frais les élèves de Kasr-el-Aïn , et alloue même à chacun d’eux une solde mensuelle de vingt piastres. Quand les études sont terminées, les enfans d’une constitution satisfaisante sont repartis dans les écoles spéciales, sans qu’il soit tenu compte de leur goût ou de leurs dispositions. Les autres sont renvoyés à leurs parens.

La bibliothèque de l’école de Kasr-el-Àin contient, au lieu de manuscrits orientaux, quelques centaines de livres français et italiens richement reliés. On y remarque les Crimes des empereurs ottomans, plusieurs éditions de la Bible, l’Anti coran ou le Mahométisme dévoilé, et bon nombre d’autres ouvrages propres à donner une idée du tact et de l’esprit judicieux

qui ont présidé au choix des livres qui la composent.

Non loin de l’école de Kasr-el-Aïn, ou passe sur un pont, près de son embouchure dans le fleuve, 1 eKalidj (canal) qui traverse le Caire, et après avoir dépassé un aquéduc destiné à porter à la citadelle du Caire l’eau du Nil élevée au moyen d’un manège, on arrive aux premières maisons du Masr-Fostat, ordinairement appelé par les Européens le Vieux-Caire.

Cette ville dont la situation pittoresque sur les rives du Nil est, sous tous les rapports, préférable à celle du Caire, doit sa fondation à un de ces faits qu’on aime à retrouver au milieu des sanglantes annales des premières années de l’Islamisme.

Pendant qu’Amrou faisait le siège de la forteresse de Babylone, une colombe avait établi son nid sur sa tente. Le conquérant partant pour aller s’emparer d’Alexandrie, ne voulut pas déranger la colombe. Il laissa sa tente dressée , et à son retour fonda , autour de cette tente ( Fostat ), la capitale du pays conquis.

Masr-Fostat acquit bientôt un haut degré de prospérité. Elle couvrit de ses édifices un espace considérable et s’étendit jusqu’aux limites du Caire actuel, dont un quartier (celui de Toloun) fut un des faubourgs de Fostat

Masr-Fostat, dit Aboulfeda, a été la capitale de l’Égypte , jusqu’au moment où Ibn-Toloun construisit au nord de ses murs le faubourg de Kataiah; il s’y retira avec son armée et y fonda le célèbre temple qui porte son nom.

La construction du Caire, fondé l’an 35q de l’hégire par le khalife Moëz, le premier des princes Fathimites, avait déjà beaucoup diminué l’importance de Fostat , lorsqu’en 564, elle fut livrée aux flammes par le vizir Chaouar, qui voulait l’empêcher de tomber au pouvoir des Croisés. La ville brûla pendant cinquantequatre jours, et perdit depuis ce moment tous les avantages que semblaient lui assurer sur sa rivale sa situation et son commerce.

Les habitans se réfugièrent au Caire dont elle n’est plus maintenant considérée que comme un de ses faubourgs. La population de Fostat est aujourd’hui d’environ trois mille aines.

La mosquée d’Amrou est le seul monument arabe de quelque importance qu’on trouve au Vieux-Caire. Le plan de ce temple est un vaste carré long entouré de galeries. On a employé dans sa construction les matériaux les plus riches, mais sans goût et sans symétrie. De magnifiques colonnes antiques supportent les galeries; mais elles sont de diverses grandeurs, et leurs chapiteaux, pris au hasard ou placés a

rebours, ne sont pas le plus souvent ceux qui leur étaient destinés; cependant l’ensemble de l’édifice ne manque pas d’une certaine majesté. La mosquée d’Amrou tombe aujourd’hui en ruine, et on n’y fait plus la prière que le vendredi. Elle est presque abandonnée par les musulmans eux-mêmes, et le serait bientôt entièrement sans les traditions qui s’y rattachent.

Le Pacha vient encore chaque année prier en grande cérémonie, le jour de la fête du prophète et la veille du Baïram , dans cette mosquée, la première que les Musulmans, vainqueurs des Grecs , aient consacrée en Égypte.

Le quartier copte du vieux Caire forme à l’extrémité de la ville une enceinte séparée, entourée de hautes murailles et fermée de portes.

Ces murailles, restaurées à diverses époques , sont les restes d’une forteresse antique , peutêtre le château de Babylone, ou celui des Lu m ières, a u près duquel fut, au rappor t d’ A bon 1* feda , fondée la ville de Fostat. Dans la partie sud de cette enceinte, on remarque une porte d’ordre dorique, et de construction évidemment romaine. Cette porte, flanquée de deux tours rondes, est murée et enterrée jusqu’au cintre; elle était surmontée d’un fronton au-dessous duquel on aperçoit les traces d’une inscription malheureusement indéchiffrable.

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Dans l'église copte est une petite chapelle souterraine, où la tradition rapporte que la Vierge Marie se retira pendant quelques jours, lors de la fuite en Égypte, et qui n’offre d’autre intérêt que celui des souvenirs qui s’y rattachent.

En face du Vieux-Caire est l’île de Roudah; elle n’en est séparée que par un bras du fleuve qui tarit entièrement, chaque année, pendant plusieurs mois.

C’est dans cette île que Makaukas, gouverneur de l’Egypte pour Héraclius , s’était réfugié après avoir abandonné la forteresse de Babylone, et c’est de là qu’il envoya, pour entamer des négociations, des dépulés au camp d’Amrou. Ee conquérant musulman établit ensuite à Roudah des chantiers de construction ; enfin le > Sultan Nedjm-eddin , le même qui mourut à , Mansourah pendant la croisade de saint Louis , donna à file une nouvelle importance, en élevant à sa pointe sud, pour dominer le cours i du Nil , une forteresse qui existe encore aujour- I d’hui en partie.

Dans les restes de la forteresse de Nedjm- a eddin est le Mékias, ou Nilomètre, autrefois » si célèbre, aujourd’hui presque abandonné, et | dans l’état de délabrement le plus complet. La 1 coupole qui le surmontait s’est écroulée, et il ne

reste plus debout que la colonne isolée au milieu d’un bassin carré , dans lequel l’eau du Nil est amenée par des canaux souterrains. Nous essayâmes en vain de distinguer quelques divisions régulières au milieu des mille mesures confuses dont cette colonne est couverte, et l’habitude seule peut donner les moyens de s’y reconnaître aux crieurs chargés de proclamer chaque jour les progrès de la crue du fleuve. Au surplus , la mauvaise foi apportée par le gouvernement dans ces proclamations, rend à-peu-près inutile*î’usage du Mékias, dont on ne constate exactement les indications que dans les années où la crue s’élève au niveau le plus favorable à la production (i).

La garde et le soin du Nilomètre sont un privilège héréditaire, et appartiennent à un cheikh, descendant de celui qui en fut chargé par Sultan-Sélim. Le Mékias est aujourd’hui compris dans l’enceinte de la fabrique de poudre du Pacha, construite sur les débris de celle que les Français avaient établie à Roudah.

Cette fabrique confectionne de la poudre de guerre d’assez bonne qualité , et un peu de

(1) L’année est bonne quand le fleuve monte au Caire à vingtquatre pieds au-dessus du niveau des plus basses eaux; elle est mauvaise s’il reste au-dessous de vingt-un ou s’il s’élève audessus de vingt sept.

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poudre de chasse qui, bien que très inférieure à celle qu’on tire des fabriques d’Europe, est cependant d’un usage passable, ün peut évaluer à quarante mille quintaux environ le produit annuel de cette poudrière et de celle de Tourah.

La plus grande partie de l’île de Roudah offrait , il y a quelques années , sous l’ombre des grands sycomores, une des promenades les plus agréables des environs du Caire. Ibrahim- Pacha s’en est emparé pour y former ses jardins sur le modèle européen.

Nous profitâmes, pour aller visiter les pyramides, de notre séjour au Vieux-Caire et de la compagnie de quelques autres voyageurs. Nous traversâmes le fleuve vers le soir, et, montés sur des ânes, nous quittâmes Gizeh pour aller passer la nuit au pied de la grande pyramide.

A deux heures du Nil , nous traversâmes avec assez de peine un canal marécageux où quelques-uns de nos ânes faillirent demeurer embourbés. Une demi-heure après nous avions atteint la limite des champs cultivés, et le pied de la chaîne de rochers calcaires sur laquelle les pyramides sont assises. Plusieurs excavations sépulcrales sont creusées dans le flanc de ces rochers, et forment des salles dans 1 une desquelles nous nous établîmes pour passer la nuit. Des Arabes d’un hameau voisin

nous apportèrent du laitage et des œufs, et bientôt, oubliant dans les causeries d’un repas du soir la lugubre destination de notre domicile temporaire, nous bûmes gaiement à la mémoire des Pharaons, et à la santé du Pacha, à l’excellente police duquel nous devions de pouvoir venir admirer leurs tombeaux sans courir le moindre risque de la part des Bédouins.

Un mamlouk français qui nous avait accom* pagné, était le seul qui regrettât vivement le temps des incursions des Bédouins; il rappelait le bon temps; et, au risque de ne jamais revenir aux pyramides, il eûtvoulu voir rétablir le régime des Mamlouks.

Réduit , après avoir joui d’une condition assez brillante, à la petite pension de deux cent cinquante piastres par mois , que le Pacha fait aux anciens mamlouks français, et obligé pour vivre de servir de guide aux voyageurs , le pauvre homme ne pouvait se résoudre à comprendre que la destruction des Mamlouks eût été pour Méhémed-Ali une nécessité , et pour 1 Egypte une chose avantageuse. Nous lui dûmes , sur la catastrophe qui anéantit , en un seul jour, cette milice redoutable, et dont il avait lui-mème été témoin oculaire, quelques i. i3

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