‹ L'Égypte et la NubieChapitre 27 sur 41 · GÉOGRAPHIE DES MON VMENS · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE DES MON VMENS

TEMPLES LOJJ GIT Y I)E. LATITVDE BORÉaI.E.

Denderali 3o° n' o" — 26° 10' o"

Une longue colonnade conduit à une porte qui s’ouvre entre deux colosses de vingt pieds de proportion , et donne entrée dans une salle immense; cent trente-six colonnes, encore debout, de plus de onze mètres de tour, et dont quelques-unes ont jusqu’à vingt-quatre mètres de hauteur, supportent les pierres énormes qui forment le plafond de cette salle. Les chapiteaux de plusieurs cle ces colonnes présentent une circonférence de vingt-un mètres, et cent hommes pourraient tenir à l’aise sur chacun d eux. A la vue de cette construction gigantesque, on est tenté de douter du témoignage de ses sens ou de croire aux légendes superstitieuses des Arabes et à l’existence d’une race de géans.

Au-delà de cette salle s’élèvent encore des pylônes; puis viennent les restes de six obélisques (i); puis une salie construite tout en-

TEMPLES. I.ONGITVDR. LVTITVT3K BORBALK.

( Karnac. . . 3o° 20' 4" — 25° 44' i5"

Thebes

( Louxor. . . 3o 19 16 — 25 44 *5

Esneh 3o 14 ig — 25 19 39

Edfou 3o 33 4 — s5 o o

Oinbos 3o 38 3g — 24 28 o

Syène 3o 34 19 — 24 8 6

Isle Philé 3o 33 46 — 24 3 45

(1) Ces obélisques sont de granit rose: l’un d’eux, le plus grand des monumens de ce genre, a trente mètres de hauteur ;

ÉGYETE ET NUBIE.

tière de grands blocs de granit rose , chef-d’œuvredeîuxeet de somptuosité élevé par Ptolémée Alexandre; puis un énorme sanctuaire monolithe; puis de vastes portiques où les peintures antiques reparaissent sous les figures de saints et de madones que les chrétiens leur avaient

substituées; puis Mais la crainte de fatiguer

le lecteur nous oblige de borner ici une énumération peut-être déjà trop longue, et cependant nous avons à peine commencé à ébaucher la description d’un seul des monumens de hamac.

Il serait superflu d’insister sur la profusion des hiéroglyphes et sur la fraîcheur des peintures dont ces monumens sont couverts. Cette incroyable richesse de travail qu’offrent dans chacun de leurs détails les constructions égyptiennes, partout presque également finies, également admirables à voir, devient fastidieuse à décrire. Cependant quelques-uns des bas-reliefs de hamac méritent une mention particulière par Uim portance des sujets qu’ils représentent. On y distingue les combats et les triomphes de Ménephtah Ier, deRamsès-Ie-Grand et de Séson-

deux autres ont vingt-trois mètres ; un seul de ceux-ci est encore debout, le second a sans doute été renversé par le même tremblement de terre qui, l’an 27 de Jésus-Christ, mutila la statue de Memnon.

chis, qui traîne aux pieds des dieux les chels de plus de trente peuples soumis, dont les noms sont inscrits au-dessus. Parmi ces noms Champollion a retrouvé en toutes lettres: Ioudaha malek , le royaume des Juifs ou de Juda, découverte importante sous le triple rapport archéologique, historique et religieux.

C’est du haut des pylônes du grand palais que l’œil peut le mieux embrasser l’ensemble des édifices de Karnac, parmi lesquels on remarque surtout, au milieu de montagnes de ruines, un petit monument Isiaque, un immense édifice de construction Ptolémaïque, annoncé par trois rangs de pylônes et séparé du grand palais par un vaste réservoir, que l’eau du Nil vient encore remplir chaque année; enfin trois temples précédés de portes triomphales devant lesquelles s’ouvraient d’immenses avenues bordées de sphynx. Celle qui conduisait à Luxor a dû être composée de plus de six cents de ces statues; et le niveau auquel elles sont placées permet de croire que dans les temps antiques cette avenue, qui servait de promenade pendant les basses eaux, devenait un canal à l’époque de l’inondation.

Nous venions de nous éloigner de Karnac quand le Kachef, absent lors de notre arrivée , accourut derrière nous pour nous prier de

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