XL1I
INTRODUCTION
La Russie n’eût pas si facilement consenti à se retirer, si un état de choses fixe, établi en Orient , eût pu entraver l’avenir de ses projets; si elle l’a fait, c’est qu’elle savait que nous venions de fonder un état de lutte et d’hostilités permanent, dans lequel la Turquie achèverait, de s’épuiser a son profit , sans qu’elle-méme courut aucun risque.
Les nouvelles frontières des États de Méhémed-Ali étaient en effet à peine fixées que des résistances imprévues vinrent lui prouver que pour être maître de la Syrie, il ne lui suffisait pas de l’avoir arrachée aux Turcs. Habitué au despotisme le plus dur, comme unique moyen de gouvernement, le vice-roi ne comprit point que la Syrie n’est pas comme l’Égypte peuplée d’esclaves façonnés au joug. La Syrie, coupée de montagnes où l’opprimé est sûr de trouver un refuge contre la tyrannie, habitée par des peuples belliqueux, remuans, impatiens de toute autorité, n’accepte le joug qu’autant qu’il lui paraît moins pénible que la lutte qu’il lui faudrait soutenir pour le secouer; quand il devient trop pesant, elle le brise.
Il fallait pour gouverner les Syriens, respecter les mœurs, les coutumes locales, il fallait ne pas les froisser dans leurs intérêts matériels ; ce n’est qu’à la longue, et à l’aide du bien-être
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