LX
dans l’Yémen, et surtout la réaction que l’impitoyable despotisme de son gouvernement a opérée dans l’opinion du peuple turc, ont fait perdre au vice-roi tous ses avantages et l’ont mis dans l’impossibilité de réaliser le rêve que lui avait inspiré son ambition.
Méhémed-Ali sent maintenant queles chances d’une collision ne lui seraient pas favorables, et nous ne voulons pas de meilleure preuve de la conscience qu’il a lui-même de sa faiblesse, que son empressement à payer son tribut, lui qui depuis quatre ans se refusait à tout réglement de comptes.
Il faut bien remarquer d’ailleurs qu’aujourd’hui que l’on a laissé passer l’occasion qui s’offrait de réunir dans une seule main toutes les forces de l’empire Ottoman, nous ne croyons pas qu’il soit plus opportun de faire arriver Méhémed-Ali à Constantinople que de faire rentrer l’Egypte et la Syrie sors l’autorité absolue de Mahmoud. Le tenter serait établir une lutte longue, douteuse, et dont le résultat le plus certain serait d’épuiser des forces qui doivent être tournées contre l’ennemi commun ; ce serait partager l’Orient en deux empires , et fournir à la Russie l’occasion d’offrir son secours à celui des deux rivaux qu’il lui conviendrait de voir supplanter l’autre.
INTRODUCTION
Dans l’état présent de la question, le parti le plus sage , auquel puissent s’arrêter les puissances occidentales, est de garantir au Sultan l’intégrité de ses possessions actuelles et de son droit de suzeraineté impériale; à Méhémed-Ali la vice-royauté de l’Égypte , telle qu’elle a été circonscrite après la campagne de Syrie. Que les droits et les obligations des deux partis soient clairement définis, que le Vice-roi ne puisse pas conclure de traité, qu’il soit assujetti à payer un tribut et à fournir un contingent de guerre; que de son côté le Sultan renonce entièrement à s’immiscer dans les affaires intérieures de la vice-royauté; voilà, à notre avis, le seul moyen de faire cesser un état de trouble qui dure depuis trop longtemps et auquel il importe de mettre fin.
Otez à Méhémed-Ali toute inquiétude sur l’avenir de l’œuvre qu’il a créé, et au Sultan tout espoir de réincorporation de l’Égypte; que tous deux sachent qu’une force, à laquelle ils ne peuvent espérer de résister, leurinterdità jamais tout acte d’hostilité, vous verrez un intérêt commun les obliger à se réunir, et bientôt de nombreuses armées , des flottes puissantes, vous offriront, sous l’oriflamrae de Mahomet, une véritable barrière contre la Russie. Un simple traité, sous la garantie de
INTRODUCTION