‹ L'Égypte et la NubieChapitre 5 sur 25 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

voir détourner ailleurs son attention , la Russie s'occupait encore de créer aux Turcs des embarras pour Tavenir. Sous son patronage, s'organisait l'Hétairie , ou société secrète pour la délivrance de la Grèce. La Morée et les îles de l'Archipel répondirent au mouvement préparé par le prince Ypsilanti, dans les provinces russes mêmes; mais le mauvais succès de la levée de boucliers en Valachie et en Moldavie (17 mars 1821), fit considérer au cabinet russe l'entreprise comme prématurée et les circonstances comme peu opportunes pour en tirer profit.

La tentative d'Ypsilanti fut, en conséquence, fi'appée d'anathème par l'empereur, et les hommes influens qui y avaient pris part se virent momentanément écartés des affaires.

En désavouant Ypsilanti, la Russie n'entendait pourtant pas renoncer aux avantages qu'elle avait espéré tirer de sa révolte ; aussi s'empressa-t-elle d'offrir à la Porte, contre les dangers qui la menaçaient, un secours que celle-ci fut assez sage pour refuser.

Ce refus était à peine signifié que le cabinet russe changea de langage ; ce qu'il voulait, c'était intervenir à tout prix ; les Turcs refusaient son appui , il devint avocat et protecteur de la cause hellénique; l'indépendance des Grecs in-

TNTBODUGTIOir. XIII

téressait toute la chrétienté , disait-il ^ et il se déclara le champion de cette cause sacrée.

Jusqu'à l'époque de la révolution grecque, la Russie n'avait pas cessé de presser Fexécutien des clauses du traité deBukarest; dès ce moment , toute instance cessa à ce sujet , et les communications de l'ambassade russe ne furent plus rdatives qu'à cet incident si grave qui donnait lieu chaque jour à de nouveaux conseils, à de nouvelles réclamations. Le Divan refusant de suivre les uns et de satisfaire aux autres, l'ambassadeur russe quitta Constantinople en signifiant à la Porte un ultimatum inacceptable, et les négociations définitives pour l'exécution du traité de Bukarest demeurèrent forcément suspendues (i).

Malgré ce départ, l'ambassadeur d'Angleterre , lord Strangford , aidé de l'internonce autrichien, réussit à aplanir les difficultés à tel point qu'à la fin de 1825 la contestation ne roulait plus que sur des questions puériles dans le fond , mais que la Russie feignit de re-

(t) On peat lire dans la brochure remarquable de M. D. Urgnbart : rAngUtem^f la France , la Russie^ et la Turquie , la noie que laissa le baron de Strogonoff, en quittant Constantinople. Elle révèle si clairement tous les desseins de la Russie, qu'il est difficile de comprendre comment la diplomatie de TEurope a pu en être dupe.

XIV JWTRODUCTÏON.

garder comme sérieuses et dont elle fit la base d'une note particulière. Sur ces entrefaites Alexandre mourut et le langage de la Russie devint plus modéré. En succédant à son frère, ^Nicolas avait découvert , dans son armée , une conspiration dont il voulait à loisir sonder la profondeur. Absorbé par le soin d'affermir son trône, il dut, pendant quelque temps, négliger la politique extérieure. Cette époque de temporisation et de douceur nous conduit jusqu'en 1826, où un ultimatum de l'envoyé russe provoqua les conférences d'Akermann.

Par cet ultimatum la Russie offrait aux Turcs une négociation sur l'ensemble des questions liées à l'exécution réciproque des traités; elle déclarait formellement renoncer à introduire dans la discussion toute espèce de question non fondée sur la lettre même de ces traités, comme par exemple toutes celles relatives aux affaires de la Grèce. Ces conférences devaient, suivant le préambule de la conférence d'Akermann , « mettre un terme aux dis- <c eussions qui s'étaient élevées, consolider les ce rapports des deux empires , en leur donnant a pour base une parfaite harmonie et une ence tière confiance réciproque ; écarter des relacc tions mutuelles tout sujet de différend ultécc rieur, et assurer pour l'avenir la pleine exé-

<c cudôn dtt f Faite de Bnkat^st, aîâdi que de& ce traités et actes qti'il rettoatëlle ou confim^, ff et dont Tobserv^rtiôn pouvait seule garantir « le maintien de la padt si faeurèttsefnent étafli bjie entre la cour de Russie et la Sublime «t Porte otlomai&é. »

Cependant y taiïdis que le Divaii s'occupait de régler définitivemeiit à Akermann (lô sepsembre 1826) tods les objets mîs antérieurelâent en di^cuègion; tandis que, cofùfi'aht dans la foi de la Russie ^ il croyait qu'elle avait re*- Honcé à toutes les préteMiOnà non fondées sûr la lettre des traités^ celle-ci avait, depuis plu- Sieurs mois (le 4 avrfl l9â6), sîgiiié à Pêtei^* bourg avec le plénipotentiaire anglais, le protocole destiiié â servir de base aitx négociations relatives à la pacification de la Grèce , protocole qui devait plus tard devenir le fameux traité du 6 juillet.

Cto tf à pas dublié l'élan uiïiVërsel de réprcd>ation qui se prlmofiÇar, à cette époque, contre les Tutcs. Partbut i*)stëntil5saient les cris de fanatisme poussés contre la barbarie musulmane altérée du sàng des Chrétiens. A voir l'exaltation religieuse qui àniinàit alors les esprits, on eût cru l'Europe revende au temps des croisaklés; cependant, comme le thème religieux ne pouvait , dacfs nrôtre siècle , avoir un

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