‹ L'Egypte et les FranciscainsChapitre 10 sur 15 · IÔ · texte numérisé non relu

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à Cafr-Zaïat et sans moyens d'en sortir.

Eh bien ! qui le croirait? Cet homme que ses ennemis dépeignent si cruel, si inhumain, nous expédia de suite, de Kafar- Daouar, une locomotive qui arriva à une heure du matin. Elle fut aussitôt attachée à notre wagon, et, une demi heure après, nous étions en route. Les soldats que nous donna le Commandant, sous la conduite d'un officier, se montrèrent bons et honnêtes.

La défense d'allumer aucune lampe dans l'intérieur des voitures fut formelle, ainsi que l'ordre de tenir les fenêtres fermées et de baisser les rideaux. Nous ne tardâmes pas à apprécier la sagesse de cette mesure, car, à peine étions-nous arrivés à Tantah, que nous fûmes environnés de toute la populace échappée d'Alexandrie, qui lançait à tue-tête des vociférations et des menaces.

L'officier, directeur du train, fit en sorte que personne ne pût pénétrer jusqu'à nous, et ainsi nous échappâmes à ce nouveau danger. Les mêmes scènes se renouvelèrent à Benha et Zagazig.

Enfin, samedi, 22 juillet, à six heures et

demie du matin, nous descendions à Ismaïlia, à l'Hospice de Terre-Sainte !. . . .

Après quelques moments de repos, nous dûmes, la Supérieure des Franciscaines et moi, nous présenter au Gouverneur, qui, d'après notre déposition, remit à l'officier un certificat constatant que nous étions arrivés sains et saufs, puis nous retournâmes chacun dans nos demeures respectives. Les Franciscaines se rendirent chez leurs compagnes qui venaient joyeuses à leur rencontre, et nous, à l'Hospice, auprès du Père Pascal, Président, et du Père Léonard, qui nous reçurent comme on reçoit des naufragés, des gens qu'on a crus la proie de la mort, et qui nous arrivent pleins de vie !

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