‹ L'Egypte et les FranciscainsChapitre 13 sur 15 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

OUS avons rappelé au Premier Chapitredu présent Ouvrage, la Mission de saint ' François en Egypte et en Terre-Sainte, et comment ce voyage du séraphique Patriarche avait eu pour résultat d'ouvrir ces contrées au zèle et à l'apostolat de ses Enfants. La grande Mission de la Terre-Sainte était désormais fondée.

Que le Lecteur Bienveillant nous permette, avant de terminer, de rappeler aussi à son souvenir, avec l'origine de cette Mission,

sa rapide histoire à travers les siècles (i).

La Mission de Terre-Sainte ! qui intéresse la catholicité tout entière, et à tel point que plus de cinquante Papes l'ont recommandée par des Bulles spéciales, trouva aussi, dès son origine, aide et secours auprès de nos communs ancêtres, les Fidèles de la vieille France catholique, comme elle a toujours trouvé appui et protection chez tous les gouvernants qui se sont succédé à la tête de la Nation très chrétienne (2).

En effet, c'est en France, par les entraînements de la parole ardente d'un moine Français (Pierre l'Ermite) et dans un concile présidé par un Pape Français (Urbain II), que la première Croisade fut résolue. Personne n'ignore qu'un Royaume Français, à Jérusalem, en fut la conséquence. Saint Louis expira sur la plage africaine, et nos

(1) L'Auteur des Splendeurs de la Terre-Sainte (splendide volume qui a été accueilli si favorablement en France) prépare un ouvrage complet et de haute valeur,, sur cette page de l'Eglise d'Orient qui n'a encore été retracée en entier, par aucun Ecrivain, jusqu'à l'heure présente.

(2)fcLes quelques pages qui vont suivre ont été empruntées presque textuellement au Rapport rédigé par le R. P. Marie Léon Patum, Missionnaire Apostolique de Terre-Sainte (mortil y a peu d'années), et lu à l'assemblée générale des Œuvres catholiques à Paris, le 10 mai 1879.

Rlonarques héritèrent de son zèle pour tes" Saints-Lieux. François 1er les sauva de leur perte imminente: Louis XIII leur fit des dons magnifiques : Louis XIV et Louis XV les protégèrent, et cette tradition de la France ne s'est jamais interrompue, pas même aux plus mauvais jours de la Terreur: et actuellement encore, etplus explicitement que par le passé, la Custodie de Terre- Sainte se trouve, depuis le Congrès de Berlin, officiellement et exclusivement sous le haut Protectorat de la France catholique.

Les Sultans d'Egypte et de Constantinople viennent à leur tour, et, malgré leurs propres persécutions, confirment, de distance en distance, à travers les siècles, les droits des Francs (catholiques Latins) sur ces principaux sanctuaires, par une suite de Firmans, dont le texte original se conserve précieusement dans nos Archives de Terre- Sainte.

La Mission ou Custodie de Terre-Sainte embrassa successivement l'île de Chypre, l'Egypte, la Syrie, et la Palestine, toutes ces contrées que saint François avait visitées lui-même. Aujourd'hui elle s'étend

des rives du Bosphore (Constantinople) aux confins de la Mer Rouge.

Les Franciscains en Terre-Sainte depuis près de sept cents ans, gardiens des Sanctuaires, au prix de mille sacrifices, au prix de leur propre sang.

E retour en Italie, saint François envoya Frère Benoît d'Arezzo comme Provincial d'Orient, où ses Religieux avaient déjà bâti plusieurs Couvents. En 1222, les Franciscains construisaient une petite Résidence sur le Mont-Sion près du Saint Cénacle. En 1226, le Gardien du Couvent de la Ville Sainte, Frère Jean de saint Martin, était sacré Patriarche de Jérusalem ; et en 1229, le même Ministre Provincial, Frère Benoît, donnait l'habit de novice à l'Empereur de Constantinople, son ami, Jean de Brienne, qui quittait ainsi le sceptre et la couronne pour revêtir les humbles livrées d'un disciple de François d'Assise.

Le Pape Grégoire IX, par une Bulle

datée de l'année 1230, confia aux Franciscains la garde des Sanctuaires ; et une autre Bulle du même Pape recommande les Frères-Mineurs (les Franciscains) aux patriarches d'Antioche.

Vers la même époqueetpendantlesannées subséquentes, le Sultan d'Egypte reconnaît et accorde aux Cordeliers (Franciscains) des droits sur les sanctuaires, les regarde comme Custodes et maîtres du très Saint Sépulcre et du Calvaire. Un nouveau firman de Saladin confirme leurs titres de propriété sur le Cénacle et le très Saint Sépulcre. Et de tous ces précieux Sanctuaires, pas un n'avait été confié à notre Père saint François, ni à ses enfants, à leur arrivée en Terre- Sainte.

Les catholiques ne possédaient déjà plus alors un seul pouce de terrain, ni à Jérusalem ni dans la Judée entière ; ce sont nos Pères, qui, avec les aumônes d'Occident, les acquirent peu à peu, un à un, au prix de mille difficultés et de grandes souffrances, et bientôt il auront à les défendre au prix de leur propre sang.

En 1245, les farouches Karesmiens, qui

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avaient été appelés contre les Croisés accoururent en Palestine, s'emparèrent de Jérusalem et firent, des chrétiens, un affreux carnage. Cinq mille catholiques y furent massacrés par ces barbares, et avec eux tous les Franciscains qui se trouvaient dans le très Saint Sépulcre au Saint Cénacle. D'autres Franciscains, des diverses missions delà Terre-Sainte, partagèrent bientôt avec leurs Frères de Jérusalem la gloire du martyre. Les Mamelouks pillèrent et brûlèrent les villes de Bethléem, Nazareth, et Arsouf, et y mirent à mort plusieurs de nos Pères. A Saphet, deux Franciscains furent écorchés vifs en haine de la foi, puis soumis à une flagellation inhumaine et enfin décapités. En revenant d'Egypte,son Sultan le cruel Bibars, saccagea la ville de Jaffa, ravagea la Syrie, détruisit nos couvents de la Montagne Noire, d'Antioche et de Tripoli et en massacra tous les Religieux. Ailleurs ce furent d'autres martyrs. A Azoth, un Franciscain eut, par ordre du Sultan, la langue arrachée et toutes les phalanges des doigts coupées successivement les unes après les autres. On l'écorcha vif, après cette

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cruelle torture, et enfin on lui trancha la tête.

L'an 1291, saint Jean d'Acre, dernier boulevard des Croisés en Palestine, tomba au pouvoir des infidèles. Tout le clergé latin, avec tout ce qui restait de Croisés en Palestine, ainsi que tous les Ordres tant religieux que militaires, tous quittèrent la Terre-Sainte. Les Franciscains restèrent seuls au milieu des ruines et de la désolation générale ; et ils resteront ainsi durant près de six siècles, en butte à des vexations sans nombre, visités par des tribulations continuelles, mais gardant fidèlement, et comme précédemment jusqu'à l'effusion de leur sang, la double mission qui leur est confiée : la garde des Sanctuaires et la conservation de la foi parmi les Latins indigènes.

Quelques exemples choisis entre mille suffiront pour montrer que les tribulations de tout genre ont été durant six siècles comme le pain quotidien de nos Pères en Terre-Sainte.

Un Franciscain français, le père Royer Guérin d'Aquitaine, avait été délégué par l'Ordre pour ouvrir des négociations avec

les nouveaux maîtres de la Palestine. Il obtint en 1307 du Soudan d'Egypte, la faculté pour les Franciscains d'habiter les Sanctuaires et de les desservir librement. En 1337, ce même père Roger fit bâtir le Couvent du très Saint Sépulcre, celui du Mont-Sion et celui de Bethléem, après avoir couclu un nouveau traité avec le Sultan du Caire, auquel il transmit la somme énorme de plusieurs millions, pour prix des Sanctuaires payé par le pieux Roi de Sicile, Robert d'Anjou, et sa vertueuse épouse, Sanche de Majorque. Le Roi en demanda ensuite la confirmation au Pape Clément VI qui, par deux Brefs, l'un au Ministre Général de l'Ordre et l'autre au Roi lui-même, confie, à perpétuité, la garde des Saints-Lieux aux Enfants de saint François a" Assise.

L'œuvre de la Terre-Sainte, par ce grand acte, ne pouvait être reconnue et confirmée d'une manière plus authentique et plus solennelle. De telles garanties semblaient devoir lui assurer une sécurité tranquille.

Il n'en fut pas ainsi cependant : car, nos Annales nous disent qu'à l'époque même de ces transactions, le sang de nos Mission-

naires coulait sous le cimeterre musulman aiguisé par la vengeance ou le fanatisme. C'est ainsi qu'un Franciscain, au Caire, fut écorché vif en haine delà foi chrétienne; qu'un autre y fut scié par le milieu du corps, qu'un troisième fut scié entre deux planches, dans la Basse-Egypte.

En 1365 Pierre de Lusignan et le Grand- Maître de Rhodes mirent à sac la ville d'Alexandrie et se retirèrent chargés de butin. Les Musulmans, ne pouvant user de représailles contre leurs ennemis, se vengèrent sur les Frères Mineurs, et les vingt-huit Franciscains qui se trouvaient alors en Palestine furent plongés dans d'affreux cachots. Plus de la moitié moururent dans les fers, et les autres ne sentirent leurs chaînes se briser que le jour où le tyran les fit mettre à mort après trois ans de tortures.

En 1441, tous nos religieux de Jérusalem, de Bethléem, etc. furent mis en prison et massacrés ensuite. En 15 17, le Sultan Sélim s'empare de Jérusalem et emprisonne tous les Franciscains de cette ville dans la Tour de David. Il les délivra au bout de vingt-sept mois, mais plusieurs étaient morts •'

En 1537, tous ceux qui les avaient remplacés dans les Couvents de Judée furent plongés dans d'affreux cachots, où plusieurs moururent, épuisés de souffrances. Les autres furent délivrés par l'intervention du roi de France, après trente-huit mois de prison.

Il serait trop long de retracer tous les faits de ce genre : ce fut une persécution permanente qui dura six cents ans, et la seule Mission des Franciscains de Terre- Sainte ne compte pas moins de deux mille martyrs du sang !

Les Franciscains, en Terre-Sainte eurent à endurer jusqu'à la première moitié de ce siècle un autre genre de martyre, le martyre de la charité. La peste d'Orient, épidémie affreuse qui sévit pendant un siècle, emportait quelquefois des populations presqu'entières. Ceux de nos Pères qui moururent victimes de dévouement pour leurs frères, les chrétiens, sont au nombre de six mille.

Enfin l'on peut dire que tous les autres furent des Martyrs de la Patience par suite des avanies sans cesse renaissantes qu'ils eurent à endurer, de la part des

Musulmans des Schismatiques et des Juifs.

Quelques exemples suffiront également pour prouver combien il a fallu de patience aux Gardiens des Saints-Lieux pour endurer ces Avanies* qui étaient de tous les jours;

Vers la même époque où Sélim fit la conquête de Jérusalem, nos Pères du Saint Cénacle étaient en butte aux plus odieuses vexations de la part des Juifs et des Musulmans. On portait contre eux, à Constantinople, les accusations les plus ri licules, comme celle d'avoir des dépôts d'armes, avec la perspective d'appeler les Francs à leur secours, pour transformer leur couvent en citadelle, d'où, dominant la Ville, ils pourraient facilement s'en rendre maîtres et la livrer aux chrétiens ! Souvent le Grand Turc les condamnait sans même les entendre ; et finalement, après des Avanies intolérables, les Franciscains furent expulsés pour toujours de leur couvent, et l'auguste Sanctuaire fut converti en une mosquée Turque, comme il l'est encore aujourd'hui.

Les Grecs, de leur côté, essayèrent d'obtenir, au très Saint Sépulcre et dans la

Vallée de Josaphat, ce que les Juifs et le Turcs avaient obtenu sur le mont Sion. Le Père Custode de Terre-Sainte avait fait, vers ce même temps, une restauration à la Coupole du Saint Sépulcre et à la Pierre de l'Onction : les Grecs (schismatiques) accusèrent les Franciscains d'avoir volé cette Pierre, d'avoir volé le Tombeau de Notre - Seigneur ; et, accusation inouïe, d'avoir volé . . . le corps de la Sainte Vierge^ après l'avoir vendu au Pape de Rome ! Ces choses doivent paraître invraisemblables à ceux qui les lisent ; et cependant, malgré son odieuse absurdité, cette accusation coûta aux Franciscains des sommes fabuleuses !

L'hospitalité même exercée par les Franciscains était pour eux une occasion de nouvelles avanies de la part des Musulmans. Un jour, au couvent de Jérusalem, un haut dignitaire Turc se présentait avec une grande suite pour prendre son dîner, chez les Franciscains, ce qui occasionnait aux pauvres Religieux de grands embarras et des dépenses considérables. Vers le milieu du repas, un employé subalterne feint cl'avoir un message important à com-

muniquer à Son Excellence. Il est admis auprès de sa personne et il lui dit : " Votre Excellence a bu de l'eau d'une citerne dans laquelle un Religieux, à dessein, a laissé tomber un chat ! . ..." Ordre est donné sur champ d'arrêter ce Religieux, et de le jeter en prison, avec menaces de mort.... Et c'est ainsi que cent et mille fois les Turcs payèrent aux pauvres Franciscains une très dispendieuse hospitalité qu'ils étaient obligés de leur donner !

Une Avanie, avons-nous dit, était suivie d'autres Avanies.

Un jour, c'était un caloyer grec qui porta à deux reprises un cadavre dans le jardin de nos Pères à Bethléem, afin de les faire passer pour homicides. Et il y eut alors des avanies tellement nombreuses que l'on dut, en une seule année, recourir jusqu'à sept fois au Sultan lui-même contre les exactions de ses subalternes.

Une autre fois c'est le Cadi (i) qui fait

(1) C'est le Juge, établi pour renflée la Justice ! Le Cadi et le Pacha, sont encore les deux plus hauts dignitaires Turcs de la ville de Jérusalem.

renverser le four (où nous cuisons chaque jour plusieurs centaines de livres de pain pour nos pauvres), avec l'infirmerie de notre Couvent cle Jérusalem qu'il disait être une forteresse capable de recevoir jusqu'à dix mille hommes. Il fait murer la porte du Couvent, et les Religieux n'ont plus d'autre sortie que par la fenêtre.

Plus tard, un autre Cadi de Jérusalem persécute affreusement les chrétiens et renouvelle l'ancienne Loi qui fixe la couleur de leurs vêtements, leur défend de rester' assis en présence d'un Musulman .... Loi odieuse et vexatoire qui, jusqu'à la dernière guerre de Crimée, était restée en vigueur dans bien des locajités, comme dans les grandes villes d'Alep, de Damas.

Jusqu'à l'année 1756, c'est-à-dire pendant plus de cinq cents ans, les Franciscains avaient été en butte à une autre vexation vraiment intolérable. Jusque-là, ils n'avaient jamais eu le droit de faire les réparations nécessaires à leurs Couvents et autres Résidences. Ils faisaient bien de leur mieux, secrètement et de nuit, quelques réparations à l'intérieur, mais à l'extérieur cela n'était

pas possible. Finalement ils obtinrent, à force d'instances et à des prix fabuleux, la permission de faire les réparations les plus urgentes aux terrasses des quatre Couvents de Judée, et du Sépulcre de la Ste Vierge.

On était à l'époque de la grande Révolution. De nouvelles tribulations attendaient les Gardiens des Sanctuaires. En 1798, Bonaparte entre en Egypte ; et aussitôt 80 soldats Turcs sont mis de garde à notre Couvent de Jérusalem, et l'on ameute les Musulmans contre les chrétiens. Le Procureur Général de Terre-Sainte et un autre Religieux sont jetés en prison. La populace envahit le Couvent et le met au pillage. Les Religieux qui veulent fuir sont pris et enfermés dans la Basilique du Saint Sépulcre pour y être brûlés vifs, si Bonaparte avance sur Jérusalem. Quand il arrive à Jaffa, tous les chrétiens sont enfermés avec eux, durant deux mois et demi, dans la même église du Saint Sépulcre. Un ordre de Constantinople délivre les schismatiques Arméniens et Grecs ; mais les catholiques, Laïcs et Religieux, ne sont délivrés que moyennant une

rançon de soixante mille piastres turques, à payer par les Franciscains.

L'Europe n'envoyait plus d'aumônes. Nos Pères restés sans ressources se virent forcés d'emprunter sur gages. N'ayant plus de crédit, ils voyaient approcher l'heure où ils devraient quitter l'Orient, en abandonnant les Sanctuaires. La nourriture était rationée et se bornait à un simple plat de fèves par jour. Dans cette extrémité, les Supérieurs permirent à tous les Religieux de retourner dans leur patrie, s'ils ne se sentaient pas assez de force pour supporter une privation si grande. Tous restèrent. La divine Providence veillait sur eux : les secours arrivèrent (i).

Qu'il nous soit permis, en terminant, de dire un mot de 1'

Œuvre de la Terre-Sainte.

A Sainteté Léon XIII, dans son Bref Sal- \ vatoris, le 26 décembre 1887, ordonna 1 ( une quête, tous les ans, le Vendredi- Saint, ou un autre jour dans l'année, au

(1 ) Les événements de Terre-Sainte, depuis cette époque, trouvent leur place ailleurs, dans un autre Ouvrage.

choix de l'Ordinaire, clans toutes les églises paroissiales de chaque Diocèse, pour les besoins de la Terre-Sainte.

Des Religieux Franciscains, avec le titre de Commissaires de Terre-Sainte, sont envoyés par le Saint-Siège, dans les diverses contrées du monde pour recueillir, de la main des Ordinaires, le produit de la quête sus-mentionnée, comme aussi les offrandes spontanées des Fidèles.

C'est également au R. P. Commissaire que l'on peut s'adresser pour les renseignements concernant l'Œuvre de la Terre- Sainte.

Le Commissariat de Terre-Sainte, pour tout le Dominion du Canada, a été fixé dans la ville épiscopale des Trois-Rivières, par le Révérendissime Père Général de tout l'Ordre Séraphique, avec l'assentiment de Sa Grandeur Monseigneur Laflèche et la sanction de la Sacrée Congrégation de la Propagande.

privileges spirituels attachés a l'Œuvre.

Pie VI, dans sa Bulle Intercœteradu 31 juillet 1778, renouvelant les Bulles de tous ses Prédécesseurs, après avoir excité, par les plus saintes exhortations, la commisération des Fidèles en faveur des Saints-Lieux de la Palestine, leur annonce ainsi ces Privilèges :

"... Nous, dit ce saint Pontife, constitué par Dieu dispensateur des trésors inépuisables de l'Eglise, et les ouvrant en faveur des Fidèles inspirés de laisser pour cette Œuvre pieuse et sainte de charité chrétienne, une partie des biens temporels que leur a donnés la divine Providence, dans la plénitude de Notre autorité et l'étendue de Nos pouvoirs, Nous rendons ces généreux Bienfaiteurs des Saints-Lieux, participants à tous les fruits spirituels et mérites, résultant de l'oblation du Saint-Sacrifice, des prières, jeûnes, pénitences, travaux, pèlerinages et autres œuvres pies, accomplies et par les Religieux profès de cet Ordre (les Franciscains) et par

les chrétiens qui habitent les Saints-Lieux ou vont, avec la bénédiction de Dieu, les vénérer ; Nous les affilions à ces fruits et mérites pour l'expiation de leurs péchés et en gage spécial de la gloire éternelle ; Nous les y associons dans le Seigneur, les y agrégeons, nourrissant dans notre cœur la rassurante espérance qu'une fois admis à une participation si féconde et si sainte, ils y persévéreront dans la joie avec une fidélité inébranlable, rendant grâces à Dieu le Père qui les a rendus dignes d'être admis dans le partage de l'héritage des Saints. . . . '

La statistique de la Custodie de Terre- Sainte indique plus de vingt mille messes pour les Bienfaiteurs !

Ce sont donc, avec toutes les prières, pénitences et autres œuvres pies, plus de vingt mille messes qui se célèbrent, cJiaque année, dans les plus augustes Sanctuaires du monde, aux intentions des âmes généreuses qui offrent leur pieuse obole pour la Garde et Y Entretien des Lieux-Saints.

Aussi X Œuvre de la Terre- Sainte, par ses Richesses Spirituelles, reste-t-elle une Œuvre à part, unique dans l'Eglise ; et lui suffit-il

d'être bien connue pour attirer à elle la religieuse sympathie et le concours de tous les Fidèles.

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