‹ L'Egypte et les FranciscainsChapitre 8 sur 15 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Nos Religieuses Franciscaines

du Caire.

Récit de Sœur Colombe.

NE semaine environ avant notre départ et qu'on pourrait bien appeler le départ général et dernier des Européens résidant au Caire, Arabi- Pacha nous avait don né deux soldats de l'armée régulière et qui devaient garder notre maison nuit et jour. Or, il arriva dans cet intervalle qu'une fois les fuyards d'Alexandrie, groupés en masse devant notre porte, voulaient par force entrer dans notre maison. Le gouvernement d' Arabi avait du reste autorisé cette foule à chercher un abri dans les maisons en ville, et tout particulièrement dans les maisons des Européens. Nous entendîmes un grand

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bruit, au dehors, mais nous restâmes, dedans, sans bouger. Dans le même temps, nos deux vaillants soldats faisaient bravement leur devoir.

Cette tourbe hideuse de fugitifs, de pillards et d'assassins, faisait de grands efforts pour forcer l'entrée de notre pauvre communauté : nos deux soldats auraient certainement dû céder devant la violence, sans une inspiration qui leur vint je ne sais d'où, mais qui leur réussit à merveille : " ceci est le Harem du Pacha X., crièrent-ils àcette foule; on n'entre pas." Puis ils s'armèrent de leurs fusils et résistèrent fortement. On sait que les Turcs professent un grand respect pour ces sortes de maisons ; le bruit dura quelques minutes encore, et la foule s'écoula : notre communauté était sauvée.

Nous avions aussi dans notre voisinage un fonctionnaire Turc qui jouit d'une grande influence auprès de ses connationaux : nous l'appelons, nous, Capo Strada. Cet homme (un Turc) vint nous trouver et nous dit ; " mes bonnes Sœurs, pour le moment, vous pouvez vivre sans crainte : je réponds de vous toutes : on me tuera d'abord, moi,

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avant qu'il ne vous soit fait aucun mal." Son quartier, qui est le nôtre, était habité par un très grand nombre de chrétiens. Il arriva, grâce à son influence et à son énergie, à empêcher absolument les pillards d'y pénétrer, et souvent il vint en propre personne chez nous, pour voir si nous ne courions aucun danger et pour nous avertir de ce qui pourrait nous molester.

Cet homme fut une vraie providence pour nous et certainement le bon Dieu lui tiendra compte de son admirable conduite. Je retourne maintenant à nos deux braves gardiens.

Lorsque ces deux hommes, Turcs eux aussi, et qui firent tout le service presque seuls, eurent appris la nouvelle de notre très prochain départ, ils en éprouvèrent un visible déplaisir. Avant la séparation, il leur fallait bien un petit souvenir des pauvres Filles de saint François d'Assise : la chose était toute simple. Ils avaient vu, suspendue au chapelet de nos Sœurs, la médaille de la sainte Vierge. De suite, comme de petits enfants, il leur en fallait chacun une. Leur désir fut satisfait, sans

retard. Puis, apercevant à la porte une de nos petites orphelines qui portait extérieurement le petit scapulaire du Mont Carmel, ils voulurent aussitôt l'avoir également. Munis de ces deux objets de piété, ils nous disent, avec une simplicité naïve, à laquelle se mêlait un certain pressentiment de l'avenir: "maintenant, mes Sœurs, si nous devons aller au champ de bataille, nous n'avons plus peur, car il ne nous arrivera aucun mal."

Quatre mois plus tard, à mon retour de Jérusalem au Caire, alors que l'Egypte jouissait déjà d'une tranquillité relative, je vis, un jour, devant l'hôtel d'Angleterre, un de nos deux soldats qui accourut au-devant de moi, tout joyeux, et qui en me montrant sa médaille de la sainte Vierge me dit : " voilà, ma Sœur, ce que vous m'avez donné à votre départ. Or, sachez-le bien, si je vis encore, c'est à elle (montrant sa médaille) que je le dois." Daigne la sainte Vierge continuer à couvrir de sa protection ce brave musulman et lui obtenir sa conversion !

Cependant le jour du départ était irré-

vocablement fixé : jour de deuil et de grandes angoisses ! c'était le 14 juillet. La veille, à midi, le R. P. Vicaire du couvent de nos Révérends Pères Franciscains du Caire, en compagnie de Sami-Bey, cophte catholique, très-ami de nos Pères et bien dévoué à notre communauté, nous apporta l'affligeante nouvelle : il fallait absolument partir le lendemain, et avant l'aurore, pour n'être pas observé par la populace. Le comte Gloria, ce jeune consul d'Italie dont la conduite énergique et prudente lui acquit tant d'honneur dans- cette grave circonstance, leur avait dit : "J'avais répondu delà sécurité publique, et jusqu'à l'heure présente, les faits sont venus confirmer ma promesse.

Désormais, il ne m'est plus possible de répondre du bon ordre et par suite de protéger vos personnes. Tous nos collègues des divers consulats ont déjà quitté le Caire : nous ne sommes plus" ici que deux : le consul de ... et moi. Or, il reste convenu que c'est lui qui vous accompagnera, à votre départ, et qui veillera sur vous, durant le trajet, jusqu'au Canal, à Ismaïlia. . ."

Nous commençâmes immédiatement les

préparatifs du départ. Notre première et plus grande sollicitude était naturellement pour nos chères orphelines. Celles qui avaient quelque parent qui pût répondre de leur sécurité lui furent confiées : toutes les autres partirent avec nous. Notre petit troupeau d'élection, celui qui nous est cher comme la prunelle de nos yeux, nos chères petites négresses, au nombre de quarante environ, furent jointes à leurs autres petites compagnes. Une pauvre aveugle et deux infirmes furent confiées à l'Hôpital Européen, à la garde et aux soins des intrépides Sœurs de St Joseph de l'Apparition. Enfin, les enfants trouvées, toutes baptisées, et forcément en nourrice chez des femmes musulmanes, durent rester chez elles. Un cophte catholique, du pays, se chargea de veiller, en notre absence, sur ces petites créatures ; et nous eûmes la joie, à notre retour, de les retrouver toutes vivantes : elles étaient au nombre de dix- huit.

Nos préparatifs durèrent toute la nuit : le Père Franciscain, notre Aumônier, nous dit, le matin, la messe, vers deux heures. Toutes les Religieuses et toutes celles de nos enfants

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qui en avaient 1 âge firent la sainte communion. Après quoi, le Père consommales saintes espèces ; et, à trois heures précises, nous quittâmes notre maison, avec un serrement de cœur qu'il est facile de deviner, mais qu'il me serait impossible de décrire ! Toutefois, cet homme vraiment providentiel, le Capo Strada, dont j'ai parlé plus haut, se tenait à nos côtés ; il était là avec tout son dévouement. Nous lui consignâmes notre chère demeure. Il accepta, disant: " Mes Sœurs, si Dieu qui est Grand, Allait ! me conserve la vie, je réponds de tout : à votre retour, vous trouverez tout intact." Nous lui recommandâmes surtout notre chapelle.

A notre sortie, il ferma notre maison, à l'intérieur, et déposa la clef en un endroit connu seulement de lui : il s'était, avec le cophte catholique, chargé de nos petits enfants trouvés. Ils sortirent tous deux par une fenêtre qui donne sur les terrasses : ce dernier étant menuisier de profession, referma et barra fortement cette fenêtre, et ils se rendirent par-dessus les terrasses à la maison du Capo t assez voisine de la nôtre.

Les deux petits traits suivants prouvent

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encore mieux le dévouement et la fidélité de cet honnête musulman :

Le menuisier cophte dont je viens de parler est fort pauvre. La guerre, les troubles civils et surtout le départ des Européens le rendirent encore plus nécessiteux en lui enlevant sa petite clientèle. Il alla donc un jour trouver notre brave Capo Strada, et lui dit : Vous le voyez, je suis pauvre, sans travail, et sans pain ! certainement, les Sœurs, en quittant leur Etablissement, n'auront pas tout emporté, absolument : il restera bien encore quelques provisions, un peu de farine, par exemple. Laissez-moi donc entrer, pour prendre un peu de ces restes et subvenir ainsi à ma misère. " — " Non, répondit avec fermeté notre fidèle gardien : tout cela est sous ma garde : personne ne doit y toucher. Si vous êtes véritablement dans le besoin, adressez-vous directement à moi, et je vous aiderai : mais quant à vous permettre d'entrer dans la maison des Sœurs, jamais ! "

On nous raconta, à notre retour, qu'en notre absence ce Capo strada apprend, un jour, que les pillards veulent forcer l'entrée de notre monastère;à cette nouvelle il accourt

immédiatement, se place devant la porte et ouvrant les bras, pour barrer le passage, dit résolument à toute cette populace : entrez maintenant, si vous en avez le courage ; mais vous me tuerez d'abord, avant d'entrer ; car je ne bougerai pas d'ici. Ils reculèrent devant un tel forfait et aussi par égard pour sa personne: notre chère maison était sauvée de nouveau !

Nous partîmes donc à trois heures : nous avions une seule voiture, retenue dès la veille et telle qu'on avait pu la trouver dans ces circonstances extrêmes, elle était exclusivement destinée au transport des plus infirmes, entre autres notre très révérende Mère Générale, qui relevait de grande maladie et qui n'était pas encore entièrement hors de danger : toutes les autres, Religieuses et orphelines, grandes et petites, marchèrent à pied.

Les deux soldats, possesseurs de la médaille de la sainte Vierge, nous ont accomgnées jusqu'au train, et ils sont restés là jusqu'au départ.

Mille bruits sinistres nous étaient communiqués sur Je sort de nos autres maisons

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de Mansourah, de Damiette, de Cafr-Zaïat. On nous assurait qu'on y avait .tout massacré !

Nous marchions silencieuses, consternées, le cœur plein de toutes les angoisses d'une vraie agonie. On nous dirigeait, non vers la Station Centrale, mais vers une station particulière et plus éloignée, celle de Ghizir, où leVice-Roi avait coutumede prendrele train: c'était pour tromper la populace. Nous évitions un inconvénient pour en rencontrer un autre. La place de Ghizir était le point de ralliement de tous les conscrits. Nous trouvâmes là une foule immense, houleuse, et furieuse. Nous restâmes là, pas moins de cinq mortelles heures, debout ou assises par terre, comme nous pouvions, sans abri, sous les rayons brûlants du soleil d'Egypte, au mois de juillet. Enfin, vers neuf heures, arrivent des wagons, précisément ceux qui transportent le charbon. Nos Religieuses, nos orphelines, nos infirmes, tous les autres chrétiens qui ,devaient partir avec nous, réunis là en une foule compacte, essaient de prendre place sur ces hideuses machines de transport. C'est un véritable assaut ; car.

ces affreux wagons n'ont ni marchepied, ni portière, ni rien. Ce sont d'énormes bacs à ciel ouvert, et tout noirs du charbon qu'ils transportent. Sur ces entrefaites arrive le Comte Gloria, l'organisateur de ce dernier départ. Mais quand il nous voit là, tous entassésles unssurles autres,dansces voitures horriblement sales, avec moins d'égards qu'on n'en a pour un vil troupeau de bétail, il entre dans une grande indignation, défend absolument qu'on parte en cet équipement, et télégraphie immédiatement à Arabi-Pacha pour l'inviter à mettre à sa disposition des wagons plus convenables.

Arabi répond en envoyant des wagons de voyageurs qui nous arrivent à Ghizir vers les onze heures. Il nous fallut bien une heure pour descendre de nos noirs véhicules et reprendre place dans des compartiments mieux accommodés. Notre train, qui était immense, tant le nombre des partants était considérable, se met en mouvement vers midi. Arrivé à la voie ordinaire, le train, on n'a jamais su pourquoi, dut retourner en arrière.

Il y eut à la suite de ce nouveau contre^

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temps, des évolutions pour appareiller, des mouvements de va et vient qui durèrent quatre heures. Tout semblait concourir pour rendre cette journée une des plus douloureuses de notre vie. Il est vrai que dans cet intervalle, encore sur la demande du Comte Gloria, Arabi-Pacha avait envoyé un nombreux détachement de soldats pour défendre les Chrétiens : mais nous restions toujours en péril, tant que nous n'aurions point quitté le Caire : le moindre incident, en présence de cette foule, ivre de sang, pouvait provoquer les malheurs les plus extrêmes. Pour nous, nous nous recommandions à la divine Providence.

Pendant que nous étions encore tous entassés dans nos wagons de charbon, déjà la foule était accourue et de loin elle nous adressait des menaces. Elle en voulait surtout à nous, pauvres Franciscaines, parce que nous emmenions les petites négresses. Il n'y avait, de fait, la permission de partir que pour les seuls Européens. C'est pourquoi la populace noire, de colère, criait aux Sœurs : " Laissez les noires (de peau), laissez-les ; ce sont les nôtres, "

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C'était vers l'heure de midi, et avant le premier mouvement du train, sœur Marie Christine qui s'était chargée de trouver place pour une Sœur très âgée et infirme et qu'on ne trouvait à placer nulle part, lui trouva finalement sa place ; mais elle sœur Christine resta dehors. Toutefois la courageuse Sœur ne se déconcerta point. On avait placé entre chaque wagon, deux soldats armés, pour la sécurité du train. Sœur Christine alla bravement s'installer entre ces deux soldats, debout, sur un sac de pain qu'elle portait pour provision de voyage. Le Comte Gloria la voyant dans cette position lui fit donner immédictement un troisième soldat pour sa garde personnelle ! Sœur Christine est restée là dehors en plein soleil, exposée à toutes les menaces, toute la durée du voyage, jusqu'à l'arrivée du train à Ismaïlia.

Pendant que le train entre midi et quatre heures exécutait ses mouvements d'aller et retour sur l'embranchement de Ghizir qui mène à la grande voie du Caire à Zagazig, la foule qui était alors immense, parvenait de temps en temps à approcher de nos wagons, entre la file de nos soldats à cheval

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qui circulaient sur la voie pour maintenir l'ordre.

Alors sœur Christine, qui était la plus exposée, distribuait aux plus rapprochés du pain pour les faire taire. Ces pauvres affamés le prenaient de ses mains avec avidité, et allaient le manger de grand appétit, sur la place de Ghizir.

Enfin, à quatre heures du soir, après douze heures d'attente, nous partîmes définitivement ! Nos bons Anges veillèrent sur nous, durant le voyage. Notre énorme train traversa les diverses gares, sur le parcours, sans s'arrêter. Dans les villages, les Fellahs essayèrent bien de nous jeter des pierres ; mais il n'y eut à déplorer aucun accident sérieux.

A notre arrivée à Zagazig, seule station où nous nous arrêtâmes, nous trouvâmes la foule parquée derrière des palissades pour l'empêcher de nous assaillir. Il y avait là également un nombreux détachement de troupes pour maintenir l'ordre. Malgré la vigilance des soldats, plusieurs des plus fanatiques réussirent à franchir les palissades, et l'un d'eux à demi-nu, comme les

Bédouins, et armé jusqu'aux dents et tenant en main un eoutelas, s'approcha de sœur Christine dans cet air menaçant.

Son soldat de garde, à cette vue, la bayonnette au fusil, se met à la défendre. D'un autre côté, deux enfants lui jettent des pierres. La Sœur, pleine de calme, offre à ces deux petits enfants méchants, un grand pain, et ils se retirèrent contents : puis elle se retourne, sans se décontenancer davantage, vers l'autre bandit au grand coutelas et lui donne aussi un pain. Cet homme farouche tend à la Sœur inoffensive sa main désarmée ; et ce pain de la charité, en apaisant sa faim, lui fait passer aussi sa stupide colère.

Pendant que cette scène se passait audehors, sur la plate-forme, nos sœurs qui se trouvaient au- dedans du wagon, les plus voisines des trois soldats, les entendirent répéter entre eux : nous aussi nous avons faim ! L'une d'elles sachant bien l'arabe dit à sœur Christine : les soldats ont faim ! Aussitôt la Sœur tire de son sac deux pains, qu'ils acceptent avec joie

Les vSœurs de leur côté se mirent à dire entre elles : quelle chaleur ! comme nous

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avons soif! Un des trois soldats comprit également la dernière parole des sœurs.

Moyeah, Moyeah, et il dit aux deux autres : attendez-moi un peu, et il disparut. On se demande où il court. Quelques instants après, il revient, armé de deux bardaques pleines d'eau fraîche ! . . . . C'est ainsi que se vérifia pour nous toutes, au milieu de cette foule ivre de notre sang, la vérité de ce bel adage : un bienfait ri est jamais perdu !

Nous quittâmes la grande gare de Zagazig, sans autres incidents, et nous arrivâmes toutes saines et sauves à ïsmaïlia, sur le Canal de Suez, à l'abri désormais de tout péril.

Nous trouvâmes, à notre couvent d'Ismaïlia, nos Sœurs de Damiette que nous croyions toutes mortes ! Elles, de leur côté, conservaient de grandes craintes pour celles de Mansourah et de Cafr-Zaïat.

Le lendemain, à minuit, celles de Mansourah nous arrivèrent par un train express, appareillé pour elles et pour cinq ou six employés du Tribunal Mixte restés les derniers à leur poste. Ce train était envoyé par Arabi-Pacha, encore sur la demande du Comte Gloria.

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Nos Sœurs de Cafr-Zaïat arrivèrent plus tard : on connaît aussi maintenant leur histoire ....

Ici finit la Relation de la sœur Colombe.

N. B. — Après l'apaisement des troubles civils et politiques en Egypte, nos Religieuses Franciscaines reprirent la possession de leur Maison-Mère au Grand Caire. Le Capo Strada, ce musulman fidèle, leur remit intact ce dépôt qu'elles lui avaient confié à leur départ. Un grand nombre de nos Sœurs vinrent nous demander un asile à Jérusalem. Elles furent logées à notre petit Couvent de la Flagellation, où j'ai transcrit ces lignes, en les traduisant de la langue italienne qui est la langue mère de la Sœur Colombe.

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