LOS
Au Couvent, tout le monde s'était porté à l’église et y cherchait le salut, qui derrière un pilastre, qui sous une arcade, qui dans quelque coin retiré, mais surtout en la protection divine que chacun implorait par d’'ardentes prières. Cette journée du bombardement se passa pour tous, comme on se l’imagine, dans les plus vives angoisses.
A cinq heures et demie tous les feux avaient cessé. Les forts de la ville étaient rasés, mais nous ignorions ce qui nous attendait pour le lendemain. Nous pûmes cependant passer une nuit relativement calme et tranquille. Pour me reposer des fatigucs et des émotions de la veille, j'aurais peut-être désiré prolonger mon sommeil un peu plus que de coutume: mais, de grand matin, des cris extraordinaires, partis de ja rue, ne me le permirent pas. Ma première pensée fut que les Anglais étaient descendus à terre, et que la paix et la sécurité nous étaient rendus. Je me lève, je cours vite à ma fenêtre, mais au lieu de nos sauveurs que nous attendions tous, je vois défiler dévant ma croisée, des bandes d’Arabes et
de Bédouins, armés de bâtons, de haches,