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CHAPITRE V

NoOS RELIGIEUX AU CAIRE DURANT LES DERNIERS ÉVÉNEMENTS.

RELATION DU FRÈRE CRESCENCE (x).

MMÉDIATEMENT après le bombardement d'Alexandrie le Caire fut inondé par cette multitude de fuyards qui, passant

à Cafr-Zaïat, vociféraient des cris de mort contre les chrétiens et voulaient massacrer, à la Station, le Père Francesco d'Orta, avec les autres Franciscains de cette mission et toutes nos Sœurs Franciscaines.

Toute cette foule, presque en totalité.

gens de la plus basse classe, à figure sinistre, remplissait les rues et les places publiques. Le Gouverneur de la ville, pour leur donner un gite, avait mis à leur disposition

(1) Faisant suite ay Bombardement d'Alexandrie.

“plusieurs des palais du Vice-Roi, provisoitement abandonnés, avec d’autres établissements du gouvernement. Mais tout cela était insuffisant, et la plupart restèrent logés, comme on dit, à la belle étoile.

Leur arrivée en masse jeta l’'épouvante parmi la population européenne qui continua, avec plus de précipitation que jamais, à émigrer, comme elle l'avait fait à Alexandrie après les massacrés.

Déjà le KR. Père Gardien, dès le commencement des événements, était allé trouver Arabi Pacha, en personne, à l'effet d’obte-

-nir une Garde militaire, pour l'établissement

des Religieuses du Bon Pasteur de Choubrah, dirigé par nos Pères. Son isolement,

loin de la ville, inspirait les plus vives craintes. Le Révérend Père demanda une autre Garde pour l'Hôpital Européen, tenu par les Sœurs de St Joseph, également sous notre direction et isolé du centre de la population urbainc. Enfin une troisième

Garde pour notre Couvent avec notre

grande église de la Paroisse.

. Arabi Pacha accueillit le Père Gardien

gt sa supplique, avec une entière bienveil.

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lance : il accorda les Gardes et chercha à nous rassurer, disant : “ Mon Père, soyez sans crainte, ce n’est pas à vous que nous voulons faire la guerre, maïs à nos vrais ennemis, les Anglais, qui veulent se rendre maîtres de l'Egypte.” Le même Arabi offrit une abondante distribution de farine aux Communautés religieuses, et cette distribution fut cffectuée très facilement pour toutes celles qui lui en demandèrent.

Cette sollicitude et ces prévenances d'Arabi ne calmèrent point les trop justes craintes des Européens ; et ils continuèrent à quitter la ville,

Déjà les consuls avaient abandonné leur poste, laissant à leur place des gérants subalternes. Leur départ ne contribua pas peu à augmenter la panique de leurs administrés. Les deux seuls Consuls d'Allemagne et d'Italie restérent les derniers. Cependant la situation devenait chaque jour plus grave.

Enfin, le 13 juillet, ils avertirent les chrétiens, restés encore nombreux au Caire, ainsi que toutes les Communautés Religieuses, qu'il n’y avait plus de sécurité pour eux et que s'ils ne voulaient pas s’exposer à

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