‹ L'Egypte et les Franciscains [microforme]Chapitre 18 sur 37 · RE PE AE EEE · texte numérisé non relu

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encore mieux le dévouement et la fidélité de cet honnête musulman :

Le menuisier cophte dont je viens de parler est fort pauvre. La guerre, les troubles civils et surtout le départ des Européens le rendirent encore plus nécessiteux en lui enlevant sa petite clientèle. Il alla donc un jour trouver notre brave Capo Sirada, et lui dit: Vous le voyez, je suis pauvre, sans travail, et sans pain! certainement, les Sœurs, en quittant leur Etablissement, n'auront pas tout emporté, absolument: il restera bien encore quelques provisions, un peu de farine, par exemple. Laissez-moi donc entrer, pour prendre un peu de ces restes et subvenir ainsi à ma misère. ” — “ Non, répondit avec fermeté notre fidèle gardien: tout cela est sous ma garde: personne ne doit y toucher.

Si vous êtes véritablement dans le besoin, adressez-vous directement à moi, et je vous aiderai: mais quant à vous permettre d’entrer dans la maison des Sœurs, jamais ! ”

On nous raconta, à notre retour, qu’en notre absence ce Capo strada apprend, un jour, que les pillards veulent forcer l'entrée de notre monastère;à cette nouvelle il accourt

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Lé immédiatement, se place devant la porte et ouvrant les bras, pour barrer le passage, dit "à résolument à toute cette populace: entrez es maintenant, si vous en avez le courage ; le mais vous me tuerez d’abord, avant d’enà. trer; car je ne bougerai pas d'ici. Ils recu- Le lèrent devant un tel forfait et aussi par lui égard pour sa personne: notre chère maison da était sauvée de nouveau !

ir, Nous partimes donc à trois heures: nous pas avions une seule voiture, retenue dès la

veille et telle qu'on avait pu la trouver dans ces circonstances extrêmes, elle était exclusivement destinée au transport des plus infirmes, entre autres notre très révérende Mère Générale, qui relevait de grande maladie et qui n’était pas encore entièrement er hors de danger: toutes les autres, Reli- . gieuses et orphelines, grandes et petites, marchèrent à pied.

Les deux soldats, possesseurs de la médaille de la sainte Vierge, nous ont accomgnées jusqu’au train, et ils sont restés là jusqu’au départ.

Mille bruits sinistres nous étaient communiqués sur le sort de nos autres maisons

de Mansourah, de Damiette, de Cafr-Zaïat.

On nous assurait qu'on y avait tout massacré !

Nous marchions silencieuses, consternées, le cœur plein de toutes les angoisses d’une vraie agonie. On nous dirigeait, non vers la Station Centrale, mais vers une station particulière et plus éloignée, celle de Ghizir, où leVice-Roï avait coutumede prendrele train:

c'était pour tromper la populace. Nous évitions un inconvénient pour en rencontrer un autre. La place de Ghizir était le point de ralliement de tous les conscrits. Nous trouvâmes là une foule immense, houleuse, et furieuse. Nous restâmes là, pas moins de cing mortelles heures, debout ou assises par terre, comme nous pouvions, sans abri, sous les rayons brûlants du soleil d'Egypte, au mois de juillet, Enfin, vers neuf heures, arrivent des wagohs, précisément ceux qui transportent le charbon. Nos Religicuses, nos orphelines, nos infirmes, tous les autres chrétiens qui ;jdevaient partir avec nous, réunis là en une foule compacte, essaient de prendre place sur ces hideuses machines de transport. C'est un véritable assaut ; caï,

ces affreux wagons n'ont ni marchepied, ni portière, ni rien. Ce sont d'énormes bacs à ciel ouvert, et tout noirs du charbon qu'ils transportent. Sur ces entrefaites arrive le Comte Gloria, l'organisateur de ce dernier départ. Mais quand il nous voit là,tous entassésles unssurles autres,dansces voitures horriblement sales, avec moins d'égards qu’on n'en a pour un vil troupeau de bétail, il entre dans une grande indignation, défend absolument qu’on parte en cet équipement, et télégraphie immédiatement à Arabi-Pacha pour l’inviter à mettre à sa disposition des wagons plus convenables.

Arabi répond en envoyant des wagons de voyageurs qui nous arrivent à Ghizir vers les onze heures. Il nous fallut bien une heure pour descendre de nos noirs véhicules et reprendre place dans des compartiments mieux accommodés. Notre train, qui était immense, tant le nombre des partants était considérable, se met en mouvement vers midi. Arrivé à la voie ordinaire, le train, on n'a jamais su pourquoi, dut retourner en arrière.

Jl y eut à la suite de ce nouveau contre:

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