LE SYCOMORE DE MATARIYÈH
de Jérémie se soit si pleinement accomplie à son égard : « Il brisera les statues dans le temple
« du Soleil, au pays d'Égypte, et brûlera au feu les maisons d’idoles égyptiennes. »
En dix minutes, nous avons atteint les maigres débris du temple, et nous nous arrêtons devant le superbe obélisque, le plus ancien des monuments de ce genre, le seul qui, ayant été dressé dans les temps antérieurs à l'invasion des Hyksos, aujourd'hui encore montre le ciel de sa pointe. Les obélisques étaient dédiés au dieu Soleil; aussi ne devons-nous pas nous étonner d'apprendre que la ville d'Héliopolis était pleine d’obélisques. Il en subsistait encore tant de débris au temps d'Abd-el-Latif, que cet écrivain les déclare innombrables. La plupart des obélisques que les Césars transportèrent à Rome, à Constantinople, à Alexandrie, entre autres les aiguilles de Cléopâtre, avaient été, à l’origine, dressés ici devant les portes du temple du Soleil, jamais isolés mais deux à deux. Celui même que nous admirons en ce moment à eu son frère, qui à été renversé en 1160 de notre ère, non en 1260 comme le rapporte Makrizi. Les Arabes virent encore sur l’un et sur l'autre le revêtement en cuivre de la pointe, et les
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